Afrique Innovante

Le blog des praticiens africains de l’intelligence économique

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Sous mandat de son Excellence, Monsieur Babacar DIALLO, Directeur du CEDS-Dakar, une délégation de l’ECOLE PANAFRICAINE d’INTELLIGENCE ECONOMIQUE et de STRATEGIE [EPIES]  a été dépêchée à ALGER pour participer au 5ème Colloque International sur l’Intelligence Economique et le Knowledge Management qui s’est déroulé à l’Hôtel Rhiad à Sidi Fredj (Alger) les 23 et 24 mai 2011.

Ce Colloque – organisé par NT2S Consulting Inc[Information Security and Management Solutions] et sa filiale algéroise LOGE [Laboratoire en Organisation et Gestion des Entreprises] - s’est tenu sous le patronage du Ministère algérien de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des Investissements .

21 Conférences et communications ont traité du thème général ‘De la Société des Savoirs à l’Economie de l’Intelligence : Les méthodes et les outils pour cerner, optimiser et relever les défis de la mondialisation et de la globalisation’’ .

THEMATIQUES ET OBJECTIFS 

Cet événement scientifique a constitué le cadre de développement des échanges sur les énonciations et principes fondamentaux de l’Intelligence Economique qui conduisent à la responsabilisation des décideurs quant aux modalités d’actions concrètes visant à pérenniser les performances des organisations .
 
En couvrant l’ensemble des métiers d’entreprise ou d’organisations, en tant que systèmes structurés dans une logique de réseaux [Identification /Saisie / Interprétation /Production/ Utilisation des connaissances et de l’Information],les thématiques du Colloque
  • d’une part, ont suggéré des schèmes de management permettant le décryptage des tendances interactives mises en œuvre dans et par les procès organisationnels .
  • d’autre part, ont offert une approche comparative des pratiques d’Intelligence Economique afin de permettre aux acteurs publics et privés - qui développent des actions originales de veille et d’Intelligence Economique – de dialoguer et d’échanger à la fois sur les acquis et les perspectives qu’ils ont tracés dans ce domaine

PROBLEMATIQUES ABORDEES

Lors de l’ouverture du Colloque sont intervenus
  • Mme Fatiha NAAR, Directrice Générale du Cabinet Conseil LOGE [Algérie],
  • Mr Sofiane saadi, Managing Director NT2S Consulting Inc Vancouver [Canada/France],
  • Mr Mohammed Bacha, Directeur Général de l’IE au Ministère de l’Industrie [Algérie],
  • Mme Amina Kadri-Messaïd, Enseignante-chercheur au Cread Université Alger 2 [Algérie] ,
  • Mme le Professeur Claude Revel, Directrice du Master en IE et Km Skema Business School [France].
D’emblée, Mr S. Saâdi  et Mme F. Naar ont suggéré des questions phares pour animer le Colloque :
  • Comment peut-on identifier les facteurs qui produisent un effet d’entraînement pour dynamiser les différentes fonctions au sein de l’entreprise et créer une dynamique de changement de la gestion de l’information dans un but proactif ?
  • Par quels procédés peut-on  identifier l’impact des systèmes d’information sur le développement des instruments d’Intelligence Economique dans les entreprises ?
  • Comment peut-on repérer les grandes réalisations dans la mise en place de projets d’Intelligence Economique dans les systèmes d’Information et ainsi les entreprises les plus novatrices dans ce domaine (structure, taille, implantation) ?
  • Quel type de structure organisationnelle facilite l’introduction de l’intelligence économique au sein des PME-PMI ?
  • Comment définir les facteurs de succès et d’échecs de l’Intelligence économique au sein des PME-PMI ?
  • En quoi les pratiques dans le traitement de l’information se différencient-elles d’une entreprise à une autre et d’un secteur à un autre de sorte que l’utilisation des technologies de l’information et la mobilisation des compétences s’avèrent faciliter de fait une démarche d’Intelligence Economique ou constituer des freins ?
  • Les grandes entreprises qui se sont engagées dans une démarche d’Intelligence Économique ont-elles réussi à faire de l’information un élément stratégique comparativement aux PME ?
  • Comment déterminer les critères d’évaluation (résultats/objectifs) qui permettent d’apprécier la pertinence économique d’une démarche d’Intelligence Économique ?
  • En quoi l’Intelligence territoriale est une condition nécessaire à toute politique publique d’IE et peut-on lister et apprécier les acquis et les expériences des actions menées dans ce cadre ainsi que les perspectives de développement qui se dégageraient ?
  • Quelle est la répartition des rôles et des responsabilités entre les structures institutionnelles et privées dans les démarches de développement régional d’Intelligence Économique ?

CHAMP DES INTERVENTIONS

Pour tenter de répondre à ce questionnement non exhaustif, les Conférenciers ont abordé plusieurs sujets et nourris de riches débats en Cinq ateliers .

