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Le Sénégal peut-il s’inspirer de l’expérience réussie du Conservatoire botanique Corse pour la valorisation de ses parcs nationaux et aires protégées ? *

Etat des lieux[1]

Situé à l’extrémité ouest du continent africain, à la limite de la zone sahélienne au nord et de la zone soudanienne au sud, le Sénégal dispose d’un vaste réseau d’aires protégées [1.613.790 ha soit environ 8 % du territoire national], implantées dans les zones les plus riches en potentialités naturelles [plus de 3500 espèces de plantes et 4330 espèces animales] et aux populations établies depuis longtemps sur
Les Parcs Nationaux sont des espaces naturels au sein desquels la chasse, la capture des animaux, l’exploitation des végétaux, des produits du sol ou du sous-sol sont interdites afin d’assurer une protection de la nature, l’éducation du public. Il s’agit de zones où la vie animale et végétale ainsi que leurs interrelations sont spectaculaires au point de justifier une exploitation touristique, éducative et récréative.
 
Les parcs nationaux du Sénégal

Des Enjeux dynamiques …

Les espèces végétales et animales des parcs, constituent pour la savane d'Afrique de l'Ouest une biodiversité unique et requièrent une nouvelle politique de protection et de sauvegarde. La gestion des parcs nationaux - en particulier les espaces classés, soustraits à la plupart des activités anthropiques -, est un des défis majeurs que doit relever le Sénégal, notamment en ce qui concerne la gestion durable et inclusive des ressources existantes. 
 
Les populations de proximité considèrent ces espaces comme leur propriété et à ce titre, réclament l’accès à ces ressources à des fins d’exploitation. L’enjeu est d’aboutir à une gestion intégrant la dimension humaine du développement des zones attenantes aux parcs et réserves tout en assurant la pérennité de ces ressources en voie de disparition ainsi que la valorisation de ce patrimoine dans un cadre touristique à développer.
 
Contrairement à leur ambition affichée et aux textes, l’administration exerce une souveraineté souvent répressive sans tenir compte des besoins des populations locales exacerbant des conflits d’intérêt. Celles-ci se sentent privées et dépossédées de leur patrimoine naturel. La logique du droit coutumier, sur lequel se basent les villageois en matière de coupe et de feu, se superpose au droit moderne, défendu par les rouages de l’Etat et ses services déconcentrés, à travers la Direction des Eaux et Forêts et la Direction des Parcs Nationaux. Ces Directions essaient de faire valoir plutôt la conservation comme gage de durabilité des ressources naturelles.
 
Une perspective de valorisation et de rénovation supposerait un regard critique sur les politiques de gestion et les stratégies palliatives initiées par les différentes parties afin de mieux comprendre leur dynamique.

… Et des Atouts

Aujourd’hui, la protection et la valorisation des Parcs nationaux sont adossées :
  • à la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles de 1968 [réserves naturelles intégrales : protection absolue ; les parcs nationaux : conservation de toute la faune et de la flore dans l’intérêt général ; 80 réserves spéciales : conservation d’une faune et d’une flore caractéristiques ; certaines activités humaines étant autorisées]
     
  • au Code de l’Environnement issu de la loi-cadre 2001 – 01 du 15.01.2001 qui expose les définitions, principes fondamentaux et instruments de protection de l’environnement ;
     
  • à la Convention Internationale de Diversité Biologique ;
     
  • au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques ;
Le Sénégal est créatif et participatif de la genèse du droit international de la valorisation des aires protégées. Pour autant, force est de constater que la gestion de ces aires n’a pas été efficiente. Sur la base de l’expérience réussie du Conservatoire Botanique National Corse, une méthodologie se dégage pour conserver une espèce [http://cbnc.oec.fr/Diffusion_des_connaissances_page_80_1,192.htm] [http://www.oec.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=128 en respectant un certain nombre d’étapes:
  1. Connaître la faune, la flore et leurs habitats et procéder à leurs inventaires
    La constitution d’un fonds documentaire étoffé de qualité est une préoccupation primordiale avec intégration de données issues de la littérature : acquérir des connaissances de l’espèce la plus commune à la plus rare, de l’espèce endémique à celles présentes sur le territoire d’agrément.
     
  2. Hiérarchiser les enjeux grâce à l’élaboration d’une liste rouge régionale
     
  3. Élaborer des plans de conservation
    Un Conservatoire National est le principal acteur qui relie les acteurs de terrains de plusieurs plans de conservation.

