Afrique Innovante

Le blog des praticiens africains de l’intelligence économique

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Renforcer le lien nation / forces de défense et de sécurité par la mise en place d’un  dispositif civilo militaire de mobilisation des jeunes pour l’orientation, la formation, la qualification  et  l’emploi.

Par M. Diallo Babacar, Directeur CEDS et de l’EPIES de Dakar

Les premières années du siècle qui se sont installées, ont vu s’amplifier, de manière exponentielle et dans des conditions dramatiques, les flux migratoires d’importants contingents humains du Sud vers le Nord.

Les insoutenables images de fournées humaines sur de frêles embarcations à l’assaut de l’Europe à travers la Méditerranée et l’Atlantique, ou encore celles de corps sans vie sur des rivages ou dans le désert du Sahara, témoignent des grandes équations existentielles que posent les flux migratoires contemporains qui fuient la misère qu’ils vivent en Afrique pour aller à la recherche d’un hypothétique eldorado.
 
Cette situation est d’autant plus préoccupante que, depuis des décennies, les pays Européens ont proclamé la fin de l’immigration massive, s’appliquant davantage à la contrôler voire la réprimer, surtout quand elle est considérée comme « illégale ».
 
L’accélération et la massification des migrations vers le Nord, s’expliquent par la conjonction de multiples facteurs dont les plus importants sont : la persistance de la pauvreté, un niveau très élevé du chômage des jeunes, une démographie galopante et des politiques sociales et éducatives inadaptées qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à vaincre les grands fléaux endémiques qui entravent Développement et constituant un danger permanent la sécurité humaine.
 
C’est dans ce contexte global que s’inscrit cette communication qui propose un mécanisme très en amont pour la prévention de potentielles et virulentes crises sociales attentatoires à la paix et à la sécurité dont le chômage et le désœuvrement des jeunes dans les grandes villes et les grouillantes banlieues sera la cause profonde..
 
Le chômage et le désœuvrement des jeunes constituent pour les pays africains, la plus grande menace sociale de ce début du 21ème siècle, en ce qu il constitue une bombe a retardement et a destruction massive qui peut exploser a tout moment.
 
Sans formation, sans qualification et sans emploi, les jeunes, hommes ou femmes sont à la merci de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, pour le recrutement des futures terroristes, des narcotrafiquants et de l’émergence de toutes les formes de violences, de criminalité, de manipulations politiques de toute sorte.  
 
Qui plus est, dans des pays où tout est à construire, où on a besoin de toutes les ressources humaines, c’est un véritable paradoxe que d’y observer autant de chômage, de désœuvrements.
 
Ce doit être un impératif catégorique pour les états de la sous région
  • de prendre conscience de l’ampleur et de l’importance du danger qui se profile pour renverser radicalement la tendance en mettant en œuvre des alternatives nouvelles dans le cadre d’une stratégie globale, experte et durable de mobilisation des jeunes pour la formation, la qualification et l’emploi.
Si une telle opération était mise en œuvre, par son ampleur, par ses multiples effets collatéraux
  • elle impacterait positivement le développement économique et social de toutes les pays de la sous région tout inhibant toutes velléités de révolte, de soulèvement et de violence préjudiciables à la stabilité sociale la paix et a la sécurité.
PARTIES PRENANTES
 
Parties prenantes
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES
 
PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES

LES CONDITIONS

 
Les conditions
 
FINANCEMENT
 
Pour le financement de ce projet, Il sera fait appel :
  • au budget de l’Etat concerné,
  • à la solidarité nationale,
  • à la coopération bilatérale, multilatérale ,
  • au soutien des organisations internationales,
  • et aux autres formes de coopération telle que la coopération décentralisée.
En tout état de cause, le traitement politique et social du chômage des jeunes qui constitue une politique hardie de lutte contre la précarité et la prévention de toutes les velléités attentatoires à la sécurité humaine a un coût certes mais n’ont pas de prix.
 
Importance du projet
 
C’est un investissement absolument nécessaire dont la finalité ultime, au-delà de la réelle prise en charge de la sécurité humaine et de la protection des populations contre toutes les menaces et tous les risques nouveaux constitue un gage structurel pour la préservation de la paix sociale et un   vecteur orienté pour le développement économique et social de nos pays.
 
Contribuer a la mise en œuvre d un tel dispositif de mobilisation, d’orientation, de formation et d’ insertion pour l’ emploi des jeunes, c’ est concrètement œuvrer pour la défense de la paix et de la sécurité en Afrique en prévenant notamment le détournement dont notre jeunesse pourrait être victime du fait des agents recruteurs pour alimenter la horde des narcotrafiquants et des apprentis terroristes.
 
