Afrique Innovante

Le blog des praticiens africains de l’intelligence économique

Author Archive

LA JUSTICE SENEGALAISE EST INDEPENDANTE ET SOUVERAINE: ELLE NE DISPOSE PLUS D'AUCUN MOYEN DE DROIT, POUR ACCEDER A LA DEMANDE DE L'UNION AFRICAINE.
 
Selon Monsieur DIALLO Babacar Directeur Général de l'Antenne Régionale du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris à Dakar et Directeur de l'Ecole Panafricaine d'Intelligence Economique et de Stratégie(EPIES) ni l'Union Africaine, ni les Nations Unies , ni l'Union Européenne sauf à vouloir créer un précédent en la matière et transgresser la souveraineté sénégalaise, ne disposent d'aucun fondement juridique pour exiger du Sénégal qu'il juge où extrade Hissène Habré.
 
Dans l'entretien qu'il nous a accordé, il estime que les victimes tchadiennes et les Organisations des Droits de l'Homme peuvent avoir toutes les raisons de ne pas être satisfaites du jugement rendu par la justice sénégalaise. Cette insatisfaction leur donne même le droit et le devoir de tout mettre en œuvre pour obtenir gain de cause pour autant qu'ils ont la profonde conviction que Monsieur HABRE est coupable des faits qui lui sont reprochés tout en sachant que , sur cette affaire Hissène Habré à le droit de son côté et ne peut plus être poursuivi au Sénégal quelle que soit la juridiction mise en œuvre.
 
Seulement, elles ne doivent pas le faire n'importe comment et surtout, elles doivent éviter de continuer à demander que le Sénégal juge Hissene Habré car cette voie là est sans issue.
 
"Il faut donc arrêter de dire que le Sénégal doit juger ou extrader  Hisséne Habré" dans la mesure où le Sénégal a déjà jugé Hissène Habré et ne peut plus le rejuger car les plaignants ont épuisé tous les recours que leur offre la justice Sénégalaise; il ne peut pas non plus être extradé parce qu'aux termes du jugement rendu par la plus haute instance de la justice sénégalaise, Hissène Habré n'a pas été reconnu coupable de quoi que ce soit: dans le jugement, la déclaration d'incompétence apparait comme le verdict rendu par la justice sénégalaise. Ce jugement bien entendu ne donne pas satisfaction aux plaignants. C'est la raison pour laquelle, selon Monsieur DIALLO, la partie civile soutenue par les Organisations des droits de l'Homme ,sachant qu'elle n'a plus de recours possible, en tout cas pas au Sénégal , s'est engagée dans une large campagne de communication d'influence et de contre influence pour incruster dans l'opinion publique l'idée que le Sénégal n'a pas jugé Hissène Habré et qu'il serait une terre d'impunité.
 
Dans cet entretien, le stratégiste, politologue et polémologue M. Diallo, Directeur Général de l'Antenne Régionale du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Paris à Dakar et de l'Ecole Panafricaine d'Intelligence Economique et de Stratégie ( EPIES) revient sur le procès hypothétique, souligne-t-il, voulu par l'Union Africaine contre Hisséne Habré.
 
Il déclare sans ambages que Hissène Habré ne peut plus, en droit, être jugé au Sénégal, dans la mesure où la justice sénégalaise s'est déjà prononcée sur le sujet et a déclaré son incompétence.
 
M. DIALLO, POUVEZ-VOUS NOUS FAIRE LA RETROSPECTIVE DE CETTE AFFAIRE
 
Je ne m'étalerai pas longuement  sur les évènements du 1er Décembre 1990 qui ont vu la prise du pouvoir au Tchad par Idriss DEBY et la fin du régime d'Hissène HABRE qui se réfugie au Sénégal.
Il faudra attendre le 26 Janvier 2000 pour  que des victimes tchadiennes soutenues par l'Association des Victimes de Crimes et Répressions Politiques  (AVCRP) portent plainte devant le tribunal régional hors-classe de Dakar contre Hissène Habré, refugié au Sénégal depuis 1990 et accusé d'actes de torture et de crimes contre l'humanité.
 
Le Sénégal , Etat parti de la" Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants", entrée en vigueur depuis le 26 juin 1987, est contraint selon les dispositions de l'article 7 de ladite convention de juger Hissène Habré ou de l'extrader. La justice sénégalaise déclenche sa mécanique. En Février 2000, le juge d'instruction Demba KANDJI, après avoir entendu les victimes qui ont déposé plainte, cite Hissène Habré à comparaître. Il inculpe ce dernier de complicité de crimes  contre l'humanité, d'actes de torture et de barbarie:Hissène Habré est placé en Résidence surveillée. Le parquet qui dépend directement du Ministère de la justice, donc de l'autorité politique étatique, s'était préalablement déclaré favorable aux poursuites contre Habré qui interjette appel le 18 Février 2000 par l'intermédiaire de ses avocats, de l'ordonnance d'inculpation du juge KANDJI, devant la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Dakar. La Chambre d'accusation rend son verdict le 4 Juillet 2000 et décide que le Sénégal n'a pas compétence pour poursuivre Hissène Habré parce que ses crimes n'ont pas été commis au Sénégal. Le 30 Novembre 2000, des victimes d'Hissène Habré de nationalité belge, d'origine tchadienne et vivants en Belgique déposent une plainte à Bruxelles contre Hissène Habré, en application de la loi dite de compétence universelle, pour crime contre l'humanité, crime de torture, crime d'arrestation arbitraire et d'enlèvement. Le 20 Mars 2001, la Cour de Cassation de la République du Sénégal qui avait été saisi par les Avocats des victimes contre l'arrêt de la Chambre d'accusation du 4 Juillet 2000, rend son verdict et rejette le pourvoi fondé par les victimes et la parti civile et confirme que le Sénégal n'a pas de compétence juridictionnelle pour juger des crimes commis par Hissène Habré.
 
Ce jugement de la plus haute instance judiciaire du Sénégal est le dernier acte qui met un terme à la procédure pénale engagée à l'encontre de Hissène Habré qui dorénavant tant qu'il sera au Sénégal bénéficie et est protégé en droit, par les effets du principe de "l'autorité de la chose jugée". C'est ce que la Cour de justice de la CEDEAO a d'ailleurs reconnu en disant que le Sénégal n'a plus le droit de juger Hissene Habré mais elle commet une grave erreur en lui demandant d'aider l'Union Africaine à mettre en place une juridiction internationale ad hoc.
 
SI ON VOUS COMPREND BIEN NI LE FORCING DES ONG NI CELUI DE LA JUSTICE BELGE NE PEUVENT ABOUTIR A UN JUGEMENT DE HISSENE HABRE?
 
En effet si les ONG et la justice belge respectent le droit au nom duquel ils disent se battre, ils doivent reconnaitre que le Sénégal a fait son devoir et a respecté tous ses engagements internationaux notamment les dispositions de la convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants. Ils doivent respecter le jugement rendu par les plus hautes juridictions sénégalaises. Ils doivent surtout éviter de faire pression sur l'Etat du Sénégal en le poussant à aller à contre courant du principe de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice.
 
