Afrique Innovante

Le blog des praticiens africains de l’intelligence économique

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L'Afrique est entrée de plein pied dan la globalisation. Elle a enregistré de 2004 à 2007 une croissance économique réelle de plus de 5 % par an. De 2007 à nos jours, elle a su résister à la crise économique et financière mondiale. L'Afrique, et son sous-sol riche en matières premières et en pétrole, est aujourd'hui courtisée par toutes les puissances de la planète. En témoigne les sommets rapprochés et successifs Chine-Afrique, Europe-Afrique, Inde-Afrique et Amérique latine-Afrique qui se sont tenus entre 2006 et 2009.
 
L’Afrique n'est plus considérée comme un "boulet" mais comme une opportunité. De ce fait, elle est devenue pour ces différents pays un enjeu et un partenaire majeur tant sur le plan économique que politique.
 
En conséquence à ces opérations de charme, l'accaparement des terres arables et/ou minières Africaines s'est accéléré ces dernières années, aux dépends parfois des populations locales. Depuis 2004, l'Afrique aurait cédé au moins 30 millions d'hectares à des capitaux étrangers. Cette ruée se transforme souvent en compétition mortelle entre investisseurs pour l'acquisition des meilleures terres agricoles, et l’appropriation des zones minières et pétrolières les plus productives.
 
Cet intérêt grandissant pour les ressources Africaines doit cependant être analysé en se référant non plus aux rapports des experts des multinationales cotées en bourse à New York, Londres ou Tokyo, mais plutôt en tenant compte des réalités de terrain qui reflètent le vécu quotidien des populations soumises à cette nouvelle donne mondiale.
 
Le monde industrialisé entre globalisation et récession
Si l’on se réfère au développement du commerce et des mouvements de capitaux d’avant la crise financière, il s’agissait avant tout pour les pays industrialisés de faire valoir l’idée selon laquelle l’économie internationale, bien qu’étant au croisement des circuits nationaux, était dotée d’une existence propre, possédait ses propres règles, et qu’en conséquence, il ne revenait pas aux États d’influer sur les flux du commerce mais de se laisser porter par ceux-ci et ainsi, de trouver leur place à l’intérieur de ce réseau de réseaux, pour prendre une image contemporaine, qu’est l’économie internationale.
 
C’est ce modèle de globalisation qui va inéluctablement conduire à la crise économique et financière et à la récession des années 2007-2010. La crise conduisit les spéculateurs – prédateurs à l’assaut des rivages et des terres Africaines. En effet, le marché financier étant orienté à la baisse durant cette période, des spéculateurs se sont réfugiés dans le commerce des matières premières, notamment le pétrole et les produits agricoles, amplifiant artificiellement la hausse des cours. La terre agricole est devenue une valeur refuge des marchés, un investissement à faible risque.
 
Situation en Afrique en général, et au Sénégal en particulier
Les grandes étendues fertiles Africaines sont ainsi devenues l’objet de toutes les convoitises et sont entrées dans le collimateur des fonds d’investissements et autres multinationales.
 
La Chine et l’Inde font figure de leaders dans l’accaparement des terres arables. Parmi les pays qui investissent le plus, on compte également l’Arabie Saoudite, l’Afrique du Sud ou encore les Emirats Arabes Unis, tous en manque de terres agricoles pour nourrir leurs propres populations. Très dépendants de l’importation alimentaire, ces Etats sous le couvert des multinationales ont décidé d’investir directement dans l’achat de terres pour se prémunir contre la hausse du prix des denrées alimentaires et garantir leur sécurité alimentaire.
 
Le manque d’infrastructures agricoles modernes et de devises entraîne les autorités politiques africaines à faciliter l’installation des multinationales étrangères. Cette situation est gravissime et préoccupe les associations locales et des Organisation Non Gouvernementales internationales. Ces organismes militent pour la préservation des systèmes fonciers traditionnels africains et ne cessent de sonner l’alerte.
 
C’est le Soudan qui a été la zone la plus convoitée par les pays du Golf et d’Asie du fait d’une part de sa situation géographique vis-à-vis de ces pays, et d’autre part de la fertilité et de l’étendue des terres pouvant être annexées.
 