MODE OPERATOIRE
 
Dans tous les pays de la sous-région la guidance de ce dispositif serait confiée aux forces de défense et de sécurité, qui le mettraient à profit pour renforcer le lien armée –nation en s’impliquant activement , en relation avec les acteurs civils de la formation professionnelle et de l’insertion sociale dans cette nouvelle dynamique qui donnera de nouvelles raisons d’espérer à nos populations.
 
Nous indiquons ci-dessous le dispositif que nous proposons pour la mobilisation des jeunes pour la formation la qualification et l emploi contre le chômage.
DISPOSITIF CIVILO-MILITAIRE DE MOBILISATION DES JEUNES
 
CONCLUSION
 
Il n’est pas juste d’affirmer qu’en ce qui concerne le chômage des jeunes rien n’a été fait. On peut même dire que beaucoup a été fait, mais de manière « isolée et anarchique ordonnées », en dehors de toute planification stratégique et opérationnelle adossée a une gestion axée sur les résultats et intégrant l’ampleur du phénomène ainsi que la menace permanente qu’il représente pour la paix sociale et la stabilité des Institutions des pays de l’Afrique de l’Ouest.
 
Il est devenu urgent que les décideurs des pays africains comprennent qu’ils ont le devoir de résoudre les problèmes qui se posent à nos sociétés, entre autres, le chômage des jeunes dont les solutions multidimensionnelles pour le résoudre, existent.
 
Il importe juste que les Pouvoirs Publics africains comprennent que leur détermination à lutter contre le chômage et le sous emploi des jeunes est en partie considérablement annihilée par l’inadéquation des structures existantes et sutout par le manque de capacité et d’expertise des acteurs qui sont chargés de les animer.
 
Mettre en place dans nos pays un véritable dispositif de formation et d’insertion pour lutter contre le chômage des jeunes par la formation et la qualification, pour offrir à chacun une qualification ,un emploi salarié ou une activité formelle génératrice de revenus,
 
tel est le défi qui doit être relevé pour permettre à la grande majorité d’accéder à un minimum de ressources afin d’échapper au désœuvrement, pour se mettre à l’abri de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, de l’émergence de toutes les formes de violence, de criminalité et de manipulation politique politicienne.
 
Nous sommes à la disposition des décideurs, des Pouvoirs Publics, de tous les Partenaires au développement tant sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral pour les aider à s’approprier du dispositif que nous proposons qui d’après notre expérience en la matière constitue un atout stratégique de tout premier plan pour lutter contre les conséquences désastreuses et inhumaines de la précarité sociale et pour prévenir les potentielles conflictualités qui peuvent en découler.
Romain Bonnet, Directeur des études de l'École Panafricaine d'Intelligence Économique et de Stratégie (EPIES), est interviewé par Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de Guerre Economique (Ecole de Guerre Economique (EGE), de Paris.
 
Où en est l’IE en Afrique ? L’IE est-elle un concept encore méconnu sur le continent africain ?
 
Contrairement à ce que l’on peut encore lire ou entendre, l'Intelligence économique n'est pas un concept nouveau en Afrique. Depuis une dizaine d’années, des dizaines de colloques, de nombreuses formations sur l’IE ont été organisés sur le continent rendant compte des efforts et de l’enthousiasme des acteurs africains à s’approprier le concept, à sensibiliser le grand public et à mettre en place des structures opérantes. Dans les domaines de la sensibilisation et même de la formation, le processus est bien avancé. Ce qui est vrai en revanche, c’est que la pratique de l’IE reste globalement embryonnaire et que la mise en place de dispositifs d’IE varie selon les régions et les pays africains.
 
Peut-on alors dresser un état des lieux  exhaustif de l’IE en Afrique ?  Y a-t- il des régions et des pays leaders ?
 
On peut de manière schématique dresser un état des lieux de l’IE en Afrique. L’Afrique du Nord est la région phare en matière d’IE. Parmi les pays du Maghreb, le Maroc fait figure de pionnier en la matière. S’inscrivant dans la stratégie nationale d’intelligence économique, le royaume, il ya quelques années, s’est doté d’un Centre de Veille Stratégique (CVS), positionné auprès du Premier Ministre, qui a pour mission d’observer les mouvements de capitaux découlant des investissements directs étrangers (IDE) à travers le monde en rapport avec le Maroc. Mais le secteur privé n’est pas en reste : les grandes entreprises telles que l’ONA (Omnium Nord Africain), l’ONE (Office Nationale d’Electricité) ou encore l’OCP (Office Chérifien de Phosphate), se sont dotées, dès la fin des années 90 de cellules de veille pour protéger leur développement et leurs investissements. D’autres initiatives plus générales ont été menées par des organismes ou des associations comme l’association R&D Maroc qui organise régulièrement des séminaires sur l’innovation, la veille et la compétitivité ou l’Association marocaine d’IE présidée par l’ex-ministre Driss Alaoui Mdaghri qui se mobilise sur le sujet depuis plusieurs années et qui milite pour la création d’une agence nationale de l’IE appuyée par une war room informationnelle. Il existe également des sites bien référencés traitant de veille et d’IE dans le royaume[1].
 