Je dois préciser une chose: je ne dis pas que Hissene Habré ne peut plus être jugé ou ne doit plus être jugé. Je dis simplement qu'il ne peut plus être jugé au Sénégal et quelle que soit la juridiction qu'on irait inventer. Pas plus il ne peut plus être extradé vers quelque endroit que ce soit. On extrade une personne qui est inculpé ou qui est coupable.
 
Or donc, au terme du jugement rendu par ses plus hautes instances judiciaires, les autorités sénégalaises, sauf à violer les droits de l'homme qui sont inhérents à Hissène Habré, ne disposent d'aucun fondement juridique pour l'extrader. Et tant que, Hissène Habré respectera les lois sénégalaises, elles n'auront pas non  plus aucune raison pour l'expulser.
 
Après le retrait du Sénégal des discussions engagées avec l'Union africaine au sujet de la création d'une Cour international ad hoc chargée de juger l'ancien dictateur tchadien Hissène Habré. Quelle sera selon vous la suite des événements?
 
S'il est vrai que le Sénégal s'est retiré des discussions à propos de la création d'une cour internationale ad hoc, je dirai que c'est une bonne nouvelle et une excellente décision. Le Sénégal doit se battre pour se faire respecter en faisant respecter la décision de ses tribunaux.
 
L'Union Africaine dont les experts donnent l'impression de ne rien comprendre sur ce dossier va continuer à faire des pressions sur le Sénégal au risque de violer sa souveraineté dans le seuil but de défendre des intérêts qui ne sont pas africains. Ce qui est choquant dans cette affaire c'est qu'on veuille incruster dans notre tête que le Sénégal n'a pas jugé Hissene HABRE et que dans ce cas il faut l'extrader en Belgique et malgré tous les jugements rendus par la justice Sénégalaise.
 
Pourtant en matière de judiciarisation des relations internationales le cas d'Ariel Sharon, l'Ancien Premier Ministre Israélien constitue une jurisprudence incontournable que ni les organisations des droits de l'homme ni les Organisations internationales à caractère universel ni aucun juriste ou pays africains ne doivent ignorer.
 
En effet le 19 Juin 2001, des survivants palestiniens des camps de Sabra et Shatila déposèrent une plaine en Belgique contre Ariel Sharon qui est accusé de génocide, crimes contre l'humanité et violation des conventions de Genève conformément à la loi belge de compétence universelle de 1993, à propos des évènements qui se sont déroulés dans ces camps en Septembre 1982. Après différentes péripéties, notamment d'importantes pressions d'une certaine puissance, la loi belge de compétence universelle sera remplacée le 29 Juillet 2003. C'est à la suite de cette modification de sa loi que, le 24 Septembre 2003, la Cour de cassation de Belgique a déclaré la justice belge incompétente dans l'affaire Ariel Sharon. Ni les Nations Unis, ni l'Union Européennes , niHuman Right Watch, ni aucune organisation des droit de l'homme n'a estimé devoir lancer une campagne contre la Belgique et sa justice comme elles le font aujourd'hui contre le Sénégal.
 
A partir du moment où le juge belge a émis un mandat d’arrêt international contre Habré, est-ce que le Sénégal ne se trouve pas dans l’obligation de l’extrader ?
 
Votre question est très pertinente. Si le mandat d'arrêt international contre Hisséne Habré avait été lancé avant que ce dernier ne fût jugé par le justice sénégalaise, le Sénégal aurait été dans l'obligation de l'extrader. Il se trouve que la demande d'extradition des autorités belges est venue après que la justice sénégalaise eut rendu son jugement ultime pour en se déclarant  incompétente. A partir du moment où Hissene Habré n'est ni inculpé ni coupable de quoi que ce soit aux yeux de la justice Sénégalaise, le Sénégal ne dispose plus d'aucun fondement juridique pour engager une procédure d'extradition contre HABRE.
 
Pourtant, les victimes de l’ancien dictateur continuent de parler de dilatoire de la part de l’Etat…
 
En partie ils n'ont pas tord. Il faut reconnaitre que dans cette affaire l'Etat Sénégalais à commis une grave erreur. Face aux Nations Unies, à l'Union Européenne, aux Organisations des droits de l'homme, il n'a pas su mettre en œuvre une stratégie de communication de contre-influence pour réaffirmer avec force à la face du monde que le Sénégal a bien jugé Hissene Habré et qu'il ne peut pas aller à contre courant de la décision d'une justice qui se veut indépendante.
 
En lieu et place de cette attitude, l'Etat sénégalais s'engage à coopérer avec la Communauté Internationale pour juger Hissène Habré comme si ce jugement là n'avait pas déjà eu lieu. Je sais pourquoi l'Etat du Sénégal s'est maladroitement engagé dans cette voie mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler.
 
Par la suite, les autorités sénégalaises se sont rendus compte très certainement que la voie qu'elles empruntaient n'étaient pas la bonne. Les atermoiements et les hésitations commencent et toutes les parties favorables à la tenue d'un procès contre Hissene Habré ont le sentiment que l'Etat du Sénégal fait du dilatoire.
 
Cette affaire me rappelle un passage de l'"idéologie allemande où Karl Marx et Engels évoquent une observation de Feuerbach à propos des relations de pouvoir que l'Homme entretien avec les Dieu. En effet Feuerbach affirme que l'Homme est le démiurge de la réalité divine; que l'homme, après avoir crée Dieu, ploie sous le poids de Dieu, sa propre création. Du Sénégal à propos de l'affaire Habré, on peut dire la même chose. Sans aucune intervention étrangère, les tribunaux sénégalais se saisissent de l'affaire Habré, prononcent le jugement en déclarant que le Sénégal n'a pas de compétence juridictionnelle pour juger des crimes commis par Habré. Au lieu d'être conscient et fier d'avoir respecté tous les traités et engagements internationaux le Sénégal se laisse sombrer sous le poids du martellement d'une communication d'influence instrumentalisée à l'échelle internationale au point de se trouver fragilisé donnant l'impression de n'avoir jamais jugé Hissene Habré.
 
N’empêche qu’il y a beaucoup d’interrogations. Le président de la République lui même a manifesté à plusieurs reprises un ras le bol et le désir de se débarrasser du problème…
 
Oui le Président WADE a raison. Il n'est pas aidé. Regardez, le Sénégal est très certainement un des pays africains qui comptent le plus grand nombre de juristes. Des experts de haut niveau qu'on entend quasiment pas à propos de la question Habré
 
Quand on pense qu'aucun des juristes n'est intervenu pour dire au Président de la République que la modification de la Constitution par rapport à la question n'aura aucun effet…
 
Oui je pense que le Président à d'autres priorités et que ce dossier l'exaspère mais ne sait pas trop comment se le faire gérer parce qu'encore une fois il n'est pas aidé. Dans ce genre de situation on met en place un dispositif de veille stratégique confié à des experts rompus à la communication d'influence et de contre-influence et disposant de moyens aussi important sinon plus importants que ceux de Human Rights Watch et capables de se connecter avec toutes les instances des relations internationales aussi bien sur le plan politique que sur le plan diplomatique. Je ne pense pas que le Président WADE ait à sa disposition un tel outil. D’ailleurs, si vous me permettez de faire un aparté, je pense que l’Etat du Sénégal devrait rapidement mettre en place une politique publique d’Intelligence Economique afin de capitaliser sur ses ressources humaines et son savoir faire en vue d’être le plus compétitif possible.
 