Cependant, le scandale le plus retentissant à ce jour est l’implication de Daewoo Logistics dans une opération de ce type à Madagascar. La multinationale Sud-Coréenne devait s’accaparer un peu plus d’un million d’hectares (soit un peu plus de la moitié des terres agricoles de la grande île…), pour la culture du maïs et la production d’huile de palme pendant 99 ans. En échange de cette opération, Daewoo avait mis sur la balance la construction d’infrastructures et la création d’emplois.
 
Au Sénégal, différentes sources indiquent que des investisseurs privés saoudiens et qataris, de même que le Fonds d’Abu Dhabi pour le développement, ont exploré les possibilités d'acquérir des terres pour produire des denrées alimentaires, telles que le blé, l’orge, le riz, le soja, pour l'Arabie saoudite.
 
Avec le lancement de différents programmes de redynamisation de l’agriculture au Sénégal autour du plan REVA (retour vers l’Agriculture) et de la GOANA (Grande Offensive pour l’Agriculture, la Nourriture et l’Abondance) de nombreux privés et responsables politiques sénégalais ont profité du système pour s’approprier des terres dans des perspectives purement spéculatives. Une bonne partie de ces terres a été par la suite mise à la disposition de privés étrangers pour y cultiver des produits essentiellement destinés à l’exportation.
 
Cette situation conduit malheureusement à un résultat totalement opposé à celui escompté lors du lancement de ces deux opérations de grande envergure. Car le REVA devait permettre de résoudre le problème du chômage, de l’exode rural et de l’émigration clandestine des jeunes sénégalais, tandis la GOANA avait pour objectif de poser les premiers jalons d’une large politique d’autosuffisance alimentaire.
 
Et les populations locales et leurs droits dans tout cela ?
Si l’on se restreint à l’Afrique de l’Ouest, le secteur agricole et l’ensemble des activités rurales emploient la majorité des personnes actives (60 à 65%). La proportion de la population ouest africaine vivant en milieu rural, varie d'environ 41,7% au Cap-Vert (pays le plus urbanisé) à 82,6% au Burkina Faso. Le secteur agricole reste une composante essentielle des économies et il contribue globalement pour environ 30% à la formation du PIB, contre 28% et 42% respectivement pour l’industrie et les services. Cette contribution à la formation du PIB varie selon le PNUD de 17,4% au Sénégal à 62,4% en Guinée-Bissau.
 
Le phénomène d’achat et de location des terres africaines se développe donc à un moment où la question des investissements pour relancer l’agriculture se pose avec insistance. Il est donc nécessaire de mettre en garde contre ces investissements provenant de spéculateurs qui seraient très peu soucieux de la protection des populations locales contre d’éventuelles crises alimentaires.
 
Le second problème posé par l’exploitation des terres agricoles en Afrique par d’autres pays et par les multinationales étrangères c’est le droit à la propriété foncière. Dans plusieurs pays du continent, les législations autour de ce droit sont floues. Cela nécessite la définition d’une politique foncière harmonisée pour le continent, centrée sur la sécurisation foncière pour les populations, tel que préconisé par Monsieur Tidiane Ngaido, chercheur à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires – IFPRI.
 
Le dernier problème se situe au niveau des efforts qui ont été déployés ces dernières années pour produire des denrées alimentaires destinées aux marchés extérieurs plutôt qu’aux marchés intérieurs. De ce fait, les acquisitions de terres pour produire des denrées alimentaires destinées à l’exportation ne font qu’aggraver la situation de sécurité alimentaire des populations locales.
 
Le régime sénégalais actuel se réjouit d’avoir rendu des sénégalais milliardaires grâce au libéralisme social dont il se réclame. Cependant, il faut se rendre à l’évidence que les heureux élus, peu nombreux, ne pourront compenser les innombrables paysans chassés de leurs terres et qui viennent grossir les rangs des sinistrés des quartiers spontanés de la banlieue dakaroise, lesquels quartiers se retrouvent sous les eaux durant chaque saison des pluies.
 