Suivant l’exemple marocain, la Tunisie et l’Algérie démontrent un réel volontarisme dans le domaine de l’IE comme en témoigne les nombreux symposiums et autres colloques sur le « Knowledge management » ou « l’apport de l’IE dans le management de l’entreprise » organisés chaque année à Alger et Tunis, depuis plus de quatre ans. Toutefois, si l’Etat tunisien planche actuellement sur la nécessité de créer une agence gouvernementale de collecte d’informations au service des entreprises, l’IE s’agrège en Tunisie (mais aussi en Algérie) plutôt autour du secteur privé.
En Afrique sub-saharienne, l’Afrique du Sud est assurément le pays le plus avancé dans le domaine de l’IE. L’Etat applique une politique d'intelligence économique au service de la transition de l'économie sud-africaine basée sur l’innovation au service d’une économie de la connaissance. 
 
Ainsi, après avoir défini sa stratégie nationale en recherche développement, le gouvernement sud-africain a décidé la création d’une Agence pour l’innovation technologique dont l’objectif est de stimuler l’innovation technologique tant dans le secteur privé que public en favorisant l’investissement en capital risque et les investissements étrangers. L'Agence assure également un rôle de veille technologique dans le pays et dans le monde entier afin de fournir les informations nécessaires aux décideurs publics et privés. Les grandes entreprises dans le secteur des télécoms ou des mines se sont également dotées de systèmes d’IE performants.
 
Dans le reste du continent, la pratique de l’IE reste rudimentaire et disparate.
 
En Afrique centrale, il existe des cabinets privés africains dont la majorité de la clientèle reste des entreprises étrangères. Au Cameroun, l'IFTIC-SUP de Yaoundé est en train de mettre en place en partenariat avec l’Université d’Angers deux Masters en Technologies de l'Innovation qui font une large part à l’intelligence économique. Au Gabon, le groupe d’études de recherche sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines de l’université Omar Bongo milite pour la création d’un pôle d’IE national au sein duquel l’université et la recherche devrait jouer un rôle stratégique.
 
En Afrique de l’Ouest, le Niger, en mars 2009 [2] et le Bénin au mois d’avril 2010 [3] ont organisé des colloques de sensibilisation sur la compétitivité des entreprises et l’IE territoriale qui ont rencontré de grands succès. Toutefois, dans la région, ce sont la RCI et le Sénégal qui ont le plus de structures en la matière même si cela reste, malgré tout, hétéroclite. En RCI, l’IE est avant tout l’affaire de cabinets privés qui ont pignon sur rue depuis de nombreuses années. L’Etat semble plus en retrait même si des actions de sensibilisation menées par les chambres de commerce et d’industrie sont en cours.
 
Au Sénégal, la situation est inverse. Les grandes entreprises : Senelec (électricité), Sar (raffinerie), Sde (eaux) et Sonatel (télécoms) n’ont pas de structures dédiées à l’IE. Elles externalisent leurs études, parfois à des cabinets spécialisés locaux et le plus souvent à des cabinets étrangers. Au niveau étatique, il existe un conseiller présidentiel en charge de l’IE, un dispositif d’IE logé au Ministère des finances et une Agence sénégalaise pour la promotion des exportations (Asepex), (créée en 2005) qui dispose d’un pôle d’IE regroupant des compétences en matière d’informations commerciales et de commerce électronique, y compris les outils de marketing et de veille technologique. Toutefois, ce dispositif étatique demeure incomplet et souffre d’un manque de coordination et de moyens.
 
C’est pourquoi l’Etat sénégalais qui ambitionne de se doter d’une réelle et efficace politique publique d’IE a décidé, en novembre 2008, d’encourager l’initiative du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar[4] portant sur la création d’une Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES) basée à Dakar.
 