Oui, il avait déclaré vouloir rendre le dossier à l’UA…
 
Ce n'est pas possible. Malgré toutes les initiatives prises dans ce sens, si on respecte le droit, aucune d'elles ne peut prospérer pour des raisons indépendantes de la volonté du Président WADE et même de l'UA. Je crois que le Président WADE, malgré tout, fera faire respecter par le Sénégal tous les droits que le Droit confère à HISSENE HABRE.
 
Ni l'Union Africaine, ni les Nations Unies ni l'Union Européennes, ne disposent de fondement juridiques pour exiger du Sénégal qu'il juge Hissene Habré, parce qu'il l'a déjà fait ou pour l'extrader, car il n'y a aucune charge qui pèse contre lui et les tribunaux sénégalais ne l'ont reconnu coupable en quoi que ce soit.
 
Je crois honnêtement que ce dossier était très simple au départ. C'est la maladresse des plaignants, l'amateurisme des Organisations des droits de l'Homme, le manque de vigilance des Experts des Nations Unies et peut-être l'ignorance par le premier Juge sénégalais qui a instruit ce dossier, des disposition du paragraphe 2 de l'article V de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants.
 
Autant de maladresses qui ont créé au Sénégal une situation de droit qui protège légalement Hissene Habré et dont les autorités sénégalaises ne peuvent pas se dévêtir tant qu'elles auront à cœur le respect de l'Etat de droit.
 
Qu’entendez-vous par maladresse de ses plaignants ?
 
Il fallait dès le départ que les plaignants réfléchissent à la manière dont ils allaient s’y prendre pour pouvoir obtenir la condamnation de HISSENE HABRE. Ils ont tout de suite porté plainte contre lui au Sénégal sans s'assurer que le Sénégal avait pris "les mesurent nécessaires pour établir sa compétence aux fins de connaître desdites infractions dans le cas où l'auteur présumé de celles-ci se trouve sur tout territoire sous sa juridiction et ou ledit Etat, ne l'extrade pas conformément à l'article 8 vers l'un des Etats visés au paragraphe 1 du présent article" (cf. article V Convention contre la torture….).
 
Personnellement je pense qu'au moment où la plainte contre HABRE était déposée, le Sénégal n'avait pas encore pris les dispositions pour satisfaire les dispositions de l'article V. C'est la raison pour laquelle, la Chambre d'accusation et contrairement ce que pensent les Experts des Nations Unies, ne pouvaient pas ne pas donner raison aux avocats d'HABRE qui avaient interjeté appel; le parquet aussi ne pouvait pas ne pas suivre la décision de la Chambre d'Accusation car au moment où le Juge KANDJI inculpait HISSENE HABRE, il n'y avait rien dans le droit sénégalais qui lui donnait cette compétence au regard des faits qui étaient reprochés à l'ancien Président tchadien.
 
Il faut également remarquer que la donne a changé depuis la découverte de documents de la police politique de Habré, par Humant Right Watch et la plainte déposée au niveau de la juridiction belge...
 
Tout cela ne change rien aux données du problème. Tous ces faits sont intervenus après le jugement rendu par la justice Sénégalaise.
 
Les autorités sénégalaises ont quand même demandé de l'argent à la communauté internationale pour juger Habré. L'argent est disponible et rien n'est fait?
 
En demandant que la Communauté Internationale prenne en charge tous les frais occasionnés par le tribunal ad hoc qui aurait été créé, les autorités sénégalaises n'ont fait que mettre en œuvre une stratégie dans ce sens dont elles n'avaient pas la maîtrise. Peut-être qu'un jour je révélerai pourquoi le Sénégal s'est trouvé dans cette situation, totalement sur la défensive.
 
Par ailleurs je pense que l'Union Européenne doit interpeller ses juristes pour leur demander s'il est opportun de mettre l'argent du contribuable européen dans un tribunal international ad hoc aux résultats hypothétiques.
 
Pour terminer, je pense que le Sénégal doit s'arc-bouter sur sa position et amener la Communauté international, à commencer par l'Union Africaine à respecter le jugement rendu par ses juridictions dans l'affaire HABRE.
 
Ce n'est pas parce que le jugement rendu ne donne pas satisfaction aux plaignants qu'ont doit nier l’existence d'une justice qui a été rendue en bonne et due forme.
 
La Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants exigeaient du Sénégal que Hissène Habré soit jugé ou extradé. Hissène Habré a été jugé à la suite d'une plainte introduite par ses présumés victimes. Le dossier est donc clos.
 
PROPOS RECUEILLIS PAR MONSIEUR COLY
DAKAR-MATIN
  • 0 Comments
  • Filed under: Gouvernance
  • Sous mandat de son Excellence, Monsieur Babacar DIALLO, Directeur du CEDS-Dakar, une délégation de l’ECOLE PANAFRICAINE d’INTELLIGENCE ECONOMIQUE et de STRATEGIE [EPIES]  a été dépêchée à ALGER pour participer au 5ème Colloque International sur l’Intelligence Economique et le Knowledge Management qui s’est déroulé à l’Hôtel Rhiad à Sidi Fredj (Alger) les 23 et 24 mai 2011.

    Ce Colloque – organisé par NT2S Consulting Inc[Information Security and Management Solutions] et sa filiale algéroise LOGE [Laboratoire en Organisation et Gestion des Entreprises] - s’est tenu sous le patronage du Ministère algérien de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des Investissements .

    21 Conférences et communications ont traité du thème général ‘De la Société des Savoirs à l’Economie de l’Intelligence : Les méthodes et les outils pour cerner, optimiser et relever les défis de la mondialisation et de la globalisation’’ .

    THEMATIQUES ET OBJECTIFS 

    Cet événement scientifique a constitué le cadre de développement des échanges sur les énonciations et principes fondamentaux de l’Intelligence Economique qui conduisent à la responsabilisation des décideurs quant aux modalités d’actions concrètes visant à pérenniser les performances des organisations .
     