    • Dans le cadre d’une Stratégie pour la biodiversité, une Direction de la Nature et des Paysages, relevant d’un ministère de la protection de la nature met en place des Plans de Restauration Nationaux pour un certain nombre d'espèces ; lesquels plans s'appuient sur les structures scientifiques nationales et locales, sous l'égide d'un Comité de Pilotage, et sont validés à plusieurs échelles, par un Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel puis par un Conseil National de la Protection de la Nature. Le conservatoire est acteur ou relais de terrain de plusieurs de ces plans.
    • Au niveau international, le Conservatoire National participe en outre au travail d’évaluation des populations des espèces végétales.
       
  4. Mettre en œuvre ces plans de conservation en privilégiant la concertation
    A partir d’un certain nombre d’Expertises, y compris celles relatives à la restauration d’habitats, - menées notamment avec des professionnels, le Conservatoire National prend des mesures de conservation dans le domaine de la Prévention Incendie et dans le cadre d‘aménagements routiers ou de travaux entrepris par les gestionnaires d'espaces naturels.
     
  5. Informer et sensibiliser le Public
    A partir d’une demande du syndicat des producteurs de Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales de Corse, a été éditée une Charte de Cueillette Régionale des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales, laquelle charte allie le respect de l’activité de cueillette avec le respect du patrimoine floristique et constitue un document qui sert de base méthodologique aux propriétaires de terrain, tels que les communes et le Conservatoire .

POUR UNE AUTHENTIQUE VALORISATION DES AIRES PROTEGEES

Au Sénégal, une dynamique de concertation entre populations et autorités chargées de la gestion des parcs nationaux semble être amorcée depuis une dizaine d’années. Cette dynamique est à ses débuts et la réflexion menée s’oriente davantage vers la prise en compte des idées et aspirations des populations vivant à la périphérie des parcs. C’est ainsi que les parcs du Niokolo Koba (région de Tambacounda) et du Djoudj (région de Saint-Louis) ont initié beaucoup d’actions utiles de valorisation de certains produits en collaboration avec les populations locales qui perçoivent pas à pas l’importance de la plupart de ces sites classés patrimoine mondial de l’humanité. 
 
Il s’agit bien ici de la sauvegarde du patrimoine mondial, dont le patrimoine Sénégalais est partie intégrante, d’autant que les populations sénégalaises ont une propension à manifester spontanément un élan quand il s’agit de la préservation de ce qui a trait à la dignité de l’être, à ce qui relève du patrimoine commun à l’humanité.
 
C’est pourquoi, pour répondre aux diverses problématiques exposées, il est urgent d’élaborer un manifeste qui, d’une part, proclamerait la réaffirmation des principes de droit, et d’autre part, stimulerait la promotion de chartes sectorielles, émergeant de la concertation avec les populations concernées. Cela implique bien évidemment la mise en œuvre de nouveaux textes réglementaires.
 
Outre la protection de la qualité et de la diversité des paysages ainsi que celle des habitats, c’est aussi une formidable opportunité d’innovation que de :
  • Préserver l’harmonie de l’interaction entre les activités humaines et les milieux naturels,
  • Soutenir les modes de vie
  • Promouvoir les activités économiques en harmonie avec la qualité du patrimoine naturel et culturel, les manifestations sociales et culturelles traditionnelles.
C’est aussi promouvoir un tourisme favorisant la découverte des richesses aussi bien traditionnelles qu’innovantes dans le cadre d’un comportement de créativités responsables dont peuvent faire aisément preuve les populations villageoises. C’est du même coup encourager les activités scientifiques et éducatives des populations résidentes en leur apportant formation et accès à de nouveaux métiers, développement de l’économie locale et régionale et amélioration de l’environnement et de l’espace rural….
 
* Auteur: Daniel G.Goumalo Seck
La contamination des fleuves et des rivières par le mercure constitue un sérieux problème de santé publique de plus en plus préoccupant dans le bassin amazonien.