Conclusions et orientations
La maîtrise de la crise économique ainsi que la baisse des prix des matières premières et des prix des produits agricoles ont ralenti le processus d’accaparement des terres africaines, ce qui devrait permettre aux responsables africains de se rendre compte de la situation et de la reprendre en main pour rectifier le tir.
 
En réalité, si aucune décision n’est prise afin de réguler la situation, cette course effrénée vers les terres arables risque de se transformer en catastrophe humaine.
 
En effet, comme l’explique Jeanne Zoundjihékpon, professeur à la Faculté des sciences agronomiques de l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin, l’accaparement des terres arables a de nombreuses conséquences néfastes sur les populations. «La terre est à la base de la vie sociale en Afrique. Si les paysans vendent leur terre, ce sont toutes les valeurs traditionnelles qui se perdent, tout le tissu social qui se déchire. Mais pas seulement, la sécurité alimentaire est aussi menacée. Les petits paysans dépendront de ce que les nouveaux exploitants produiront et des prix qui leur seront imposés. Les denrées alimentaires seront d’autant plus chères si la production agricole est destinée à la fabrication de biocarburants. Enfin, les monocultures pratiquées sur des surfaces importantes mettent directement en danger la biodiversité locale».
 
En définitive la relation entre l'Afrique et tous les autres pays qui la courtisent doit se structurer autour d'un agenda global, au-delà de l'aide au développement classique ou de la spéculation foncière agricole ou minière, liée aux conjonctures.
 
Il convient de moderniser les politiques de développement en Afrique. Les aides et les investissements doivent avant tout servir à stimuler la croissance économique nécessaire à la lutte contre la pauvreté.
 
En réalité, c'est souvent le manque de transparence des contrats négociés directement entre les Etats africains et les investisseurs étrangers qui est problématique. Ces contrats ne constituent pas des opportunités pour les populations car ils ne permettent ni un réel développement rural ni une diversification des sources de revenus pour les paysans dépossédés de leur terre. C’est pourquoi faudrait il chercher à faire adopter un code de conduite international qui permettrait de mieux réguler les accords et protégerait les populations locales et les agriculteurs.
 
Les pays Africains ont tout intérêt à innover et à s’inspirer des modèles qui combinent une vision nationale du développement économique équitable, claire et à long terme, combinée à une bonne gouvernance et à des financements au développement importants, bien ciblés et organisés.
 
Auteur : Prof. Fadel NIANG
 
 
Bibliographie
La globalisation et l’économie politique internationale ; Christian Deblock
Université du Québec à Montréal, Notes et Études en EPI – 10 pages, Mai 2000
 
L’Afrique dans la Globalisation économique; Bio Goura Soule, Ahmadou Aly Mbaye ; Editeurs : Frank Wittmann & Patrick Mbonyinshuti ; 210 pages, 2006
 
Compétition économique : vers les agro-guerres de demain ?
Une enquête France 24 menée par Alexandra Renard, Melissa Bell et Mounia Ben Aïssa.
Invité : Jean Luc François ; Directeur à l’AFD ; Première édition : 24 décembre 2009
 
Ces Etats qui accaparent les terres agricoles en Afrique, Stéphane Ballong
http://www.afrik.com/article15905.html;
 
Main basse sur les terres agricoles en pleine crise financière et alimentaire ; Jeanne Zoundjihékpon ; http://www.grain.org
 
PNUD : Rapport 2000 sur le développement humain, New York
 
Radio France International – RFI, Décembre 2008 ; Tidiane Ngaido

En marge d’une cérémonie d’ouverture qu’il a présidée au Méridien Président le 18 Janvier 2010, le Président Abdoulaye WADE a révélé qu’il allait engager le Sénégal dans le processus d’une décentralisation efficiente orientée vers la « Provincialisation », idée qu’il avait émise en 2000 dés son arrivée à la magistrature suprême.

« Afrique-innovante.com » salue cette nouvelle orientation souhaitée par la Président WADE qui, à notre sens, du point de vue de l’intelligence territoriale, ouvre de belles perspectives en Afrique particulièrement au Sénégal, en matière de « gouvernance globale et locale ».