    En couvrant l’ensemble des métiers d’entreprise ou d’organisations, en tant que systèmes structurés dans une logique de réseaux [Identification /Saisie / Interprétation /Production/ Utilisation des connaissances et de l’Information],les thématiques du Colloque
    • d’une part, ont suggéré des schèmes de management permettant le décryptage des tendances interactives mises en œuvre dans et par les procès organisationnels .
    • d’autre part, ont offert une approche comparative des pratiques d’Intelligence Economique afin de permettre aux acteurs publics et privés - qui développent des actions originales de veille et d’Intelligence Economique – de dialoguer et d’échanger à la fois sur les acquis et les perspectives qu’ils ont tracés dans ce domaine

    PROBLEMATIQUES ABORDEES

    Lors de l’ouverture du Colloque sont intervenus
    • Mme Fatiha NAAR, Directrice Générale du Cabinet Conseil LOGE [Algérie],
    • Mr Sofiane saadi, Managing Director NT2S Consulting Inc Vancouver [Canada/France],
    • Mr Mohammed Bacha, Directeur Général de l’IE au Ministère de l’Industrie [Algérie],
    • Mme Amina Kadri-Messaïd, Enseignante-chercheur au Cread Université Alger 2 [Algérie] ,
    • Mme le Professeur Claude Revel, Directrice du Master en IE et Km Skema Business School [France].
    D’emblée, Mr S. Saâdi  et Mme F. Naar ont suggéré des questions phares pour animer le Colloque :
    • Comment peut-on identifier les facteurs qui produisent un effet d’entraînement pour dynamiser les différentes fonctions au sein de l’entreprise et créer une dynamique de changement de la gestion de l’information dans un but proactif ?
    • Par quels procédés peut-on  identifier l’impact des systèmes d’information sur le développement des instruments d’Intelligence Economique dans les entreprises ?
    • Comment peut-on repérer les grandes réalisations dans la mise en place de projets d’Intelligence Economique dans les systèmes d’Information et ainsi les entreprises les plus novatrices dans ce domaine (structure, taille, implantation) ?
    • Quel type de structure organisationnelle facilite l’introduction de l’intelligence économique au sein des PME-PMI ?
    • Comment définir les facteurs de succès et d’échecs de l’Intelligence économique au sein des PME-PMI ?
    • En quoi les pratiques dans le traitement de l’information se différencient-elles d’une entreprise à une autre et d’un secteur à un autre de sorte que l’utilisation des technologies de l’information et la mobilisation des compétences s’avèrent faciliter de fait une démarche d’Intelligence Economique ou constituer des freins ?
    • Les grandes entreprises qui se sont engagées dans une démarche d’Intelligence Économique ont-elles réussi à faire de l’information un élément stratégique comparativement aux PME ?
    • Comment déterminer les critères d’évaluation (résultats/objectifs) qui permettent d’apprécier la pertinence économique d’une démarche d’Intelligence Économique ?
    • En quoi l’Intelligence territoriale est une condition nécessaire à toute politique publique d’IE et peut-on lister et apprécier les acquis et les expériences des actions menées dans ce cadre ainsi que les perspectives de développement qui se dégageraient ?
    • Quelle est la répartition des rôles et des responsabilités entre les structures institutionnelles et privées dans les démarches de développement régional d’Intelligence Économique ?

    CHAMP DES INTERVENTIONS

    Pour tenter de répondre à ce questionnement non exhaustif, les Conférenciers ont abordé plusieurs sujets et nourris de riches débats en Cinq ateliers .

    LES NOUVELLES FORMES DE MANAGEMENT PAR L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET PAR LA GESTION DES CONNAISSANCES
    • "Foresight and intelligence combined : How to develop better policy and Strategie’’ par le Pr Jonathan Calof, professeur spécialiste de la Veille concurrentielle internationale à l’Université d’Ottawa [Canada]
    • ‘’Construire une démarche d’influence/lobbying à partir de l’Intelligence Economique’’ par le Pr Claude Revel, Directrice du Master en IE et Km Skema Business School [France]
    • ‘’Information Stratégique et partenariat France-Algérie’’ par Dr Seddik Larkeche, Professeur-Chercheur ESC Saint Etienne [France]
    • ‘’La mise en place du knowledge management (KM) dans une entreprise dans le cadre des Fusac’par Mr Bernard Galea, Chief Security Officer FM Logistic Corporate Sas  [France]
    • ‘’la Formation au sein des entreprises algériennes : processus cognitif et accumulatif ou répétitif ?par le Dr Amina Kadri-Messaïd, Enseignante-chercheur au Cread Université Alger 2 [Algérie] 
    DISPOSITIF DE VEILLE ET INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
    • la Veille : enjeux pour les entreprises’’ par Mr Mohammed Faouzi Boucheloukh, Directeur Méthodes et Systèmes Informatiques Annaba [Algérie]
    • ‘’De la Business Information aux ratings non-financiers : les nouvelles cibles et stratégies d’Influence de l’IEpar Mr Guy Debaux, Marketing et Competitive Intelligence Global Sales & Business Development, Coface Nice [France]
    • ‘’ Event Intelligence – learning from all around’’ par le Pr Jonathan Calof, professeur spécialiste de la Veille concurrentielle internationale à l’Université d’Ottawa [Canada]
    LES EXPERIENCES DE KNOWLEDGE MANAGEMENT ET D’INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
    • ‘’La mise en place d’un dispositif de veille (rôle des hommes, des outils, des sources et de l’organbisation)’’ par le Dr Mounir Rochdi, Directeur Général de Cybion et fondateur de Veille.ma [France]
    • ‘’Mise en œuvre d’une solution de veille au Centre de Recherche et Développement de Sonatrach : Problématique de la définition du champ de veille’’ par Mr Abdelkrim Abdoun Chef du département IST –Division Laboratoires Sonatrach-Amont [Algérie]
    • ‘’Comment mettre en place une dynamique de veille ? présentation des meilleurs ptratiques ?’’ par Mr Jérome Bondu, Fondateur de la Société Inter-Ligere [France]
    DEMARCHES DE MISE EN PLACE DES DISPOSITIFS DE KNOWLEDGE ET  D’INTELLIGENCE ECONOMIQUE  
    • ‘’Sources d’informations stratégiques : De l’identification à l’analyse ‘’ par Mme Véronique Mesguich, Directrice de l’Infothèque du pôle Léonard De Vinci , La défense, Paris[ France]
    • ‘’Du désordre informationnel à l’intelligence du mot-clé : une intelligence empathique ?’’ par Mr Mohamed Oumellal, Directeur Veille TNS MEDIA et Expert Consultant à LOGE Paris [France]
    • ‘’L’adéquation IE et Système d’Information (SI) dans l’entreprise‘’  par Mr Ali Sokhal, Directeur business Development New Energy Algeria SpA (NEAL) Alger ; Formation IE (UFC/SKEMA) [Algérie]
    • ‘’L’Intelligence Economique et les entreprises algériennes – Témoignage et Retour d’expérience’par Mr Lotfi Halfaoui, Expert Industriel Directeur CEI HALFAOUI Alger [Algérie]
    • ‘’L’Intelligence Economique et les entreprises algériennes – Témoignage et Retour d’expérience’par Mr Lotfi Halfaoui, Expert Industriel Directeur CEI HALFAOUI Alger [Algérie]
    • ‘’L’Intelligence Stratégique dans les organisations professionnelles contemporaines, défis et perspectives – cas de l’Algériepar Mr Ilyas Laidani, Maître Assistant Centre Universitaire Tissemsilt Alger [Algérie] et par le Pr Ali Abedella, Professeur Université Alger 3 [Algérie
    IMPORTANCE DES OUTILS D’AUTOMATISATION DANS LA MISE EN PLACE DES FONCTIONS DE LA VEILLE , DU KNOWLEDGE ET DE L’INTELLIGENCE ECONOMIQUE
    • ‘’Le partenariat Public-Privé pour une démarche d’Intelligence Economique Régionale : le cas de l’Agence de Développement de l’Oriental au Maroc’’ par Mr Taoufiq Boudchiche, Economiste , Directeur de la Coopération et de la Promotion Economique – Agence de l’Oriental [Maroc] 
    • ‘’Mise en œuvre de dispositifs de veille : cas concrets et retours d’expérience sur le déploiement de la plate-forme de veille KeyWatch’’ par Mme Laurence Marcelli et Mr Thierry Regnier, responsable des Etudes CIO ISCOPE Paris [France]
    • ‘’le résumé automatique de texte est-il maintenant mature pour une industrialisation logicielle ? L’expérience de la société Mining Essential’’ par Mr Abderrafih Lehmam, Directeur Associé, et Mr Pierre-François Doucet, PDG de Mining Essential   [France]
    • ‘’Cloud Computing, ses avantages et ses risques pour une démarche d’Intelligence Economique’’ par Mr Hassane Mimoun, Professeur- Chercheur Responsable du Département Systèmes d’Information – ESIEE Management Paris [France]
    Outre les excellents contacts noués à la suite de la distribution de la plaquette du CEDS-Dakar, Mohammed TALL est intervenu lors des débats pour dire la grande richesse issue des travaux du Colloque et pour présenter buts et méthodes de l’EPIES et le CEDS-Dakar.
     