Ce mercure provient essentiellement des exploitations aurifères de plus en plus nombreuses dans cette partie du monde. Si cette contamination a fait l’objet de nombreuses études au Brésil et en Guyane française, ce n’est pas le cas de la Bolivie où pourtant l’orpaillage est très actif avec plus de 60 000 chercheurs d’or, 1 200 compagnies minières et 300 coopératives aurifères. Une équipe de chercheurs de l’IRD a, en collaboration avec des instituts de recherche boliviens et brésiliens, conduit pendant trois ans une enquête sur le bassin du rio Béni, l’un des principaux sites d’exploitation aurifère en Bolivie. Les résultats qui viennent d’être publiés révèlent des concentrations élevées de mercure, en particulier chez les poissons piscivores et les populations qui les consomment.
Depuis 1995, des chercheurs l’IRD (Institut de recherche pour le développement, ex-Orstom) conduisent, en collaboration avec des universités et instituts de recherches boliviens et brésiliens, un programme de recherche sur l’hydrologie et la géochimie des cours d’eau boliviens du bassin amazonien. Dans ce cadre, ils ont réalisé un diagnostic de la contamination par le mercure dans le bassin du rio Béni. Les résultats sont tout simplement alarmants :
En effet, 70% des poissons piscivores collectés par les chercheurs le long du rio Béni présentent des taux de mercure quatre fois supérieurs au seuil au-delà duquel ce métal est considéré par l’OMS (Organisation mondiale pour la santé) comme dangereux pour la santé humaine. Or, ces poissons constituent l’un des aliments de base des populations indigènes vivant sur les rives du Béni, qui sont alors contaminées.
Chez ces populations, des altérations du système nerveux, des troubles moteurs et oculaires ont pu être observés.
Le Sénégal échappe t-il à ce phénomène ?

Les résultats de cette étude nous ont interpellés par rapport à une situation similaire au Sénégal ou la fièvre de l’Or existe dans la région du Sénégal oriental plus précisément dans les confins de la Falémé un des principaux affluents du fleuve Sénégal.
Dès nos premières investigations, il est apparu que la contamination du bassin du fleuve Sénégal dépasse le cadre du mercure et concerne plus largement les polluants chimiques provenant de l’agro-industrie.
En effet, l’utilisation des pesticides dans l’agriculture irriguée, le rejet des eaux de drainage, et les résidus des produits industriels (sucre, tomate, riz) combinés aux aménagements hydro-agricoles ont été à l’origine de plusieurs problèmes de santé publique et d’environnement :
  • prolifération de maladies hydriques (bilharziose, paludisme, dysenterie, …)
  • pollution des eaux liées au développement de la culture irriguée et à l’agro-industrie (CSS, SAED au Sénégal – SONADER en Mauritanie);
  • prolifération des végétaux aquatiques envahissantes dans la vallée et le delta ;
Les pouvoirs publics sont conscients de la gravité de la situation et des mesures sont préconisées dans plusieurs directions :
Premiers enseignements tirés :
On constate une faiblesse des études et travaux scientifiques par rapport à l’ampleur du fléau et la non disponibilité d’informations chiffrées  et d’analyses pertinentes de la part des organismes publics encore moins des acteurs de l’agro-industrie.
Il est donc urgent de sensibiliser tous les acteurs étatiques, et non étatiques ainsi que les populations pour une prise en charge sérieuse de ce fléau qui guette les autres parties du pays avec en particulier la pollution du lac de Guiers qui est la principale source d’alimentation en eau de Dakar et ses environs.
Le tricycle est un mode de locomotion devenu emblématique en Asie, notamment en Inde en Chine.
Il connaît une évolution dans son mode de traction, sa commodité et notamment une innovation écologique qui réduit la pollution.
 
Au même moment, les Pays Africains pour lesquels certaines villes sont encore à l’ère de « l’homme-cheval », s’investissent vigoureusement dans l’introduction de tricycles motorisés dans leur système de mobilité urbaine.
 
Evolution des tricycles dans le monde émergent
C’est en 1868 que les tricycles ont commencé à circuler en Inde. De la traction humaine, le système a évolué vers la bicyclette puis vers la mobylette avant de devenir les cabines motorisées à 3 roues que nous connaissons aujourd’hui.
 
Sa vitesse qui ne dépasse pas les 10 km/h ainsi que la modicité de ses tarifs en font un moyen de transport très prisé par les couches les plus démunies de la population, habitant les coins les moins accessibles de New Delhi et de ses banlieues. Mode de transport usité par les populations mais aussi par les touristes, les tricycles ont beaucoup contribué à la pollution par le CO2 dans les grandes villes Indiennes, New Delhi et Calcutta notamment.
 
C’est en 1998 que le gouvernement Indien a commencé à se rendre compte du danger de la pollution induite par les tricycles à moteurs en gelant l’octroi de nouveaux permis. De nouveaux tricycles, fonctionnant au gaz naturel furent mis sur le marché.
 
En perspective de faire de New Delhi une « world class city » avant les jeux du Commonwealth de 2010, l’Inde a entrepris de grands travaux et a affiché sa volonté de lutter contre les gaz à effet de serre en annonçant la réduction d’au moins 20% de son intensité carbonique d’ici 2020.
 