En effet, au moment où la quasi-totalité des pays africains s’apprêtent à célébrer le cinquantenaire des « indépendances », force est de constater que les Institutions politiques et administratives qu’ils en ont héritées ont largement atteint leurs limites et doivent être pensées autrement, de manière endogène et sans mimétisme, pour répondre plus conséquemment aux aspirations des populations et aux nécessités d’une nouvelle forme de régulation des rapports entre les citoyens et les pouvoirs  publics.

C’est ce que Sa Majesté le Roi Mohamed VI a compris, qui a engagé depuis le 3 Janvier 2010 le Maroc dans le processus d'« une régionalisation avancée », c’est dans ce sens aussi qu’il convient de comprendre et de soutenir la démarche du Président WADE.

Compte tenu de la pertinence de l’initiative, pour éclairer l’opinion en ce qui concerne le concept de « provincialisation », « Afrique-innovante.com » publie ci-dessous le résumé de l'extrait d'une « note d’orientation méthodologique » qu’elle à réussi à se procurer, qui a été conçue au CEDS de DAKAR, qui concerne le sujet et qui a été portée à la connaissance des pouvoirs publics sénégalais.

Toutefois, d’après nos informations, les lignes qui suivent ne constituent qu’une hypothèse de travail qui a besoin d’être finalisée dans le cadre d’une étude pluridisciplinaire qui sera validée par la réalité du terrain au contact de tous les acteurs concernés par le processus avant d’être modélisée et mise en œuvre.

« L’effort de développement économique et social mené au Sénégal depuis l’indépendance, s’est essentiellement accompli sous l’entière responsabilité d’un état central omnipotent qui, aujourd’hui, au plan politique et institutionnel, a atteint toutes ses limites objectives.

De ce fait, on s’est orienté très tôt vers une forme de gouvernance prépondérante, telle que les « indépendances » nous l’ont léguée, qui a laissé peu de place à une association effective et directe des populations à la base.

Cette option étatiste et élitiste n’a jamais réussi à faire émerger des pouvoirs décentralisés aptes à porter de manière satisfaisante une dynamique de développement local véritable, malgré toutes les tentatives de desserrement amorcées à travers les multiples réformes engagées dans ce sens.

Cela a influé de toute évidence et de manière inopportune sur l’impact des politiques publiques initiées au niveau macroéconomique et sectoriel, en empêchant surtout leur appropriation par les populations à la base dont l’implication réelle, dans leur conception, leur mise en œuvre et leur suivi/évaluation, est demeurée jusqu’ici relativement très faible. Cette situation est encore plus manifeste depuis l’alternance politique intervenue dans le pays au lendemain du 19 mars 2000.

En effet, la politique de développement volontariste sans précédent engagée sous la vision prospective du Président Abdoulaye WADE, et dont les manifestations sont palpables à tous les niveaux, n’a malheureusement pas pu bénéficier d’un écho convenable du fait de l’absence de relais capables d’amplifier au niveau décentralisé les efforts fournis par le pouvoir suprême.

C’est là, incontestablement, toute une réalité qui justifie la mise en œuvre urgente d’une politique alternative adaptée de responsabilisation intégrale des acteurs locaux.

Cette étape majeure à laquelle aspire légitimement toute politique de décentralisation irréprochable, ne pourrait se concevoir, dans le contexte actuel du Sénégal, qu’à travers une « provincialisation » qui est l’orientation stratégique la plus propice pour asseoir une décentralisation efficiente.

La provincialisation est un mode de gouvernance locale participative fondée essentiellement sur un aménagement du territoire qui tienne compte de tous les déterminants géographiques, entre autres, les réalités historiques, économiques, politiques et sociologiques, culturelles, cultuelles, écologiques, pour aboutir à l’émergence d’entités politiques et administratives viables disposant de leurs propres institutions, avec des avantages qui peuvent apparaître à plusieurs niveaux :

  • Au plan politique et administratif, elle constitue une formule idéale de  redistribution et de partage des pouvoirs au profit d’une meilleure responsabilisation des acteurs à la base dont le corollaire institutionnel est la formation de véritables gouvernements locaux à la tête desquelles se seraient nommés des Chefs de l’Exécutif Provincial chargés de mettre en œuvre la politique provinciale en s’appuyant sur des ministres provinciaux et des Assemblées d’élus Provinciaux  capables d’assurer et de manière participative une meilleure gestion de proximité des ressources et des affaires publiques provinciales.
     