LES NOUVELLES FORMES DE MANAGEMENT PAR L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET PAR LA GESTION DES CONNAISSANCES
  • "Foresight and intelligence combined : How to develop better policy and Strategie’’ par le Pr Jonathan Calof, professeur spécialiste de la Veille concurrentielle internationale à l’Université d’Ottawa [Canada]
  • ‘’Construire une démarche d’influence/lobbying à partir de l’Intelligence Economique’’ par le Pr Claude Revel, Directrice du Master en IE et Km Skema Business School [France]
  • ‘’Information Stratégique et partenariat France-Algérie’’ par Dr Seddik Larkeche, Professeur-Chercheur ESC Saint Etienne [France]
  • ‘’La mise en place du knowledge management (KM) dans une entreprise dans le cadre des Fusac’par Mr Bernard Galea, Chief Security Officer FM Logistic Corporate Sas  [France]
  • ‘’la Formation au sein des entreprises algériennes : processus cognitif et accumulatif ou répétitif ?par le Dr Amina Kadri-Messaïd, Enseignante-chercheur au Cread Université Alger 2 [Algérie] 
DISPOSITIF DE VEILLE ET INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
  • la Veille : enjeux pour les entreprises’’ par Mr Mohammed Faouzi Boucheloukh, Directeur Méthodes et Systèmes Informatiques Annaba [Algérie]
  • ‘’De la Business Information aux ratings non-financiers : les nouvelles cibles et stratégies d’Influence de l’IEpar Mr Guy Debaux, Marketing et Competitive Intelligence Global Sales & Business Development, Coface Nice [France]
  • ‘’ Event Intelligence – learning from all around’’ par le Pr Jonathan Calof, professeur spécialiste de la Veille concurrentielle internationale à l’Université d’Ottawa [Canada]
LES EXPERIENCES DE KNOWLEDGE MANAGEMENT ET D’INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
  • ‘’La mise en place d’un dispositif de veille (rôle des hommes, des outils, des sources et de l’organbisation)’’ par le Dr Mounir Rochdi, Directeur Général de Cybion et fondateur de Veille.ma [France]
  • ‘’Mise en œuvre d’une solution de veille au Centre de Recherche et Développement de Sonatrach : Problématique de la définition du champ de veille’’ par Mr Abdelkrim Abdoun Chef du département IST –Division Laboratoires Sonatrach-Amont [Algérie]
  • ‘’Comment mettre en place une dynamique de veille ? présentation des meilleurs ptratiques ?’’ par Mr Jérome Bondu, Fondateur de la Société Inter-Ligere [France]
DEMARCHES DE MISE EN PLACE DES DISPOSITIFS DE KNOWLEDGE ET  D’INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
  • ‘’Sources d’informations stratégiques : De l’identification à l’analyse ‘’ par Mme Véronique Mesguich, Directrice de l’Infothèque du pôle Léonard De Vinci , La défense, Paris[ France]
  • ‘’Du désordre informationnel à l’intelligence du mot-clé : une intelligence empathique ?’’ par Mr Mohamed Oumellal, Directeur Veille TNS MEDIA et Expert Consultant à LOGE Paris [France]
  • ‘’L’adéquation IE et Système d’Information (SI) dans l’entreprise‘’  par Mr Ali Sokhal, Directeur business Development New Energy Algeria SpA (NEAL) Alger ; Formation IE (UFC/SKEMA) [Algérie]
  • ‘’L’Intelligence Economique et les entreprises algériennes – Témoignage et Retour d’expérience’par Mr Lotfi Halfaoui, Expert Industriel Directeur CEI HALFAOUI Alger [Algérie]
  • ‘’L’Intelligence Economique et les entreprises algériennes – Témoignage et Retour d’expérience’par Mr Lotfi Halfaoui, Expert Industriel Directeur CEI HALFAOUI Alger [Algérie]
  • ‘’L’Intelligence Stratégique dans les organisations professionnelles contemporaines, défis et perspectives – cas de l’Algériepar Mr Ilyas Laidani, Maître Assistant Centre Universitaire Tissemsilt Alger [Algérie] et par le Pr Ali Abedella, Professeur Université Alger 3 [Algérie
IMPORTANCE DES OUTILS D’AUTOMATISATION DANS LA MISE EN PLACE DES FONCTIONS DE LA VEILLE , DU KNOWLEDGE ET DE L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE
  • ‘’Le partenariat Public-Privé pour une démarche d’Intelligence Economique Régionale : le cas de l’Agence de Développement de l’Oriental au Maroc’’ par Mr Taoufiq Boudchiche, Economiste , Directeur de la Coopération et de la Promotion Economique – Agence de l’Oriental [Maroc] 
  • ‘’Mise en œuvre de dispositifs de veille : cas concrets et retours d’expérience sur le déploiement de la plate-forme de veille KeyWatch’’ par Mme Laurence Marcelli et Mr Thierry Regnier, responsable des Etudes CIO ISCOPE Paris [France]
  • ‘’le résumé automatique de texte est-il maintenant mature pour une industrialisation logicielle ? L’expérience de la société Mining Essential’’ par Mr Abderrafih Lehmam, Directeur Associé, et Mr Pierre-François Doucet, PDG de Mining Essential   [France]
  • ‘’Cloud Computing, ses avantages et ses risques pour une démarche d’Intelligence Economique’’ par Mr Hassane Mimoun, Professeur- Chercheur Responsable du Département Systèmes d’Information – ESIEE Management Paris [France]
Outre les excellents contacts noués à la suite de la distribution de la plaquette du CEDS-Dakar, Mohammed TALL est intervenu lors des débats pour dire la grande richesse issue des travaux du Colloque et pour présenter buts et méthodes de l’EPIES et le CEDS-Dakar.
 