Chargée de dispenser son programme de troisième cycle de formation et de renforcement des capacités axé sur l’IE auprès de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et décentralisée ainsi qu’à des décideurs du secteur privé, l’EPIES, en partenariat avec l’Ecole de Guerre Economique de Paris, a un triple objectif :
  • former les décideurs sénégalais afin d’aider les pouvoirs publics sénégalais à mettre en place un dispositif national d’IE ;
  • attirer des cadres du secteur privé afin de propager la pratique de l’IE au sein du monde de l’entreprise ;
  • attirer des décideurs africains de pays limitrophes afin d’essaimer dans un deuxième temps dans toute la sous-région.
Le programme de la session 2009/2010 qui vient de s’achever fin juin 2010 s’est articulé autour de cours théoriques (knowledge management, communication d’influence et stratégie d’influence, management des systèmes d’information et d’intelligence économique…) et d’exercices pratiques (recherche d’informations sur les innovations dans le domaine de la valorisation des territoires dans les économies émergentes, création d’un blog de communication d’influence[5]) traitant de problématiques liées au développement et à l’innovation au service d’une économie de la connaissance.
 
Dispensés par des experts et des spécialistes des questions de management stratégique et d’IE de l’EGE de Paris, les cours et les exercices pratiques ont rencontré un vif succès auprès des auditeurs et la deuxième session 2010/2011 se prépare sous les meilleurs auspices. Elle sera axée sur le monde de l'entreprise et des institutions financières en traitant de thèmes et de cas pratiques opérationnels qui s’articuleront des techniques de veille concurrentielle et commerciale mais aussi de protection et de défense du patrimoine informationnel et des connaissances. Dans un marché de plus en plus concurrentiel et mondialisé, les entreprises sénégalaises se rendent compte que l’IE est
un outil indispensable au service de leur compétitivité. 
 
Après avoir brossé rapidement l’état des lieux en matière d’IE sur le continent, quelles propositions, quelles recommandations pourrait-on formuler à nos partenaires africains pour favoriser l’essor de l’IE ?
 
Il est difficile de formuler des propositions globales dans ce domaine car il faut coller aux réalités et aux spécificités locales qui, comme vous le savez, sont multiples sur le continent. Toutefois, de façon empirique, en capitalisant sur les expériences réussies ou en cours de réussite, on pourrait imaginer mener des actions à plusieurs niveaux :
 
Au niveau étatique, il faudrait :
  • définir et développer une politique publique nationale de l’information et de l’IE ;
  • définir des secteurs stratégiques et prioritaires d’intervention ;
  • organiser un système national d’information et d’Intelligence économique (valoriser la démarche d’IE)

  • favoriser la création d’agence centrale d’IE dont la mission serait de collecter toutes les informations utiles au sein des entreprises publiques,  des directions régionales, des associations, des chambres de commerces, (…), sans oublier, la collecte des informations à l’extérieur du pays auprès des ambassades, des représentants commerciaux à l’étranger, etc ;
  • mobiliser le monde de l’éducation afin de former les élites et les décideurs au management de l’information (mise en place de référentiel de formation, création de sites internet, généralisation et démocratisation de la « webéducation », etc).

Au niveau régional, on pourrait :

  • décliner une politique régionale d’information et SNIE destinée à favoriser l’IE territoriale ;
  • inventer de nouvelles stratégies d’aménagement du territoire en capitalisant sur valorisation des réseaux locaux de compétence ;
  • développer et favoriser les partenariats publics/privés - optimiser les flux d’information entre le public et le privé.
Au niveau des entreprises :
  • créer et en favorisant la mise en place des cellules d’IE dédiées aux PME et PMI ;
  • diffuser la pratique de l’IE dans les entreprises ;
  • développer les réseaux relationnels entre professionnels et grand public (développement social networking, etc).
 
Dans cet article:
  • Romain Bonnet, Directeur des études de l'Ecole Panafricaine d'Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES), basée à Dakar
  • Christian Harbulot, Directeur de l'Ecole de Guerre Economique (EGE), de Paris


[1] Par exemple, on peut citer Veille Maroc et IE Maroc qui ont pour but de regrouper la communauté s’intéressant au sujet. Portail bilingue, français/arabe, Veille.ma est le premier portail marocain qui traite de la Veille et de l’IE.

[2] En mars 2009, s’est tenu à Niamey un colloque sur la compétitivité des entreprises réunissant des experts africains et européens.

[3] Premier rassemblement national sur l’Intelligence Economique au Bénin, cet atelier a rassemblé les institutions publiques, les pme et pmi sur le thème : « Intelligence Economique et Intelligence Territoriale : pour la compétitivité, le développement des entreprises et des institutions au Bénin. »

[4] Sous le parrainage du président Wade, en partenariat avec la Délégation à la Réforme de l’Etat (DREAT), l’Agence de Régulation des télécommunications et des Postes (ARTP), l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) et la collaboration de l’Ecole de Guerre Economique (EGE) de Paris, le CEDS a organisé, le jeudi 27 novembre 2008, une « Journée d’information et d’appropriation axée sur l’Intelligence Economique ». Ce séminaire a rencontré une forte participation aussi bien des hauts cadres de l’administration publique et privée que des représentants des organismes internationaux. Lors de son discours, l’ex- Secrétaire général de la Présidence, Monsieur Abdoulaye Baldé, a noté que ce séminaire constituait un « point de départ important pour la mise en place des bases solides d’un dispositif d’IE, pour un Sénégal émergent ».