    Profitant de l’occasion, la délégation a annoncé que la IIème Conférence Internationale d’Intelligence Economique à DAKAR, organisée par l’EPIES, se déroulerait courant novembre 2011. Une invite solennelle à s’y rendre a donc été adressée à tous les participants et à nos hôtes algériens en particulier.
     
    L’accueil qui a été réservé aux délégués de l’EPIES a été des plus chaleureux . Aussi bien les Organisateurs que les intervenants et les participants au Colloque nous ont dit leur enthousiasme à découvrir l’existence de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie.
     
    Le12.11.2010, Romain BONNET – Directeur des études de l'École Panafricaine d'Intelligence Économique et de Stratégie (EPIES) – , interviewé par le professeur Christian HARBULOT  - Directeur de l'Ecole de Guerre Economique  (EGE) de Paris - déclarait que ‘’L’Afrique du Nord est la région phare en matière d’IE… Suivant l’exemple marocain, la Tunisie et l’Algérie démontrent un réel volontarisme dans le domaine de l’IE‘’.
     
    On mesure à quel point les propos tenus alors demeurent d’autant plus pertinents qu’ils se vérifient pleinement dans la réalité, laquelle est indéniablement porteuse d’énergies novatrices .
     
    Mohammed TALL, Chef Cellule Audit & Contrôle de Gestion ARTP (Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes) [Sénégal]
    Mohammed Naçr-Eddine BELDJERD, Avocat au Barreau de Toulon [France]
    Introduction
    Le droit à la santé est un droit fondamental de l’être humain consacré par de nombreux instruments internationaux sur les droits de l’homme et énoncé dans la constitution de nombreux pays dans le monde. Il est indispensable à l’exercice des autres droits humains auquel il est intiment lié (droit à l’éducation, à la nutrition, à la dignité à l’égalité, à la liberté…).
     
    Le droit à la santé et exemples d’instruments des Nations Unies sur les droits de l’homme:
    • Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966);
    • Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979);
    • Convention relative aux droits de l'enfant (1989).
    La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (1981) est un exemple d’instrument
    Le droit à la santé est un droit dans le champ duquel entrent les prestations de soins de santé appropriées en temps opportun ainsi que les facteurs fondamentaux déterminants de la santé tels que l'accès à l'eau potable et à des moyens adéquats d'assainissement, l'hygiène du milieu, du travail et l'accès à l'information relatives à la santé, notamment la santé sexuelle et génésique.
     
    De façon spécifique, on peut le subdiviser en:
    • droit à la santé maternelle, infantile et génésique;
    • droit à un environnement professionnel et naturel sain;
    • droit à la prophylaxie, au traitement des maladies et à la lutte contre les maladies, y compris le droit d'accès aux médicaments essentiels;
    • droit d'accès à l'eau potable
    Le droit à la santé suppose que les pouvoirs publics créent des conditions telles que chacun puisse jouir du meilleur état de santé possible. Ceci implique qu’ils doivent élaborer et mettre en œuvre des politiques qui répondent aux préoccupations de l'ensemble de la population et s’assurer de l’existence de services de santé de qualité. Ces services de santé doivent être disponibles, acceptables et accessibles.
     
    Ainsi, les  mesures à prendre, telles que stipulées dans l’article 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966), pour le plein exercice du droit à la santé doivent assurer:
    • la création de conditions propres à assurer à tous des services médicaux
    • la prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques, endémiques, professionnelles et autres, ainsi que la lutte contre ces maladies
    • la diminution de la mortalité infantile, ainsi que le développement sain de l'enfant;
    • l'amélioration de tous les aspects de l'hygiène du milieu et de l'hygiène industrielle;
    Les acteurs
    L’Etat a une obligation de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’assurer le plein exercice du droit à la santé. C’est à l’Etat qu‘incombe la responsabilité principale de la mise en œuvre des droits fondamentaux reconnus par la législation internationale, sous régionale et nationale
     
    Les Institutions Internationales et régionales, Partenaires au développement et bailleurs de fonds doivent s’assurer que les droits à la santé sont effectivement appliqués conformément aux actes signés par les Etats. Et que laide au développement prennent en compte cette dimension, en particulier dans le domaine de la santé.
     
    La population générale, tous les membres de la société, en particulier, ceux regroupés dans les associations, organisations non gouvernementales et acteurs non étatiques ont un rôle à jouer dans la réalisation du droit à la santé.
     
    Il convient de souligner que l’Accord de Cotonou (UE-Afrique) signé en 2000 consacre le respect des droits humains, de même que la participation des acteurs sociaux et associatifs locaux à la mise en œuvre des projets de développement.
     
    Contribution acteurs non étatiques
    Les acteurs non étatiques (associations, coopératives, mutuelles, ONG, syndicats ou entreprises) participent dans bien des pays à la fourniture de services de santé. De la santé de base à la santé reproductive et sexuelle en passant par la santé de la mère et de l’enfant, l’hygiène, la nutrition, le laboratoire d’analyses et la pharmacopée. Et sont devenues plus efficace dans la mobilisation des ressources.
     
    Ainsi, ils sont engagés dans de multiples actions utiles, pour assister les populations dans les régions. Leurs actions sont reconnues efficaces auprès des populations qu’ils servent et sensibilisent en contribuant à leur assurer une participation dans l’exercice de leur droit à la santé.
     
    De plus en plus, ils sont actifs dans les agendas de concertation et de négociation, de l’échelle locale à l’échelle internationale, pour promouvoir des changements dans les politiques publiques. Ils se constituent en réseau afin de donner du poids à leurs plaidoyers, de faire du lobbying auprès des instances-clés, d’infléchir l’opinion publique par des campagnes de sensibilisation et d’information et promouvoir le droit à la santé en tant que droit fondamental. C’est ainsi que des lois ont été votés dans le cadre du VIH/sida et la santé de la reproduction et que des actions sont régulièrement menées pour lutter contre toutes formes de discrimination et de violence et l’application effective des droits humains, en particulier les droits à la santé

    Expérience de l’ASBEF (Association Sénégalaise pour le Bien Etre Familial)
    Pionnière dans la défense des droits en matière de procréation, elle participe à la promotion des droits en santé sexuelle et reproductive. Elle contribue à l’amélioration de l’offre de service de qualité permettant l’augmentation des taux de couverture en planification familiale, en consultation prénatale et postnatale, et dépistage du cancer du col de l’utérus.
     