Profitant de l’occasion, la délégation a annoncé que la IIème Conférence Internationale d’Intelligence Economique à DAKAR, organisée par l’EPIES, se déroulerait courant novembre 2011. Une invite solennelle à s’y rendre a donc été adressée à tous les participants et à nos hôtes algériens en particulier.
 
L’accueil qui a été réservé aux délégués de l’EPIES a été des plus chaleureux . Aussi bien les Organisateurs que les intervenants et les participants au Colloque nous ont dit leur enthousiasme à découvrir l’existence de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie.
 
Le12.11.2010, Romain BONNET – Directeur des études de l'École Panafricaine d'Intelligence Économique et de Stratégie (EPIES) – , interviewé par le professeur Christian HARBULOT  - Directeur de l'Ecole de Guerre Economique  (EGE) de Paris - déclarait que ‘’L’Afrique du Nord est la région phare en matière d’IE… Suivant l’exemple marocain, la Tunisie et l’Algérie démontrent un réel volontarisme dans le domaine de l’IE‘’.
 
On mesure à quel point les propos tenus alors demeurent d’autant plus pertinents qu’ils se vérifient pleinement dans la réalité, laquelle est indéniablement porteuse d’énergies novatrices .
 
Mohammed TALL, Chef Cellule Audit & Contrôle de Gestion ARTP (Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes) [Sénégal]
Mohammed Naçr-Eddine BELDJERD, Avocat au Barreau de Toulon [France]
I- L’enseignement supérieur en Afrique face aux institutions financières internationales
 
La situation de crises répétitives liées à une mal gouvernance universitaire chronique et à des déterminants structurels (pertinence des formations héritées en relation avec la professionnalisation et l’insertion des diplômés, dérive des prestations sociales, politisation excessive de l’espace, faiblesse des investissements, déficits infrastructurels…) n’a pu autoriser la mise en œuvre correcte et à terme des différentes stratégies préconisées d’amélioration de la qualité de l’Enseignement Supérieur dans les pays Africains et leurs universités, en particulier ceux membres du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) et de l’Association des Universités Africaines – AUA.
 
La tentation a toujours été grande de faire porter le chapeau aux institutions financières internationales et de leur reprocher leur immobilisme, voire leur refus d’accepter la réalité, et d’accompagner les processus enclenchés dans ces pays.
 
En effet, ces institutions ont soutenu jusqu’à très récemment que l’enseignement supérieur n’était pas une priorité pour les pays en développement et que son financement était l’affaire des seuls bénéficiaires.
 
C’est pourquoi, par exemple, la Banque mondiale continue à être perçue comme n’ayant pas suffisamment répondu à la demande croissante des clients pour des interventions en faveur de l’enseignement supérieur. Beaucoup pensent également que le volume des prêts en faveur de ce sous-secteur n’a pas été à la hauteur de l’importance du rôle des systèmes d’enseignement supérieur dans le développement économique et social. La Banque est généralement perçue comme une institution qui soutient uniquement l’éducation de base, plaide systématiquement pour la réaffectation des dépenses publiques de l’enseignement supérieur à l’éducation de base, promeut le recouvrement des coûts et le développement du secteur privé et décourage les pays à faible revenu d’envisager tout investissement en faveur de la formation supérieure du capital humain.
 
Au vu de ces perceptions et des mutations rapides qui ont lieu dans le monde, et compte tenu de la persistance des problèmes traditionnels de l’enseignement supérieur dans les pays en développement et en transition, il était devenu urgent pour les institutions financières internationales de réexaminer leurs politiques et expériences dans l’enseignement supérieur.
 
C’est ainsi qu’il est clairement apparu, avec la parution en 2000 du rapport « Higher Education in Developing Countries : Peril and Promise », que la Banque mondiale a réévalué sa stratégie relative à l’enseignement supérieur en remettant en question ses analyses antérieures et en plaçant désormais l’enseignement supérieur au cœur de ses priorités. Cela a été confirmé lors du colloque international « Globalisation: quels enjeux pour les universités? » qui s’est tenu à l’Université Laval (Québec, Canada) en septembre 2002. La Banque mondiale, est allée plus loin encore, en prenant le soin de démontrer la corrélation entre l’enseignement supérieur – désormais qualifié de vital – et le développement des pays émergents.
 