[5] Www : afrique-innovante.com

Le Sénégal peut-il s’inspirer de l’expérience réussie du Conservatoire botanique Corse pour la valorisation de ses parcs nationaux et aires protégées ? *

Etat des lieux[1]

Situé à l’extrémité ouest du continent africain, à la limite de la zone sahélienne au nord et de la zone soudanienne au sud, le Sénégal dispose d’un vaste réseau d’aires protégées [1.613.790 ha soit environ 8 % du territoire national], implantées dans les zones les plus riches en potentialités naturelles [plus de 3500 espèces de plantes et 4330 espèces animales] et aux populations établies depuis longtemps sur
Les Parcs Nationaux sont des espaces naturels au sein desquels la chasse, la capture des animaux, l’exploitation des végétaux, des produits du sol ou du sous-sol sont interdites afin d’assurer une protection de la nature, l’éducation du public. Il s’agit de zones où la vie animale et végétale ainsi que leurs interrelations sont spectaculaires au point de justifier une exploitation touristique, éducative et récréative.
 
Les parcs nationaux du Sénégal

Des Enjeux dynamiques …

Les espèces végétales et animales des parcs, constituent pour la savane d'Afrique de l'Ouest une biodiversité unique et requièrent une nouvelle politique de protection et de sauvegarde. La gestion des parcs nationaux - en particulier les espaces classés, soustraits à la plupart des activités anthropiques -, est un des défis majeurs que doit relever le Sénégal, notamment en ce qui concerne la gestion durable et inclusive des ressources existantes. 
 
Les populations de proximité considèrent ces espaces comme leur propriété et à ce titre, réclament l’accès à ces ressources à des fins d’exploitation. L’enjeu est d’aboutir à une gestion intégrant la dimension humaine du développement des zones attenantes aux parcs et réserves tout en assurant la pérennité de ces ressources en voie de disparition ainsi que la valorisation de ce patrimoine dans un cadre touristique à développer.
 
Contrairement à leur ambition affichée et aux textes, l’administration exerce une souveraineté souvent répressive sans tenir compte des besoins des populations locales exacerbant des conflits d’intérêt. Celles-ci se sentent privées et dépossédées de leur patrimoine naturel. La logique du droit coutumier, sur lequel se basent les villageois en matière de coupe et de feu, se superpose au droit moderne, défendu par les rouages de l’Etat et ses services déconcentrés, à travers la Direction des Eaux et Forêts et la Direction des Parcs Nationaux. Ces Directions essaient de faire valoir plutôt la conservation comme gage de durabilité des ressources naturelles.
 
Une perspective de valorisation et de rénovation supposerait un regard critique sur les politiques de gestion et les stratégies palliatives initiées par les différentes parties afin de mieux comprendre leur dynamique.

… Et des Atouts

Aujourd’hui, la protection et la valorisation des Parcs nationaux sont adossées :
  • à la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles de 1968 [réserves naturelles intégrales : protection absolue ; les parcs nationaux : conservation de toute la faune et de la flore dans l’intérêt général ; 80 réserves spéciales : conservation d’une faune et d’une flore caractéristiques ; certaines activités humaines étant autorisées]
     
  • au Code de l’Environnement issu de la loi-cadre 2001 – 01 du 15.01.2001 qui expose les définitions, principes fondamentaux et instruments de protection de l’environnement ;
     
  • à la Convention Internationale de Diversité Biologique ;
     
  • au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques ;
Le Sénégal est créatif et participatif de la genèse du droit international de la valorisation des aires protégées. Pour autant, force est de constater que la gestion de ces aires n’a pas été efficiente. Sur la base de l’expérience réussie du Conservatoire Botanique National Corse, une méthodologie se dégage pour conserver une espèce [http://cbnc.oec.fr/Diffusion_des_connaissances_page_80_1,192.htm] [http://www.oec.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=128 en respectant un certain nombre d’étapes:
  1. Connaître la faune, la flore et leurs habitats et procéder à leurs inventaires
    La constitution d’un fonds documentaire étoffé de qualité est une préoccupation primordiale avec intégration de données issues de la littérature : acquérir des connaissances de l’espèce la plus commune à la plus rare, de l’espèce endémique à celles présentes sur le territoire d’agrément.
     