    Contribue à la lutte contre le VIH/sida par la mise en place de centre de dépistage et l’organisation de stratégies avancées de mobilisation et de dépistage
     
    Renforce l’implication des jeunes dans la définition de politiques en les impliquant dans la définition de stratégies propres pour eux, afin d’améliorer les perspectives des adolescents.
     
    Dispose d’un plan plaidoyer pour la réduction des obstacles socio culturels qui pèsent sur la prévalence contraceptive et l’accès des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR).
     
    L’ASBEF est engagée dans la constitution de réseau pour contribuer à l’amélioration de l’environnement juridique, économique et socio culturel favorable à la pleine jouissance des droits en matière de SSR. En particulier dans la mobilisation des acteurs de la société civile pour la prévention et la gestion des violences basées sur le genre, l’allégement de la loi sur l’avortement et l’effectivité du décret d’application de celle relative à la Santé de la Reproduction.
     
    plaidoyer de l’ASBEF pour l’atteinte des OMD tenu dans les locaux de l’ASBEF en présence de représentants du parlement et du Conseil Economique et Social
    Ci-dessus : plaidoyer de l’ASBEF pour l’atteinte des OMD tenu dans les locaux de l’ASBEF en présence de représentants du parlement et du Conseil Economique et Social

    Conclusion
    Il apparait que l’État ne peut plus être le seul acteur. Il doit collaborer étroitement et en toute transparence avec les acteurs non étatiques, dans un climat de respect et de confiance afin de promouvoir et développer le droit à la santé.
     
    En effet, la proximité du terrain et leur connaissance des populations les plus vulnérables permettent aux Les acteurs non étatiques de jouer un rôle irremplaçable dans l’identification des problèmes à résoudre et le suivi des politiques publiques
     
    Le champ d’application de cette collaboration comprend, entre autres, le partenariat (implication dans toutes les étapes du processus d’élaboration de politique), la consultation (prise en compte des avis et suggestions dans conception et mise en œuvre des programmes) et le partage des informations factuelles et pertinentes.
    La Côte d’Ivoire est plongée depuis le deuxième tour de la présidentielle dans une situation inédite sans issue claire avec deux présidents qui ont prêté serment et formé, chacun son  gouvernement. Un dénouement rapide de cette crise apparaît comme un impératif pour préserver les acquis de la zone économique et monétaire au bord de l’explosion. En effet, c’est la première fois depuis sa création en 1994 que l’UEMOA doit faire face à une crise politique et bientôt économique sans précédent, installée au cœur du pays qui est la locomotive de l’Union.
     
    La "démission"[1] forcée du Gouverneur de la BCEAO risque de compliquer les choses car les Chefs d'Etat des Pays de l'UEMOA ont raté l'extraordinaire occasion de démontrer la capacité de résilience des Institutions de l'Union même en période de très profonde crise, tout simplement par le respect de leur indépendance et  traités fondateurs.
     
    En considérant que les élections présidentielles constituaient la voie royale pour rétablir la paix et la sécurité en Côte d'ivoire, en ne subordonnant pas leur tenue à un "désarmement"[2] intégral préalable, l'Organisation des Nations Unies(ONU), l'Union Africaine (l'UA) la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) apprennent à leurs dépends, qu'il peut être illusoire de chercher à obtenir des résultats électoraux incontestables, en organisant des consultations au suffrage universel répondant aux normes internationales, dans un pays divisé ou les différents acteurs, tous armés ont adopté des stratégies finalisées.
     
    Pour n'avoir pas été vigilantes à ce propos, toutes ces organisations internationales précédemment citées, auxquelles il faut ajouter  les pays de la sous région ouest africaine sont condamnés à reconsidérer leurs certitudes avec humilité et envisager les voies politiques et diplomatiques pour venir à bout de ce nœud gordien.
     
    Des conséquences dans l’espace sous régional UEMOA
     
    La crise postélectorale en Côte d'Ivoire a d'importantes répercussions sur le fonctionnement de l'Union ainsi que sur la situation économique, monétaire et financière» de la sous région compte tenu du poids économique du pays qui représente entre 35 et 40% du PIB de l’UEMOA sans oublier ses conséquences sociales et humanitaires.
     
    En 2010, la Côte d’Ivoire a contribué à plus de 36% aux ressources propres de l’Union par le biais des reversements du Prélèvement communautaire de solidarité (PCS), devant le Sénégal (22,74%) et le Burkina Faso (10, 71%).
     
    Relativement limités en 2010, les effets néfastes de cette crise pourraient connaître un développement exponentiel au cours de l’année 2011 du fait de   la perturbation des circuits économiques et financiers et du ralentissement des échanges de biens et services aussi bien à l'intérieur de la Côte d'Ivoire qu'à l’extérieur, avec les autres Etats membres de l'Union.
     
    Le taux de croissance économique de l'Union établi prévisionnellement à environ 4% pour l’année 2011 pourrait ne pas se vérifier, à cause du blocus imposé aux matières premières exportées par la Côte d’ivoire.
     
    Les activités de l’UEMOA et de ses institutions, la BCEAO et de la BOAD devraient être affectées considérablement si la crise perdure en Côte d’Ivoire.
     
    Au niveau du marché monétaire et du système bancaire, le Trésor ivoirien n'arrive plus à faire face à ses engagements. La BCEAO a mis en place un ''mécanisme pour renouveler les titres publics échus de l'Etat de Côte d'Ivoire''.
     
    Au niveau du marché financier régional, des entreprises et l'Etat de Côte d'Ivoire ont des engagements importants, dont ''une bonne partie arrive à échéance en 2011.
     
    Le non respect de ces engagements pourrait affecter la confiance des investisseurs dans le marché'',
     
    Vers une dévaluation du FCFA suivi de l'éclatement de la zone?
     
    La "démission" du Gouverneur de la BCEAO dont nous avons parlé plus haut et la décision du " Président sortant"  de "réquisitionner" les Agences de la Banque centrale des Etats d`Afrique de l`Ouest (BCEAO) en Côte d`Ivoire doit être pris au sérieux par les Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’Union.
     
    La réplique de l’autre "Président entrant" reconnu par les instances régionales et internationales, ordonnant la "fermeture" des Agences de la BCEAO dans le pays à compter de ce mercredi 26 Janvier 2011, crée une situation sans précédent dont l’issue pourrait être fâcheuse pour la zone monétaire Ouest africaine qui s'est tirée une balle dans la jambe en convoquant la politique dans l'Institution monétaire.
     