Ce changement majeur de stratégie opéré par la Banque mondiale a été clairement exprimé dans l’avant-propos de l’ouvrage de Jamil Salmi intitulé «Construire les sociétés du savoir : nouveaux défis pour l’enseignement supérieur» et paru en 2003 dans les Presses de l’Université Laval.
 
Pour sa part, l’UNESCO qui est reconnue comme étant la seule institution du système des Nations Unies investie d’une mission dans le domaine de l’enseignement supérieur, a soutenu lors de la Conférence mondiale de l'enseignement supérieur en 2009 : «qu’à aucune autre période dans l’histoire de l’humanité, le bien-être des nations n’a été aussi directement lié à la qualité et à la possibilité d’action de leurs systèmes et de leurs établissements d’enseignement supérieur ». L’UNESCO contribue ainsi à améliorer la qualité de l’éducation en renforçant les capacités de recherche dans les établissements d’enseignement supérieur et le partage transfrontière des connaissances.
 
Plus récemment, dans un rapport réalisé par la Commission pour la libération de la croissance françaiseet repris par le journal Le Monde dans sa rubrique « Toile de l’Education » du 10 Novembre 2010, Jacques Attali Président de ladite Commission déclare: « l’école idéale ne prendra corps que si l’on concentre plus de moyens sur ses deux extrémités : l’enseignement préscolaire et primaire d’un côté, l’enseignement supérieur de l’autre ».
 
Au niveau de l’Union Africaine, après l’évaluation des résultats de la première décennie de l’éducation en Afrique (1997-2006) à la demande du Sommet de l’Union Africaine, la Conférence des Ministres de l’Education (MINEDAF) a adopté un plan pour la Seconde Décennie de l’éducation en Afrique (2007-2015). Dans la mise en œuvre de ce plan, confiée à la Commission de l’Union, des rôles ont été définis au niveau de la Commission de l’Union mais aussi au niveau des Communautés économiques régionales et au niveau national des Etats membres. Un élément nouveau et central dans ce plan est l’harmonisation des programmes d’Enseignement Supérieur en Afrique, en vue de renforcer la mobilité académique.
 
Dans cette nouvelle dynamique mondiale de mise en place d’une société dont le moteur principal est le savoir, il est donc devenu évident que l’Enseignement Supérieur, y compris la Recherche menée dans les Universités et les Instituts, joue un rôle crucial dans le développement des pays. Il doit leur permettre en particulier, de générer le capital humain nécessaire pour atteindre les objectifs définis dans leur plan de développement économique, social et culturel.
 
De ce point de vue, une importance particulière doit être accordée à la qualité de l’Enseignement Supérieur dispensé dans les établissements nationaux publics comme privés. Il s’agit en particulier, de pouvoir produire « un nouveau type d’Homme », un Homme capable, entre autres : de développer un esprit constructif, créatif, novateur, critique ; d’apprécier les relations entre la pensée scientifique, l’action, la technologie, le développement de la qualité de la vie ; de maintenir et de considérer la discipline et le travail comme les pierres angulaires du développement de la nation et de celui des individus.
 
Sous cet angle il faut saluer au niveau continental l’ouverture à Yaoundé – Cameroun de l’Institut Panafricain de Gouvernance Universitaire – IPAGU ainsi que l’initiative de l’Union Africaine consistant à mettre sur pied l’Université Panafricaine – UPA.
 
Le premier « campus » de cette Université panafricaine – un futur réseau continental d’institutions formant des étudiants de troisième cycle et promouvant la recherche – ouvrira ses portes à l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud, et sera le premier des cinq sites qui seront accueillis par des institutions existantes sur le continent. L’UPA a pour objectifs d’améliorer l’excellence en matière de recherche et de former sur le continent des diplômés plus nombreux et plus qualifiés. Le campus en Afrique du Sud se focalisera sur la science spatiale. L’ouverture d’un deuxième campus est prévue en Afrique du Nord, probablement en Algérie et se focalisera sur la recherche dans le domaine de l’eau et de l’énergie. Les trois autres campus se pencheront sur les sciences de la vie et de la terre, les sciences fondamentales (physique et chimie), l’ingénierie, la gouvernance et les sciences sociales. Ces campus seront répartis entre l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest.
 
Au niveau du Sénégal on ne peut manquer de se féliciter de la mise sur pied de l’Université du Futur Africain ainsi que de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie – EPIES
 
L’aspect panafricain de ces nouvelles structures d’enseignement supérieur ne doit pas cependant occulter la nécessité qu’elles ont de s’intégrer dès le départ dans des réseaux qui constituent des moyens de renforcement des capacités de même que des cadres appropriés pour organiser la mobilité, la lisibilité et la visibilité universitaire. Comme exemple de réseaux nous pouvons citer la CRUFAOCI (Conférence des Recteurs d’Universités Francophones d’Afrique et d’Océan Indien) pour la définition des politiques d’enseignement et de recherche, le REESAO (Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest) pour la mise en œuvre des orientations, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur – CAMES chargé de l’évaluation des Enseignants et chercheurs, etc.
 
