Renforcer le lien nation / forces de défense et de sécurité par la mise en place d’un  dispositif civilo militaire de mobilisation des jeunes pour l’orientation, la formation, la qualification  et  l’emploi.

Par M. Diallo Babacar, Directeur CEDS et de l’EPIES de Dakar

Les premières années du siècle qui se sont installées, ont vu s’amplifier, de manière exponentielle et dans des conditions dramatiques, les flux migratoires d’importants contingents humains du Sud vers le Nord.

Les insoutenables images de fournées humaines sur de frêles embarcations à l’assaut de l’Europe à travers la Méditerranée et l’Atlantique, ou encore celles de corps sans vie sur des rivages ou dans le désert du Sahara, témoignent des grandes équations existentielles que posent les flux migratoires contemporains qui fuient la misère qu’ils vivent en Afrique pour aller à la recherche d’un hypothétique eldorado.
 
Cette situation est d’autant plus préoccupante que, depuis des décennies, les pays Européens ont proclamé la fin de l’immigration massive, s’appliquant davantage à la contrôler voire la réprimer, surtout quand elle est considérée comme « illégale ».
 
L’accélération et la massification des migrations vers le Nord, s’expliquent par la conjonction de multiples facteurs dont les plus importants sont : la persistance de la pauvreté, un niveau très élevé du chômage des jeunes, une démographie galopante et des politiques sociales et éducatives inadaptées qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à vaincre les grands fléaux endémiques qui entravent Développement et constituant un danger permanent la sécurité humaine.
 
C’est dans ce contexte global que s’inscrit cette communication qui propose un mécanisme très en amont pour la prévention de potentielles et virulentes crises sociales attentatoires à la paix et à la sécurité dont le chômage et le désœuvrement des jeunes dans les grandes villes et les grouillantes banlieues sera la cause profonde..
 
Le chômage et le désœuvrement des jeunes constituent pour les pays africains, la plus grande menace sociale de ce début du 21ème siècle, en ce qu il constitue une bombe a retardement et a destruction massive qui peut exploser a tout moment.
 
Sans formation, sans qualification et sans emploi, les jeunes, hommes ou femmes sont à la merci de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, pour le recrutement des futures terroristes, des narcotrafiquants et de l’émergence de toutes les formes de violences, de criminalité, de manipulations politiques de toute sorte.  
 
Qui plus est, dans des pays où tout est à construire, où on a besoin de toutes les ressources humaines, c’est un véritable paradoxe que d’y observer autant de chômage, de désœuvrements.
 
Ce doit être un impératif catégorique pour les états de la sous région
  • de prendre conscience de l’ampleur et de l’importance du danger qui se profile pour renverser radicalement la tendance en mettant en œuvre des alternatives nouvelles dans le cadre d’une stratégie globale, experte et durable de mobilisation des jeunes pour la formation, la qualification et l’emploi.
Si une telle opération était mise en œuvre, par son ampleur, par ses multiples effets collatéraux
  • elle impacterait positivement le développement économique et social de toutes les pays de la sous région tout inhibant toutes velléités de révolte, de soulèvement et de violence préjudiciables à la stabilité sociale la paix et a la sécurité.
PARTIES PRENANTES
 
Parties prenantes
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES

LES CONDITIONS

 
Les conditions
 
FINANCEMENT
 
Pour le financement de ce projet, Il sera fait appel :
  • au budget de l’Etat concerné,
  • à la solidarité nationale,
  • à la coopération bilatérale, multilatérale ,
  • au soutien des organisations internationales,
  • et aux autres formes de coopération telle que la coopération décentralisée.
En tout état de cause, le traitement politique et social du chômage des jeunes qui constitue une politique hardie de lutte contre la précarité et la prévention de toutes les velléités attentatoires à la sécurité humaine a un coût certes mais n’ont pas de prix.
 
Importance du projet
 
C’est un investissement absolument nécessaire dont la finalité ultime, au-delà de la réelle prise en charge de la sécurité humaine et de la protection des populations contre toutes les menaces et tous les risques nouveaux constitue un gage structurel pour la préservation de la paix sociale et un   vecteur orienté pour le développement économique et social de nos pays.
 
Contribuer a la mise en œuvre d un tel dispositif de mobilisation, d’orientation, de formation et d’ insertion pour l’ emploi des jeunes, c’ est concrètement œuvrer pour la défense de la paix et de la sécurité en Afrique en prévenant notamment le détournement dont notre jeunesse pourrait être victime du fait des agents recruteurs pour alimenter la horde des narcotrafiquants et des apprentis terroristes.
 
MODE OPERATOIRE
 
Dans tous les pays de la sous-région la guidance de ce dispositif serait confiée aux forces de défense et de sécurité, qui le mettraient à profit pour renforcer le lien armée –nation en s’impliquant activement , en relation avec les acteurs civils de la formation professionnelle et de l’insertion sociale dans cette nouvelle dynamique qui donnera de nouvelles raisons d’espérer à nos populations.
 
Nous indiquons ci-dessous le dispositif que nous proposons pour la mobilisation des jeunes pour la formation la qualification et l emploi contre le chômage.
DISPOSITIF CIVILO-MILITAIRE DE MOBILISATION DES JEUNES
 
CONCLUSION
 
Il n’est pas juste d’affirmer qu’en ce qui concerne le chômage des jeunes rien n’a été fait. On peut même dire que beaucoup a été fait, mais de manière « isolée et anarchique ordonnées », en dehors de toute planification stratégique et opérationnelle adossée a une gestion axée sur les résultats et intégrant l’ampleur du phénomène ainsi que la menace permanente qu’il représente pour la paix sociale et la stabilité des Institutions des pays de l’Afrique de l’Ouest.
 
Il est devenu urgent que les décideurs des pays africains comprennent qu’ils ont le devoir de résoudre les problèmes qui se posent à nos sociétés, entre autres, le chômage des jeunes dont les solutions multidimensionnelles pour le résoudre, existent.
 
Il importe juste que les Pouvoirs Publics africains comprennent que leur détermination à lutter contre le chômage et le sous emploi des jeunes est en partie considérablement annihilée par l’inadéquation des structures existantes et sutout par le manque de capacité et d’expertise des acteurs qui sont chargés de les animer.
 
Mettre en place dans nos pays un véritable dispositif de formation et d’insertion pour lutter contre le chômage des jeunes par la formation et la qualification, pour offrir à chacun une qualification ,un emploi salarié ou une activité formelle génératrice de revenus,
 
tel est le défi qui doit être relevé pour permettre à la grande majorité d’accéder à un minimum de ressources afin d’échapper au désœuvrement, pour se mettre à l’abri de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, de l’émergence de toutes les formes de violence, de criminalité et de manipulation politique politicienne.
 
Nous sommes à la disposition des décideurs, des Pouvoirs Publics, de tous les Partenaires au développement tant sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral pour les aider à s’approprier du dispositif que nous proposons qui d’après notre expérience en la matière constitue un atout stratégique de tout premier plan pour lutter contre les conséquences désastreuses et inhumaines de la précarité sociale et pour prévenir les potentielles conflictualités qui peuvent en découler.