    Le Président sortant agiterait déjà la menace de sortir la Côte d’Ivoire de la Zone Franc pour s'engager dans l’émission de sa propre monnaie. Si le conflit ne trouve pas d'issue négociée, si elle perdure en générant une certaine économie de guerre, il faudra alors redouter des lendemains sombres pour la monnaie commune.
     
    Il est utile dès maintenant d’étudier sérieusement quelles peuvent être les conséquences pour les pays de l'UEMOA d’un retrait de la Côte d’ivoire de la zone franc et quelle serait dès lors la viabilité du Franc CFA.
     
    Ainsi, des effets de la crise politique en Côte d’Ivoire se font déjà ressentir aussi bien dans le pays que dans la sous-région, notamment en matière d’inflation.
     
    En cause: la raréfaction des produits sur le marché, la perturbation des circuits d’importation et le renchérissement du transport et des assurances. De même, la situation pèse aussi sur les transferts d’argent effectués par les travailleurs immigrés en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, le retour éventuel de ces personnes, si leurs intérêts étaient menacés, aurait un impact social dévastateur dans les pays d’origine qui sont souvent ceux de l’UEMOA.
     
    A la lumière de tout ce qui précède, il est utile de rappeler la réussite que constitue la politique d’intégration économique et monétaire bien avant les européens qui n’ont même pas réussi à se doter d’une monnaie commune.
     
    Dés lors, n’avons-nous pas le devoir de tout mettre en œuvre pour trouver une sortie de crise qui préserve les intérêts du peuple ivoirien et des pays regroupés au sein de l’UEMOA.
     
    Dans la recherche d’une solution de sortie de crise , quel objectif stratégique les Chefs d’Etat des pays de la zone doivent-t-ils se fixer ? Continuer à se centrer sur la préservation des intérêts de l’un ou l’autre Président ? Ou alors se centrer de manière exclusive sur une recherche de solution qui préserve les intérêts des ivoiriens et des pays de la sous région ?
     
    Si on retient cette dernière, alors « peut importe que le chat soit blanc ou noir pourvu qu’il sache attraper les souris[3] ».
     
    Autrement dit, si la préservation des intérêts de la Côte d’Ivoire et des pays membres de la zone UEMOA est acceptée comme seul dénominateur commun pour une solution de sortie de crise, il faudra alors envisager tous les possibles y compris le partage du pouvoir comme ce fut déjà le cas en Afrique australe sans que la « Communauté Internationale » ne s’y opposât ; et ce fut la voie royale pour sortir de la crise aussi bien au Kenya qu’au Zimbabwe.
     
    Par rapport au recours à la force, préconisé par certains pays, quelle doit être la position du Sénégal ? Il est simplement opportun de rappeler que le Président WADE est lauréat du « Prix HOUPHOUET BOIGNY pour la paix ?
     
    Dans ces conditions nul ne comprendrait qu'il puisse se laisser entraîner dans une aventure qui ruinerait son crédit d'habile médiateur et de faiseur de paix avisé; ce que du reste, il avait déjà réussi à démontrer en Côte d'Ivoire en contribuant à créer les conditions d'un armistice entre "les forces nouvelles" et le pouvoir légal, ouvrant ainsi les perspectives de l' accord de Marcoussis transformé plus tard par celui de Ouagadougou qui, malheureusement a mis en évidence toutes ses limites.
     
    Par ailleurs, il ne faudrait pas minimiser l'hypothèse de voir les européens épiloguer sur l'instabilité potentielle de la Zone et de l’impact négatif de la crise sur le FCFA pour préconiser sa dévaluation et plus tard son décrochage de l’Euro.
     
    L'on peut se poser la question de savoir, sans pouvoir y répondre avec certitude, si l'Europe et cette "abstraction géopolitique" désignée par le vocable de "Communauté Internationale" ,n' ont pas contribué, dans leur prise de position absolue et précipitée à attiser la crise  en alimentant la radicalisation des deux parties en conflit?
     
    En effet , les Européens et les Nations Unies, s'adossant au principe de subsidiarité dans les relations internationales, devaient  dès l'éclatement de la crise post électorale, soutenir la mise en œuvre d'un processus gradué de sortie de crise en privilégiant les initiatives africaines: au sein de l'UEMOA d'abord, la CEDEAO ensuite, l'Union africaine enfin.
     
    C'est seulement après avoir constaté que ces organisations sous régionales et régionales sont dans l'impasse, qu'il eût alors fallu recourir au Nations Unies; et cette dernière instance, dans une démarche de sagesse, aurait pu faire appel aux bons offices de l'Organisation Internationale de le Francophonie(OIF)qui a une excellente lecture de la psychosociologie politique de cette région dont elle est originaire; et en cas de besoin à celle de l'Union Européenne.
     
    En termes clairs les Nations Unies, instance ultime de recours et dépositaire de toutes les prérogatives pour la défense de la paix et de la sécurité dans le monde, ne doivent intervenir que lorsque toutes les ressources des niveaux inférieurs ont été épuisées sans aucun résultat.
     
    Or donc, dans ce conflit ivoirien, ce fut l'amalgame. Toutes les instances internationales se sont succédé, entonnant la même partition, condamnant ou soutenant sans ménagement.
    Seule l'OIF a su adopter une attitude mesurée et pragmatique sans se désolidariser de "la Communauté Internationale[4] ".
     
    En faisant preuve de retenue incarnée dans une sage discrétion, elle préserve toutes ses chances d'être un acteur potentiel majeur accepté par toutes les parties en conflit, pour les aider à sortir honorablement de cette crise en préservant les intérêts de la Côte d'Ivoire et des autres pays de l'espace culturel francophone.
     
    L'Organisation Internationale de la Francophonie dirigée par le Président Abdou DIOUF qui inspire confiance et qui fait l'unanimité au plan international , aidée par le Président Jacob ZUMA et le Président Abdoulaye WADE[5] , constitue pour la communauté internationale, dans son acception le plus universelle, un puissant levier pour résoudre l'équation à plusieurs inconnus que constitue  la crise ivoirienne.   
     
    C'est d'ailleurs ici, le lieu de saluer et soutenir le coup de génie du Président Jacob ZUMA de l'Afrique du Sud qui, sans mimétisme institutionnel, à eu le courage de dire tout haut ce qu'il pense en affirmant qu'il est opposé à toute forme d'intervention militaire.
     
    A l 'opposée du Président de l'Afrique du Sud, il faut se méfier de la stratégie de puissance à peine voilée du Nigéria qui a toujours cherché sans succès, à étendre son hégémonie dans toute l’Afrique de l’Ouest mais n’y est pas encore parvenu, du fait du contrepoids économique de l’UEMOA en particulier de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.
     
    En tout cas, en cette situation difficile, tous les pays de l’UEMOA doivent renforcer leur solidarité et aider la Côte d’Ivoire à sortir de la crise pour conserver précieusement les ressources et les acquis inestimables de l’Union économique   et monétaire.
     
    Pour cela la balle est dans le camp de l'Union Africaine qui devra mettre à profit son prochain sommet vers la fin Janvier en sachant que le conflit ivoirien est une équation à plusieurs inconnus qui ne peut être résolue que par des voies politiques et diplomatiques.
     