Au sein de l’Agence Universitaire de la Francophonie – AUF d’autres structures fédèrent les établissements de formation universitaire utilisant la langue française et ayant des disciplines communes : CIDEFA (Agriculture), CITEF (Ingénieurs et techniciens), CIRIUSEF (Facultés des Sciences), CIDMEF (Médecine), etc. Des structures équivalentes existent pour les pays anglophones d’Afrique.
 
Pour accompagner cette dynamique continentale et mériter la nouvelle confiance des institutions financières internationales, les universitaires devront veiller à mettre en place des dispositifs de résolution préventive et curative des dysfonctionnements administratifs et pédagogiques. Ces dispositifs devront être orientés vers l’action et être basées sur une démarche systémique et une approche qualité.
 
II- . L’approche qualité dans les espaces universitaires africains
 
II.1 Contexte
La principale caractéristique actuelle de l’Enseignement Supérieur en Afrique est, sans conteste, l’existence d’une demande sans précédent, qui continue de s’accroître et de se diversifier.
 
Malgré cette pression de la demande il nous faut sans cesse nous rappeler que c'est à son contenu, à sa qualité et à la crédibilité de sa certification que devrait être jaugée la valeur d’une formation.
 
C’est ainsi qu’avec le basculement du système de l’Enseignement supérieur au LMD (Licence – Master – Doctorat), une typologie standard à quatre niveaux a été élaborée dans les pays membres du CAMES :
  • Le premier niveau de diplôme, niveau T, obtenu au bout de deux années d’études après le baccalauréat, englobe les formations dites “Technicien Supérieur” ;
  • Le deuxième niveau L, celui de la Licence, couronne trois années d’études après le baccalauréat est censé devenir le niveau de référence pour les études dans le système LMD ; La licence est comparable au “Bachelor degree” ;
  • Le troisième niveau M, celui du Master, sanctionne cinq années d’études. C’est à ce niveau que sont recrutés la majorité des cadres supérieurs ;
  • Le quatrième niveau D, le Doctorat, sanctionne au minimum huit années d’études après le Bac et constitue le grade le plus élevé de l’Enseignement supérieur. Il alimente le vivier de la Recherche et donc porte l’ambition d’excellence d’une Nation.
Avec cette introduction progressive du système LMD partout en Afrique, l’Enseignement Supérieur est confronté à d’importants défis tels que l’égalité des chances dans l’accès, la quantité et la qualité des ressources humaines au niveau des établissements, la pertinence des formations par rapport aux besoins de la société et par dessus tout le financement.
 
Alors que l’offre faisait surtout face aux aspects quantitatifs de la demande, la prise en compte de la qualité apparaît comme un nouveau défi, car ici, comme dans les autres secteurs économiques, il ne suffit plus de produire pour vendre, il faut, de plus en plus produire ce qui se vend, ce à quoi la mondialisation donne une dimension nouvelle. Il s’y ajoute ici, le besoin d’une plus grande mobilité académique concernant tant les étudiants que les enseignants et les chercheurs.
 
A l’enseignement traditionnel résidentiel et présentiel, est venu s’ajouter l’enseignement transfrontalier avec ses différentes formes dont celle en ligne, où l’on retrouve, naturellement les mêmes exigences de qualité.
 
Cela doit conduire à mettre en place un système d’Assurance Qualité, là où cela n’existe pas et à le renforcer là où cela existe.
 
II.2 Système d’Assurance Qualité
 
Environ un pays africain sur trois dispose d’une agence d’assurance qualité pour son enseignement supérieur (16 pays en 2007). Ce chiffre parait faible, mais il est important de souligner que près de 70% de ces agences ont été créées il y a moins de 15 ans. Les missions assignées à ces agences sont globalement les mêmes :
  • audits institutionnels (cas de l’Afrique du sud et de Maurice)
  • accréditation des institutions (cas de la plupart des agences)
  • accréditation des programmes (Cas de l’Afrique du sud, de Maurice, du Nigéria et du CAMES)
Toutefois, des particularités apparaissent au plan opérationnel. Dans certains pays, par exemple, l’agence n’a autorité que sur les institutions privées d’enseignement supérieur (cas du Cameroun) alors que dans d’autres, elles ont progressivement étendu leur autorité aux institutions publiques (cas de l’Ethiopie, du Ghana, de Maurice, du Nigéria, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda ou de la Tanzanie). Il existe des pays (Ghana et Tanzanie par exemple) où la simple existence d’une agence formelle d’assurance de la qualité a incité les institutions d’enseignement supérieur à se conformer aux standards requis, notamment dans la perspective d’une éventuelle accréditation.
 