 
     
Innovations dans ce mode de transport
Dans cette lancée, la recherche d’un système de transport peu polluant à amené New Delhi à interdire les tricycle-moteurs et a commencé à mettre sur le marché de nouveaux produits. Les rickshaws-vélos et moteurs, ces bicyclettes à trois roues qui servent de petits taxis avec trois passagers à l'arrière, sont progressivement en train de céder la place aux tricycles-vélomoteurs écologiques.
 
Ces tous premiers tricycles écolo ont débuté leur circulation dans la capitale indienne – New Delhi, le 02 octobre 2008 en présence du ministre des Sciences et des Technologies, Kapil Sibal, accompagné du Premier ministre du territoire, Sheila Dikshit.
 
Le véhicule fonctionne grâce à une batterie solaire d'une indépendance de 70 km. Plusieurs sites de recharge avec de larges panneaux solaires seront installés autour des stations de métro de New Delhi.
 
Le principal objectif de ce projet est de créer des emplois, d'offrir des conditions de travail décentes aux chauffeurs de rickshaws-vélos de la ville, tout en luttant contre le réchauffement climatique.
Malgré un prix de production relativement faible, autour de 250 euros, le Conseil de la recherche scientifique et industrielle qui a conçu ce prototype cherche toujours des partenaires industriels pour le développer à grande échelle. Le gouvernement espère pouvoir généraliser l'usage du véhicule avant le début des Jeux du Commonwealth qui se dérouleront en Inde en 2010.
 
Introduction au Sénégal
Au Sénégal, le système de transport régulier est en deçà des attentes des populations, ce qui amène l’Etat a fermer les yeux sur les transports irréguliers constitués par les taxis clandestins, les taxis pouss-pous, les charrettes pour le transport en commun, surtout dans les villes de l’intérieur du pays.
 
En effet depuis 2004, après le voyage effectué par le Président de la République Abdoulaye Wade en Inde, les tricycles à moteurs ont fait leur apparition au Sénégal avec des échantillons ramenés par le chef de l’Etat et qui seront par la suite gracieusement offerts à la police.
 
Les hommes d’affaires qui importent dorénavant ces tricycles les présentent comme une innovation capable de soulager le transport urbain du poids de la traction animale.
 
Ainsi la compagnie CCBM, depuis janvier 2009, en importe en partenariat avec les Chinois dont la perspicacité dans ce domaine nous met devant le risque d’être inondé par ces machines d’un autre âge.
 
SenIran auto envisage la production locale de tricycles à moteur bon marché pour le transport en commun, le transport de marchandises, le ramassage des ordures et même le transport des malades dans les villages reculés (ambulance).
 
Orientations
Aujourd’hui ces tricycles à moteurs sont visibles aussi bien dans les marché que dans la ville. La production envisagée par SenIran autos risque d’inonder le Sénégal d’un moyen de transport non seulement polluant mais contribuant fortement à augmenter la facture énergique du pays.
 
En réalité c’est une fausse innovation.
 
L’innovation modèle dans ce domaine est le tricycle fonctionnant à l’énergie électrique ou solaire. Il est impératif pour l’Etat du Sénégal de comprendre ce phénomène.
 
Des villes comme Kaolack ou Fatick, où le système de transport en commun est défaillant et qui ont connu des évolutions des mobylettes BB, P50, L2, CIAO SI et aujourd’hui Jakarta sont des marchés ouverts à cette « innovation » ; Dakar, avec ses grands marchés, ses marchands ambulants, ses pouss-pouss, encore plus.
 
Le risque est que le Sénégal risque d’être le nouveau dépotoir de toutes ces machines à moteur qui ne sont plus de mise dans les pays émergents.
 
En fait, le tricycle électrique est la réelle innovation qui mérite d’être encouragée.
 
En effet, en dehors de la propreté de cette énergie et des économies qu’elle engendre, elle ouvre la voie à l’implantation de bornes électriques fonctionnant à l’énergie solaire dans les villages les plus reculés du Sénégal, car le soleil est partout et en tout temps.
 
Elle permettra :
 
-          le transport des personnes avec des tricycles à cabine
-          le transport des marchandises avec des tricycles à benne
-          le ramassage des ordures ménagères
-          le transport des malades, car la plupart des ambulances dans les villages et les hôpitaux sont bloqués en raison du manque de carburant
 
Ainsi, on voit que tous les services peuvent être efficacement rendus si l’Etat opte pour la réelle innovation, car celle-ci peut être sujette à controverse en fonction de la vision politique de nos dirigeants à court, moyen ou long terme.

Auteurs: Abdoul Latif Aidara, Fadel Niang, Papa Ndiaye, Soudou Diagne

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