  2. Hiérarchiser les enjeux grâce à l’élaboration d’une liste rouge régionale
     
  3. Élaborer des plans de conservation
    Un Conservatoire National est le principal acteur qui relie les acteurs de terrains de plusieurs plans de conservation.

    • Dans le cadre d’une Stratégie pour la biodiversité, une Direction de la Nature et des Paysages, relevant d’un ministère de la protection de la nature met en place des Plans de Restauration Nationaux pour un certain nombre d'espèces ; lesquels plans s'appuient sur les structures scientifiques nationales et locales, sous l'égide d'un Comité de Pilotage, et sont validés à plusieurs échelles, par un Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel puis par un Conseil National de la Protection de la Nature. Le conservatoire est acteur ou relais de terrain de plusieurs de ces plans.
    • Au niveau international, le Conservatoire National participe en outre au travail d’évaluation des populations des espèces végétales.
       
  4. Mettre en œuvre ces plans de conservation en privilégiant la concertation
    A partir d’un certain nombre d’Expertises, y compris celles relatives à la restauration d’habitats, - menées notamment avec des professionnels, le Conservatoire National prend des mesures de conservation dans le domaine de la Prévention Incendie et dans le cadre d‘aménagements routiers ou de travaux entrepris par les gestionnaires d'espaces naturels.
     
  5. Informer et sensibiliser le Public
    A partir d’une demande du syndicat des producteurs de Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales de Corse, a été éditée une Charte de Cueillette Régionale des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales, laquelle charte allie le respect de l’activité de cueillette avec le respect du patrimoine floristique et constitue un document qui sert de base méthodologique aux propriétaires de terrain, tels que les communes et le Conservatoire .

POUR UNE AUTHENTIQUE VALORISATION DES AIRES PROTEGEES

Au Sénégal, une dynamique de concertation entre populations et autorités chargées de la gestion des parcs nationaux semble être amorcée depuis une dizaine d’années. Cette dynamique est à ses débuts et la réflexion menée s’oriente davantage vers la prise en compte des idées et aspirations des populations vivant à la périphérie des parcs. C’est ainsi que les parcs du Niokolo Koba (région de Tambacounda) et du Djoudj (région de Saint-Louis) ont initié beaucoup d’actions utiles de valorisation de certains produits en collaboration avec les populations locales qui perçoivent pas à pas l’importance de la plupart de ces sites classés patrimoine mondial de l’humanité. 
 
Il s’agit bien ici de la sauvegarde du patrimoine mondial, dont le patrimoine Sénégalais est partie intégrante, d’autant que les populations sénégalaises ont une propension à manifester spontanément un élan quand il s’agit de la préservation de ce qui a trait à la dignité de l’être, à ce qui relève du patrimoine commun à l’humanité.
 
C’est pourquoi, pour répondre aux diverses problématiques exposées, il est urgent d’élaborer un manifeste qui, d’une part, proclamerait la réaffirmation des principes de droit, et d’autre part, stimulerait la promotion de chartes sectorielles, émergeant de la concertation avec les populations concernées. Cela implique bien évidemment la mise en œuvre de nouveaux textes réglementaires.
 
Outre la protection de la qualité et de la diversité des paysages ainsi que celle des habitats, c’est aussi une formidable opportunité d’innovation que de :
  • Préserver l’harmonie de l’interaction entre les activités humaines et les milieux naturels,
  • Soutenir les modes de vie
  • Promouvoir les activités économiques en harmonie avec la qualité du patrimoine naturel et culturel, les manifestations sociales et culturelles traditionnelles.
C’est aussi promouvoir un tourisme favorisant la découverte des richesses aussi bien traditionnelles qu’innovantes dans le cadre d’un comportement de créativités responsables dont peuvent faire aisément preuve les populations villageoises. C’est du même coup encourager les activités scientifiques et éducatives des populations résidentes en leur apportant formation et accès à de nouveaux métiers, développement de l’économie locale et régionale et amélioration de l’environnement et de l’espace rural….
 
* Auteur: Daniel G.Goumalo Seck
La contamination des fleuves et des rivières par le mercure constitue un sérieux problème de santé publique de plus en plus préoccupant dans le bassin amazonien.