Cependant, la seule existence de tels systèmes ne garantira pas l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur.
 
En outre, dans un contexte où les ressources humaines (personnel enseignant en général, et de haut rang en particulier), les infrastructures et les équipements font défaut, l’assurance qualité en tant que telle n’est pas une condition suffisante pour garantir la qualité. Elle est une aide pour recenser les problèmes et les besoins en ressources, mais ne lève pas la contrainte de financement que connaissent de nombreux pays, qui font face à une forte expansion de leur enseignement supérieur.
 
II.3 Recommandations
 
La recommandation principale est de mettre en place, dans chaque pays membre du CAMES ou ayant des universités membres de l’AUA, une Commission (agence ou autorité) Nationale d’Assurance Qualité dont les missions seraient identiques à celles des agences déjà en place sur le continent mais qui serait en plus chargée d’examiner les demandes d’ouverture des institutions privées et de leur délivrer l’agrément.
 
Nous inspirant des recommandations issues des journées de réflexion sur l’enseignement supérieur au Sénégal qui ont été organisées en 2009 par l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal – ANSTS, nous pouvons recommander que chacune des Commissions Nationales d’Assurance Qualité s’attaque aux défis suivants pour remédier aux dysfonctionnements répertoriés :
 
Infrastructures
  • Réorganiser les programmes de construction d’universités (et dans les universités) pour tenir compte de l’adéquation entre accès massif des bacheliers dans le supérieur et qualité des formations ;
  • Rationaliser et mutualiser les moyens disponibles (infrastructures, équipements, etc.) entre structures d’une même université et entres universités ;
  • Encourager fortement la construction et l’équipement des bibliothèques, ainsi que l’édition universitaire par la valorisation des publications;
  • Créer des cités universitaires internationales dans les villes
  • capitales-universitaires. Ces cités comporteront des infrastructures sportives et culturelles adéquates et contribueront à une meilleure politique de l’hébergement en privilégiant l’excellence ;
  • Impliquer les collectivités locales dans la gestion sociale des étudiants (hébergement, soins médicaux, …) et promouvoir l’immobilier privé par une exonération des taxes pour aboutir à une baisse du coût de la location ;
TIC, FOAD
  • Mettre en place des réseaux campus informatiques dans les universités, reliés aux réseaux nationaux d’éducation et de recherche ;
  • Former des experts locaux de grande qualité pour la mise en œuvre et la gestion des TIC ;
  • Regrouper les universités en consortium pour diminuer les coûts de connexion à l’internet ;
  • Mettre en place des centres de mutualisation informatique et technologique pour une gestion optimisée des ressources ;
  • Développer la visioconférence et le télé-enseignement dans chaque université ;
  • Concevoir et mettre en œuvre un système d’information unique pour l’enseignement supérieur.
Curricula
  • Harmoniser les curricula;
  • Etablir un référentiel unique pour l’évaluation ;
  • Avoir des programmes officiels ou agréés par l’Etat ;
  • Mettre sur pied une commission nationale d’homologation des titres et diplômes ;
  • Contractualiser avec les universités publiques ;
Ressources humaines
  • Proposer un cadre administratif harmonisé pour les structures de type universitaire et un autre cadre pour les structures non universitaires;
  • Recruter un personnel qualifié et en nombre suffisant ;
Pour assurer la pertinence, la cohérence et la qualité dans les formations et curricula proposées par les universités, un certain nombre de dispositions sont nécessaires :
 
Pédagogie
  • Diversifier les offres de formation en mettant en place une Commission de Concertation Ministère-Université-Milieux professionnels définissant les nouveaux créneaux d’enseignement à développer dans les Universités en harmonie avec leur milieu d’insertion ;
  • Organiser et appuyer l’Enseignement Supérieur Privé ;
  • S’inspirer de l’expérience des universités multi-sites ;
  • Mettre en place des passerelles entre les universités pour faciliter la mobilité des étudiants ;
  • Harmoniser les conditions d’accès aux écoles doctorales en tenant compte des spécificités ;
  • Susciter des vocations scientifiques au primaire et au secondaire par une bonne politique de communication à l’endroit des élèves ;
  • Mettre en place, à côté des filières classiques d’enseignement et de recherche, de nouvelles filières pré-professionnelles et professionnelles ;
  • Mettre en place des services communs universitaires d’information et d’orientation ;
  • avoir un taux d’encadrement qui se rapproche de celui des pays émergents, soit un enseignant pour 30 étudiants au plus.