  • Au plan économique, s’adossant au principe de la double planification, elle pourrait être une occasion favorable à un approfondissement de l’expérience de décentralisation du système de gestion économique, déjà en cours avec la délocalisation des investissements opérée dans le cadre de la régionalisation du budget consolidé d’investissement (BCI), etc.

La provincialisation permettra de dépasser largement « le bricolage » institutionnel que constitue ces fameux transferts de compétences qui n’ont jamais permis aux Collectivités locales, de produire des richesses et des ressources nouvelles.

Il faudra simplement savoir faire bon usage de la géopolitique par la prise en considération de tous les déterminants géographiques générateurs de ressources dans une perspective d’emploi politique pour le développement économique et social des Provinces considérées dont importe de définir judicieusement le nombre après la mission d’étude et d’évaluation qui sera menée par une équipe pluridisciplinaire.
Tout cela porte évidemment des germes d’impacts positifs notoires sur le développement national en termes de stabilité politique et sociale mais surtout de stimulation de la croissance régionale et de création d’emplois locaux qui justifierait la création d’une fonction publique locale.

ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

Au plan organisationnel, une provincialisation effective, laissera apparaître, dans sa forme achevée, un montage institutionnel articulé autour d’un gouvernement local, d’une Assemblée provinciale et des structures administratives et techniques « provincialisées », facilitant une cohabitation harmonieuse avec les services déconcentrés de l’Etat.

QUELQUES RESULTATS ATTENDUS   

Il n’est pas possible, dans le cadre de cette présentation synoptique, de les exposer tous, néanmoins nous pouvons en citer quelques uns :

  1. 1- Emergence au Sénégal d’une nouvelle forme de gouvernance globale et locale codifiée dans la constitution modifiée, consacrant l’avènement sous le mandat de M. WADE, d’une rupture profonde dans l’architecture politique et institutionnelle du Sénégal ;
  2. 2- Le recentrage de la gouvernance globale ou centrale qui sera dépouillée de toutes les missions qui peuvent être exécutées au plan local et pour lesquelles le Chef de l’Exécutif provincial et  ministres provinciaux ainsi que l’Assemblée provinciale seront compétents selon le principe de subsidiarité ;
  3. 3- Une meilleure gouvernance centrale exclusivement adossée aux domaines régaliens de l’Etat capable de prévenir les conflits et de promouvoir la paix et la sécurité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ;
  4. 4- Une redistribution et un partage du pouvoir dont la conquête ne se focalisera plus  exclusivement sur le seul fauteuil du Président de la République ;
  5. 5- Une cohabitation harmonieuse avec les services déconcentrés de l’Etat ;
  6. 6- Une réforme du mode de scrutin qui permettra d’organiser les élections en un seul tour aussi bien au plan local qu’au plan central avec suppression  intégrale du cumul des mandats ;
  7. 7– La création de pôles de compétitivité et la promotion des systèmes productifs locaux à partir des déterminants géographiques générateurs de ressources ;
  8. 8- La production de ressources nouvelles qui dopera la croissance économique régionale et stimulera la lutte contre le chômage et la précarité par la mobilisation des jeunes autour de projets professionnels porteurs (« green business »), entre autres, en vue de leur formation de leur qualification et de leur insertion professionnelle ;
  9. 9- Une optimisation de la coopération décentralisée et de la coopération transfrontalière qui feront des frontières des ponts et non des barrières entre Etats. »

…….
M. DIALLO BABACAR

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  • Le Sénégal peut-il s’inspirer de l’expérience réussie du Conservatoire botanique Corse pour la valorisation de ses parcs nationaux et aires protégées ? *