Ce mercure provient essentiellement des exploitations aurifères de plus en plus nombreuses dans cette partie du monde. Si cette contamination a fait l’objet de nombreuses études au Brésil et en Guyane française, ce n’est pas le cas de la Bolivie où pourtant l’orpaillage est très actif avec plus de 60 000 chercheurs d’or, 1 200 compagnies minières et 300 coopératives aurifères. Une équipe de chercheurs de l’IRD a, en collaboration avec des instituts de recherche boliviens et brésiliens, conduit pendant trois ans une enquête sur le bassin du rio Béni, l’un des principaux sites d’exploitation aurifère en Bolivie. Les résultats qui viennent d’être publiés révèlent des concentrations élevées de mercure, en particulier chez les poissons piscivores et les populations qui les consomment.
Depuis 1995, des chercheurs l’IRD (Institut de recherche pour le développement, ex-Orstom) conduisent, en collaboration avec des universités et instituts de recherches boliviens et brésiliens, un programme de recherche sur l’hydrologie et la géochimie des cours d’eau boliviens du bassin amazonien. Dans ce cadre, ils ont réalisé un diagnostic de la contamination par le mercure dans le bassin du rio Béni. Les résultats sont tout simplement alarmants :
En effet, 70% des poissons piscivores collectés par les chercheurs le long du rio Béni présentent des taux de mercure quatre fois supérieurs au seuil au-delà duquel ce métal est considéré par l’OMS (Organisation mondiale pour la santé) comme dangereux pour la santé humaine. Or, ces poissons constituent l’un des aliments de base des populations indigènes vivant sur les rives du Béni, qui sont alors contaminées.
Chez ces populations, des altérations du système nerveux, des troubles moteurs et oculaires ont pu être observés.
Le Sénégal échappe t-il à ce phénomène ?

Les résultats de cette étude nous ont interpellés par rapport à une situation similaire au Sénégal ou la fièvre de l’Or existe dans la région du Sénégal oriental plus précisément dans les confins de la Falémé un des principaux affluents du fleuve Sénégal.
Dès nos premières investigations, il est apparu que la contamination du bassin du fleuve Sénégal dépasse le cadre du mercure et concerne plus largement les polluants chimiques provenant de l’agro-industrie.
En effet, l’utilisation des pesticides dans l’agriculture irriguée, le rejet des eaux de drainage, et les résidus des produits industriels (sucre, tomate, riz) combinés aux aménagements hydro-agricoles ont été à l’origine de plusieurs problèmes de santé publique et d’environnement :
  • prolifération de maladies hydriques (bilharziose, paludisme, dysenterie, …)
  • pollution des eaux liées au développement de la culture irriguée et à l’agro-industrie (CSS, SAED au Sénégal – SONADER en Mauritanie);
  • prolifération des végétaux aquatiques envahissantes dans la vallée et le delta ;
Les pouvoirs publics sont conscients de la gravité de la situation et des mesures sont préconisées dans plusieurs directions :
Premiers enseignements tirés :
On constate une faiblesse des études et travaux scientifiques par rapport à l’ampleur du fléau et la non disponibilité d’informations chiffrées  et d’analyses pertinentes de la part des organismes publics encore moins des acteurs de l’agro-industrie.
Il est donc urgent de sensibiliser tous les acteurs étatiques, et non étatiques ainsi que les populations pour une prise en charge sérieuse de ce fléau qui guette les autres parties du pays avec en particulier la pollution du lac de Guiers qui est la principale source d’alimentation en eau de Dakar et ses environs.
Le tricycle est un mode de locomotion devenu emblématique en Asie, notamment en Inde en Chine.
Il connaît une évolution dans son mode de traction, sa commodité et notamment une innovation écologique qui réduit la pollution.
 
Au même moment, les Pays Africains pour lesquels certaines villes sont encore à l’ère de « l’homme-cheval », s’investissent vigoureusement dans l’introduction de tricycles motorisés dans leur système de mobilité urbaine.
 
Evolution des tricycles dans le monde émergent
C’est en 1868 que les tricycles ont commencé à circuler en Inde. De la traction humaine, le système a évolué vers la bicyclette puis vers la mobylette avant de devenir les cabines motorisées à 3 roues que nous connaissons aujourd’hui.
 
Sa vitesse qui ne dépasse pas les 10 km/h ainsi que la modicité de ses tarifs en font un moyen de transport très prisé par les couches les plus démunies de la population, habitant les coins les moins accessibles de New Delhi et de ses banlieues. Mode de transport usité par les populations mais aussi par les touristes, les tricycles ont beaucoup contribué à la pollution par le CO2 dans les grandes villes Indiennes, New Delhi et Calcutta notamment.
 
C’est en 1998 que le gouvernement Indien a commencé à se rendre compte du danger de la pollution induite par les tricycles à moteurs en gelant l’octroi de nouveaux permis. De nouveaux tricycles, fonctionnant au gaz naturel furent mis sur le marché.
 
En perspective de faire de New Delhi une « world class city » avant les jeux du Commonwealth de 2010, l’Inde a entrepris de grands travaux et a affiché sa volonté de lutter contre les gaz à effet de serre en annonçant la réduction d’au moins 20% de son intensité carbonique d’ici 2020.
 