Documentation

  • Elaborer un plan stratégique pour une politique documentaire de l’enseignement supérieur ;
  • Dégager des crédits propres à la documentation dans le cadre des budgets des universités (au moins 5% du budget des universités) ;
  • Mettre en place des mécanismes favorables à une politique cohérente de développement des collections répondant aux besoins évolutifs de l’enseignement et de la recherche (manuels, ouvrages de référence, fonds vivants de périodiques, accès aux bases de données internationales) ;
  • Exploiter de manière efficiente les possibilités offertes par les TIC (équipement informatique performant, augmentation bande passante des universités, interconnexion des bibliothèques, système intégré de gestion des bibliothèques, portail informatique Web 2.0, etc.). Parmi les conditions d’agrément et/ou accréditation des établissements d’enseignement supérieur privé, inclure l’obligation de mettre en place des bibliothèques avec des budgets conséquents d’acquisition et de développement de collections ainsi que le recrutement de personnel qualifié ;
  • Assurer la formation continue des personnels des bibliothèques et développer leur expertise professionnelle pour une gestion efficiente des services documentaires et une bonne maîtrise des TIC ;
  • Mutualiser les ressources humaines, documentaires, technologiques par les institutions et appuyer les réseaux documentaires.

Amélioration de la qualité

  • Concevoir un système national d’assurance qualité dont les missions et les statuts, l’organigramme et le fonctionnement seraient définis de manière concertée ;
  • Faire de l’évaluation institutionnelle interne une pratique et un outil de gouvernance et de gestion des établissements d’enseignement supérieur ;
  • Aider les établissements à renforcer leurs capacités techniques leur permettant d’assurer leur propre mécanisme d’assurance qualité interne par l’institutionnalisation de l’auto-évaluation ;
  • Faire de l’accréditation, comme le prévoit le CAMES, une condition sine qua non de la reconnaissance et de l’équivalence des diplômes, des titres et grades des établissements privés ;
  • Instaurer un mécanisme permettant avec l’expertise existante, d’évaluer les établissements, les programmes et les filières.
 
III- Conclusions
 
Les progrès accomplis en Afrique ces 50 dernières années dans le domaine de l’enseignement supérieur ont été immenses. Les défis qui restent à relever le sont tout autant. Les avancées les plus importantes ont trait à l’accès et à l’employabilité des diplômés. Pourtant, trop de personnes font encore des études sans apprendre
grand-chose.
 
La conséquence est qu’en Afrique nombreux sont les diplômés qui ne possèdent pas les compétences de base nécessaires pour survivre dans le monde complexe et compétitif de nos jours, sans parler des compétences nécessaires pour y prospérer. Le défi à relever, c’est donc d’améliorer la qualité de l’enseignement et la pertinence des connaissances acquises. À terme le succès du système se mesurera par le rendement interne (taux de réussite), le rendement externe (taux d’insertion) et le niveau de réalisation d’une culture axés sur l’éducation continue : l’éducation tout au long de la vie.
 
Prof. Fadel NIANG

Renforcer le lien nation / forces de défense et de sécurité par la mise en place d’un  dispositif civilo militaire de mobilisation des jeunes pour l’orientation, la formation, la qualification  et  l’emploi.

Par M. Diallo Babacar, Directeur CEDS et de l’EPIES de Dakar

Les premières années du siècle qui se sont installées, ont vu s’amplifier, de manière exponentielle et dans des conditions dramatiques, les flux migratoires d’importants contingents humains du Sud vers le Nord.

Les insoutenables images de fournées humaines sur de frêles embarcations à l’assaut de l’Europe à travers la Méditerranée et l’Atlantique, ou encore celles de corps sans vie sur des rivages ou dans le désert du Sahara, témoignent des grandes équations existentielles que posent les flux migratoires contemporains qui fuient la misère qu’ils vivent en Afrique pour aller à la recherche d’un hypothétique eldorado.
 
Cette situation est d’autant plus préoccupante que, depuis des décennies, les pays Européens ont proclamé la fin de l’immigration massive, s’appliquant davantage à la contrôler voire la réprimer, surtout quand elle est considérée comme « illégale ».
 
L’accélération et la massification des migrations vers le Nord, s’expliquent par la conjonction de multiples facteurs dont les plus importants sont : la persistance de la pauvreté, un niveau très élevé du chômage des jeunes, une démographie galopante et des politiques sociales et éducatives inadaptées qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à vaincre les grands fléaux endémiques qui entravent Développement et constituant un danger permanent la sécurité humaine.
 
C’est dans ce contexte global que s’inscrit cette communication qui propose un mécanisme très en amont pour la prévention de potentielles et virulentes crises sociales attentatoires à la paix et à la sécurité dont le chômage et le désœuvrement des jeunes dans les grandes villes et les grouillantes banlieues sera la cause profonde..
 
Le chômage et le désœuvrement des jeunes constituent pour les pays africains, la plus grande menace sociale de ce début du 21ème siècle, en ce qu il constitue une bombe a retardement et a destruction massive qui peut exploser a tout moment.
 
Sans formation, sans qualification et sans emploi, les jeunes, hommes ou femmes sont à la merci de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, pour le recrutement des futures terroristes, des narcotrafiquants et de l’émergence de toutes les formes de violences, de criminalité, de manipulations politiques de toute sorte.  
 