    Etat des lieux[1]

    Situé à l’extrémité ouest du continent africain, à la limite de la zone sahélienne au nord et de la zone soudanienne au sud, le Sénégal dispose d’un vaste réseau d’aires protégées [1.613.790 ha soit environ 8 % du territoire national], implantées dans les zones les plus riches en potentialités naturelles [plus de 3500 espèces de plantes et 4330 espèces animales] et aux populations établies depuis longtemps sur
    Les Parcs Nationaux sont des espaces naturels au sein desquels la chasse, la capture des animaux, l’exploitation des végétaux, des produits du sol ou du sous-sol sont interdites afin d’assurer une protection de la nature, l’éducation du public. Il s’agit de zones où la vie animale et végétale ainsi que leurs interrelations sont spectaculaires au point de justifier une exploitation touristique, éducative et récréative.
     
    Les parcs nationaux du Sénégal

    Des Enjeux dynamiques …

    Les espèces végétales et animales des parcs, constituent pour la savane d'Afrique de l'Ouest une biodiversité unique et requièrent une nouvelle politique de protection et de sauvegarde. La gestion des parcs nationaux - en particulier les espaces classés, soustraits à la plupart des activités anthropiques -, est un des défis majeurs que doit relever le Sénégal, notamment en ce qui concerne la gestion durable et inclusive des ressources existantes. 
     
    Les populations de proximité considèrent ces espaces comme leur propriété et à ce titre, réclament l’accès à ces ressources à des fins d’exploitation. L’enjeu est d’aboutir à une gestion intégrant la dimension humaine du développement des zones attenantes aux parcs et réserves tout en assurant la pérennité de ces ressources en voie de disparition ainsi que la valorisation de ce patrimoine dans un cadre touristique à développer.
     
    Contrairement à leur ambition affichée et aux textes, l’administration exerce une souveraineté souvent répressive sans tenir compte des besoins des populations locales exacerbant des conflits d’intérêt. Celles-ci se sentent privées et dépossédées de leur patrimoine naturel. La logique du droit coutumier, sur lequel se basent les villageois en matière de coupe et de feu, se superpose au droit moderne, défendu par les rouages de l’Etat et ses services déconcentrés, à travers la Direction des Eaux et Forêts et la Direction des Parcs Nationaux. Ces Directions essaient de faire valoir plutôt la conservation comme gage de durabilité des ressources naturelles.
     
    Une perspective de valorisation et de rénovation supposerait un regard critique sur les politiques de gestion et les stratégies palliatives initiées par les différentes parties afin de mieux comprendre leur dynamique.

    … Et des Atouts

    Aujourd’hui, la protection et la valorisation des Parcs nationaux sont adossées :
    • à la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles de 1968 [réserves naturelles intégrales : protection absolue ; les parcs nationaux : conservation de toute la faune et de la flore dans l’intérêt général ; 80 réserves spéciales : conservation d’une faune et d’une flore caractéristiques ; certaines activités humaines étant autorisées]
       
    • au Code de l’Environnement issu de la loi-cadre 2001 – 01 du 15.01.2001 qui expose les définitions, principes fondamentaux et instruments de protection de l’environnement ;
       
    • à la Convention Internationale de Diversité Biologique ;
       
    • au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques ;
    Le Sénégal est créatif et participatif de la genèse du droit international de la valorisation des aires protégées. Pour autant, force est de constater que la gestion de ces aires n’a pas été efficiente. Sur la base de l’expérience réussie du Conservatoire Botanique National Corse, une méthodologie se dégage pour conserver une espèce [http://cbnc.oec.fr/Diffusion_des_connaissances_page_80_1,192.htm] [http://www.oec.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=128 en respectant un certain nombre d’étapes:
    1. Connaître la faune, la flore et leurs habitats et procéder à leurs inventaires
      La constitution d’un fonds documentaire étoffé de qualité est une préoccupation primordiale avec intégration de données issues de la littérature : acquérir des connaissances de l’espèce la plus commune à la plus rare, de l’espèce endémique à celles présentes sur le territoire d’agrément.
       