 
     
Innovations dans ce mode de transport
Dans cette lancée, la recherche d’un système de transport peu polluant à amené New Delhi à interdire les tricycle-moteurs et a commencé à mettre sur le marché de nouveaux produits. Les rickshaws-vélos et moteurs, ces bicyclettes à trois roues qui servent de petits taxis avec trois passagers à l'arrière, sont progressivement en train de céder la place aux tricycles-vélomoteurs écologiques.
 
Ces tous premiers tricycles écolo ont débuté leur circulation dans la capitale indienne – New Delhi, le 02 octobre 2008 en présence du ministre des Sciences et des Technologies, Kapil Sibal, accompagné du Premier ministre du territoire, Sheila Dikshit.
 
Le véhicule fonctionne grâce à une batterie solaire d'une indépendance de 70 km. Plusieurs sites de recharge avec de larges panneaux solaires seront installés autour des stations de métro de New Delhi.
 
Le principal objectif de ce projet est de créer des emplois, d'offrir des conditions de travail décentes aux chauffeurs de rickshaws-vélos de la ville, tout en luttant contre le réchauffement climatique.
Malgré un prix de production relativement faible, autour de 250 euros, le Conseil de la recherche scientifique et industrielle qui a conçu ce prototype cherche toujours des partenaires industriels pour le développer à grande échelle. Le gouvernement espère pouvoir généraliser l'usage du véhicule avant le début des Jeux du Commonwealth qui se dérouleront en Inde en 2010.
 
Introduction au Sénégal
Au Sénégal, le système de transport régulier est en deçà des attentes des populations, ce qui amène l’Etat a fermer les yeux sur les transports irréguliers constitués par les taxis clandestins, les taxis pouss-pous, les charrettes pour le transport en commun, surtout dans les villes de l’intérieur du pays.
 
En effet depuis 2004, après le voyage effectué par le Président de la République Abdoulaye Wade en Inde, les tricycles à moteurs ont fait leur apparition au Sénégal avec des échantillons ramenés par le chef de l’Etat et qui seront par la suite gracieusement offerts à la police.
 
Les hommes d’affaires qui importent dorénavant ces tricycles les présentent comme une innovation capable de soulager le transport urbain du poids de la traction animale.
 
Ainsi la compagnie CCBM, depuis janvier 2009, en importe en partenariat avec les Chinois dont la perspicacité dans ce domaine nous met devant le risque d’être inondé par ces machines d’un autre âge.
 
SenIran auto envisage la production locale de tricycles à moteur bon marché pour le transport en commun, le transport de marchandises, le ramassage des ordures et même le transport des malades dans les villages reculés (ambulance).
 
Orientations
Aujourd’hui ces tricycles à moteurs sont visibles aussi bien dans les marché que dans la ville. La production envisagée par SenIran autos risque d’inonder le Sénégal d’un moyen de transport non seulement polluant mais contribuant fortement à augmenter la facture énergique du pays.
 
En réalité c’est une fausse innovation.
 
L’innovation modèle dans ce domaine est le tricycle fonctionnant à l’énergie électrique ou solaire. Il est impératif pour l’Etat du Sénégal de comprendre ce phénomène.
 
Des villes comme Kaolack ou Fatick, où le système de transport en commun est défaillant et qui ont connu des évolutions des mobylettes BB, P50, L2, CIAO SI et aujourd’hui Jakarta sont des marchés ouverts à cette « innovation » ; Dakar, avec ses grands marchés, ses marchands ambulants, ses pouss-pouss, encore plus.
 
Le risque est que le Sénégal risque d’être le nouveau dépotoir de toutes ces machines à moteur qui ne sont plus de mise dans les pays émergents.
 
En fait, le tricycle électrique est la réelle innovation qui mérite d’être encouragée.
 
En effet, en dehors de la propreté de cette énergie et des économies qu’elle engendre, elle ouvre la voie à l’implantation de bornes électriques fonctionnant à l’énergie solaire dans les villages les plus reculés du Sénégal, car le soleil est partout et en tout temps.
 
Elle permettra :
 
-          le transport des personnes avec des tricycles à cabine
-          le transport des marchandises avec des tricycles à benne
-          le ramassage des ordures ménagères
-          le transport des malades, car la plupart des ambulances dans les villages et les hôpitaux sont bloqués en raison du manque de carburant
 
Ainsi, on voit que tous les services peuvent être efficacement rendus si l’Etat opte pour la réelle innovation, car celle-ci peut être sujette à controverse en fonction de la vision politique de nos dirigeants à court, moyen ou long terme.

Auteurs: Abdoul Latif Aidara, Fadel Niang, Papa Ndiaye, Soudou Diagne

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