Qui plus est, dans des pays où tout est à construire, où on a besoin de toutes les ressources humaines, c’est un véritable paradoxe que d’y observer autant de chômage, de désœuvrements.
 
Ce doit être un impératif catégorique pour les états de la sous région
  • de prendre conscience de l’ampleur et de l’importance du danger qui se profile pour renverser radicalement la tendance en mettant en œuvre des alternatives nouvelles dans le cadre d’une stratégie globale, experte et durable de mobilisation des jeunes pour la formation, la qualification et l’emploi.
Si une telle opération était mise en œuvre, par son ampleur, par ses multiples effets collatéraux
  • elle impacterait positivement le développement économique et social de toutes les pays de la sous région tout inhibant toutes velléités de révolte, de soulèvement et de violence préjudiciables à la stabilité sociale la paix et a la sécurité.
PARTIES PRENANTES
 
Parties prenantes
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES

LES CONDITIONS

 
Les conditions
 
FINANCEMENT
 
Pour le financement de ce projet, Il sera fait appel :
  • au budget de l’Etat concerné,
  • à la solidarité nationale,
  • à la coopération bilatérale, multilatérale ,
  • au soutien des organisations internationales,
  • et aux autres formes de coopération telle que la coopération décentralisée.
En tout état de cause, le traitement politique et social du chômage des jeunes qui constitue une politique hardie de lutte contre la précarité et la prévention de toutes les velléités attentatoires à la sécurité humaine a un coût certes mais n’ont pas de prix.
 
Importance du projet
 
C’est un investissement absolument nécessaire dont la finalité ultime, au-delà de la réelle prise en charge de la sécurité humaine et de la protection des populations contre toutes les menaces et tous les risques nouveaux constitue un gage structurel pour la préservation de la paix sociale et un   vecteur orienté pour le développement économique et social de nos pays.
 
Contribuer a la mise en œuvre d un tel dispositif de mobilisation, d’orientation, de formation et d’ insertion pour l’ emploi des jeunes, c’ est concrètement œuvrer pour la défense de la paix et de la sécurité en Afrique en prévenant notamment le détournement dont notre jeunesse pourrait être victime du fait des agents recruteurs pour alimenter la horde des narcotrafiquants et des apprentis terroristes.
 
MODE OPERATOIRE
 
Dans tous les pays de la sous-région la guidance de ce dispositif serait confiée aux forces de défense et de sécurité, qui le mettraient à profit pour renforcer le lien armée –nation en s’impliquant activement , en relation avec les acteurs civils de la formation professionnelle et de l’insertion sociale dans cette nouvelle dynamique qui donnera de nouvelles raisons d’espérer à nos populations.
 
Nous indiquons ci-dessous le dispositif que nous proposons pour la mobilisation des jeunes pour la formation la qualification et l emploi contre le chômage.
DISPOSITIF CIVILO-MILITAIRE DE MOBILISATION DES JEUNES
 
CONCLUSION
 
Il n’est pas juste d’affirmer qu’en ce qui concerne le chômage des jeunes rien n’a été fait. On peut même dire que beaucoup a été fait, mais de manière « isolée et anarchique ordonnées », en dehors de toute planification stratégique et opérationnelle adossée a une gestion axée sur les résultats et intégrant l’ampleur du phénomène ainsi que la menace permanente qu’il représente pour la paix sociale et la stabilité des Institutions des pays de l’Afrique de l’Ouest.
 
Il est devenu urgent que les décideurs des pays africains comprennent qu’ils ont le devoir de résoudre les problèmes qui se posent à nos sociétés, entre autres, le chômage des jeunes dont les solutions multidimensionnelles pour le résoudre, existent.
 
Il importe juste que les Pouvoirs Publics africains comprennent que leur détermination à lutter contre le chômage et le sous emploi des jeunes est en partie considérablement annihilée par l’inadéquation des structures existantes et sutout par le manque de capacité et d’expertise des acteurs qui sont chargés de les animer.
 
Mettre en place dans nos pays un véritable dispositif de formation et d’insertion pour lutter contre le chômage des jeunes par la formation et la qualification, pour offrir à chacun une qualification ,un emploi salarié ou une activité formelle génératrice de revenus,
 
tel est le défi qui doit être relevé pour permettre à la grande majorité d’accéder à un minimum de ressources afin d’échapper au désœuvrement, pour se mettre à l’abri de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, de l’émergence de toutes les formes de violence, de criminalité et de manipulation politique politicienne.
 
Nous sommes à la disposition des décideurs, des Pouvoirs Publics, de tous les Partenaires au développement tant sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral pour les aider à s’approprier du dispositif que nous proposons qui d’après notre expérience en la matière constitue un atout stratégique de tout premier plan pour lutter contre les conséquences désastreuses et inhumaines de la précarité sociale et pour prévenir les potentielles conflictualités qui peuvent en découler.

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