    2. Hiérarchiser les enjeux grâce à l’élaboration d’une liste rouge régionale
       
    3. Élaborer des plans de conservation
      Un Conservatoire National est le principal acteur qui relie les acteurs de terrains de plusieurs plans de conservation.

      • Dans le cadre d’une Stratégie pour la biodiversité, une Direction de la Nature et des Paysages, relevant d’un ministère de la protection de la nature met en place des Plans de Restauration Nationaux pour un certain nombre d'espèces ; lesquels plans s'appuient sur les structures scientifiques nationales et locales, sous l'égide d'un Comité de Pilotage, et sont validés à plusieurs échelles, par un Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel puis par un Conseil National de la Protection de la Nature. Le conservatoire est acteur ou relais de terrain de plusieurs de ces plans.
      • Au niveau international, le Conservatoire National participe en outre au travail d’évaluation des populations des espèces végétales.
         
    4. Mettre en œuvre ces plans de conservation en privilégiant la concertation
      A partir d’un certain nombre d’Expertises, y compris celles relatives à la restauration d’habitats, - menées notamment avec des professionnels, le Conservatoire National prend des mesures de conservation dans le domaine de la Prévention Incendie et dans le cadre d‘aménagements routiers ou de travaux entrepris par les gestionnaires d'espaces naturels.
       
    5. Informer et sensibiliser le Public
      A partir d’une demande du syndicat des producteurs de Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales de Corse, a été éditée une Charte de Cueillette Régionale des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales, laquelle charte allie le respect de l’activité de cueillette avec le respect du patrimoine floristique et constitue un document qui sert de base méthodologique aux propriétaires de terrain, tels que les communes et le Conservatoire .

    POUR UNE AUTHENTIQUE VALORISATION DES AIRES PROTEGEES

    Au Sénégal, une dynamique de concertation entre populations et autorités chargées de la gestion des parcs nationaux semble être amorcée depuis une dizaine d’années. Cette dynamique est à ses débuts et la réflexion menée s’oriente davantage vers la prise en compte des idées et aspirations des populations vivant à la périphérie des parcs. C’est ainsi que les parcs du Niokolo Koba (région de Tambacounda) et du Djoudj (région de Saint-Louis) ont initié beaucoup d’actions utiles de valorisation de certains produits en collaboration avec les populations locales qui perçoivent pas à pas l’importance de la plupart de ces sites classés patrimoine mondial de l’humanité. 
     
    Il s’agit bien ici de la sauvegarde du patrimoine mondial, dont le patrimoine Sénégalais est partie intégrante, d’autant que les populations sénégalaises ont une propension à manifester spontanément un élan quand il s’agit de la préservation de ce qui a trait à la dignité de l’être, à ce qui relève du patrimoine commun à l’humanité.
     
    C’est pourquoi, pour répondre aux diverses problématiques exposées, il est urgent d’élaborer un manifeste qui, d’une part, proclamerait la réaffirmation des principes de droit, et d’autre part, stimulerait la promotion de chartes sectorielles, émergeant de la concertation avec les populations concernées. Cela implique bien évidemment la mise en œuvre de nouveaux textes réglementaires.
     
    Outre la protection de la qualité et de la diversité des paysages ainsi que celle des habitats, c’est aussi une formidable opportunité d’innovation que de :
    • Préserver l’harmonie de l’interaction entre les activités humaines et les milieux naturels,
    • Soutenir les modes de vie
    • Promouvoir les activités économiques en harmonie avec la qualité du patrimoine naturel et culturel, les manifestations sociales et culturelles traditionnelles.
    C’est aussi promouvoir un tourisme favorisant la découverte des richesses aussi bien traditionnelles qu’innovantes dans le cadre d’un comportement de créativités responsables dont peuvent faire aisément preuve les populations villageoises. C’est du même coup encourager les activités scientifiques et éducatives des populations résidentes en leur apportant formation et accès à de nouveaux métiers, développement de l’économie locale et régionale et amélioration de l’environnement et de l’espace rural….
     
    * Auteur: Daniel G.Goumalo Seck

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