    Elle doit être aidée en cela par l'ONU qui, en l'absence d'un précédent qui l'a mise en situation de valider une élection entre deux candidats à l'intérieur d'un pays, devrait prendre un peu plus de recul et faire preuve de retenue en laissant les pays et les Organisations régionales et sous régionales en première ligne, mener les négociations pour une sortie de crise qui préserve les intérêts de tous.
     
    L'Afrique n'a plus le temps ni les moyens de supporter une nouvelle guerre surtout si cette dernière devait être inspirée par des Organisations ou des Etats dont la mission première  est précisément de faire la paix.
     
    M Babacar DIALLO
    Directeur du Centre d'Etudes
    Diplomatiques et Stratégiques(CEDS) de Dakar
    Directeur de l'Ecole Panafricaine d'Intelligence
    Economique et de Stratégie(EPIES)
    ceds2010@yahoo.fr ; epie.epie@yahoo.fr
     www.afrique-innovante.com


    1 Il est permis de penser que les Chefs d'Etat des pays de l'UEMOA ont fait la pression sur le Gouverneur pour le pousser à la démission alors qu'il est irrévocable sauf en cas de faute grave.
    Reste maintenant à apprécier le nature des fautes qui sont reprochées au Gouverneur si toutes fois elles sont avérées en dehors de toutes considérations partisanes liées à la crise postélectorale.
    2   Dans le cas de la Côte d'Ivoire, nous avons toujours soutenu que terme désarmement était inapproprié. Il fallait engager la restructuration de toutes les forces belligérantes dans le des Forces Armées Nationales Ivoiriennes (FANCI)procéder au réarmement de la nouvelle armée nationale….unifier le pays et seulement après penser ,à l'organisation des élections présidentielles.  

    3 C'est la célèbre maxime lancée par DENG XIAO PING en 1977, après avoir neutralisé la "Bande des Quatre", pour justifier sa stratégie d'ouverture et de modernisation de la Chine qui , aujourd'hui, en si peu de temps, s'est hissée au rang de deuxième puissance économique mondiale.

    4 Nous savons que l'OIF s'est alignée sur la décision des Nations Unies et de la "Communauté internationale"; pour autant, elle n'a pas fait preuve d'activisme et est restée plutôt discrète sans en rajouter par rapport à la position officielle qu'elle a affichée.

    5 Pourquoi le Président Jacob ZUMA et pourquoi le Président Abdoulaye WADE ? Nous ne pouvons pas entrer dans les détails mais si notre analyse d'ensemble est partagé nous nous mettrons à disposition pour accompagner les facilitateurs dans le processus de négociation.

  • 0 Comments
  • Filed under: Gouvernance
  • I- L’enseignement supérieur en Afrique face aux institutions financières internationales
     
    La situation de crises répétitives liées à une mal gouvernance universitaire chronique et à des déterminants structurels (pertinence des formations héritées en relation avec la professionnalisation et l’insertion des diplômés, dérive des prestations sociales, politisation excessive de l’espace, faiblesse des investissements, déficits infrastructurels…) n’a pu autoriser la mise en œuvre correcte et à terme des différentes stratégies préconisées d’amélioration de la qualité de l’Enseignement Supérieur dans les pays Africains et leurs universités, en particulier ceux membres du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) et de l’Association des Universités Africaines – AUA.
     
    La tentation a toujours été grande de faire porter le chapeau aux institutions financières internationales et de leur reprocher leur immobilisme, voire leur refus d’accepter la réalité, et d’accompagner les processus enclenchés dans ces pays.
     
    En effet, ces institutions ont soutenu jusqu’à très récemment que l’enseignement supérieur n’était pas une priorité pour les pays en développement et que son financement était l’affaire des seuls bénéficiaires.
     
    C’est pourquoi, par exemple, la Banque mondiale continue à être perçue comme n’ayant pas suffisamment répondu à la demande croissante des clients pour des interventions en faveur de l’enseignement supérieur. Beaucoup pensent également que le volume des prêts en faveur de ce sous-secteur n’a pas été à la hauteur de l’importance du rôle des systèmes d’enseignement supérieur dans le développement économique et social. La Banque est généralement perçue comme une institution qui soutient uniquement l’éducation de base, plaide systématiquement pour la réaffectation des dépenses publiques de l’enseignement supérieur à l’éducation de base, promeut le recouvrement des coûts et le développement du secteur privé et décourage les pays à faible revenu d’envisager tout investissement en faveur de la formation supérieure du capital humain.
     
    Au vu de ces perceptions et des mutations rapides qui ont lieu dans le monde, et compte tenu de la persistance des problèmes traditionnels de l’enseignement supérieur dans les pays en développement et en transition, il était devenu urgent pour les institutions financières internationales de réexaminer leurs politiques et expériences dans l’enseignement supérieur.
     
    C’est ainsi qu’il est clairement apparu, avec la parution en 2000 du rapport « Higher Education in Developing Countries : Peril and Promise », que la Banque mondiale a réévalué sa stratégie relative à l’enseignement supérieur en remettant en question ses analyses antérieures et en plaçant désormais l’enseignement supérieur au cœur de ses priorités. Cela a été confirmé lors du colloque international « Globalisation: quels enjeux pour les universités? » qui s’est tenu à l’Université Laval (Québec, Canada) en septembre 2002. La Banque mondiale, est allée plus loin encore, en prenant le soin de démontrer la corrélation entre l’enseignement supérieur – désormais qualifié de vital – et le développement des pays émergents.
     
    Ce changement majeur de stratégie opéré par la Banque mondiale a été clairement exprimé dans l’avant-propos de l’ouvrage de Jamil Salmi intitulé «Construire les sociétés du savoir : nouveaux défis pour l’enseignement supérieur» et paru en 2003 dans les Presses de l’Université Laval.
     
    Pour sa part, l’UNESCO qui est reconnue comme étant la seule institution du système des Nations Unies investie d’une mission dans le domaine de l’enseignement supérieur, a soutenu lors de la Conférence mondiale de l'enseignement supérieur en 2009 : «qu’à aucune autre période dans l’histoire de l’humanité, le bien-être des nations n’a été aussi directement lié à la qualité et à la possibilité d’action de leurs systèmes et de leurs établissements d’enseignement supérieur ». L’UNESCO contribue ainsi à améliorer la qualité de l’éducation en renforçant les capacités de recherche dans les établissements d’enseignement supérieur et le partage transfrontière des connaissances.
     
    Plus récemment, dans un rapport réalisé par la Commission pour la libération de la croissance françaiseet repris par le journal Le Monde dans sa rubrique « Toile de l’Education » du 10 Novembre 2010, Jacques Attali Président de ladite Commission déclare: « l’école idéale ne prendra corps que si l’on concentre plus de moyens sur ses deux extrémités : l’enseignement préscolaire et primaire d’un côté, l’enseignement supérieur de l’autre ».
     
    Au niveau de l’Union Africaine, après l’évaluation des résultats de la première décennie de l’éducation en Afrique (1997-2006) à la demande du Sommet de l’Union Africaine, la Conférence des Ministres de l’Education (MINEDAF) a adopté un plan pour la Seconde Décennie de l’éducation en Afrique (2007-2015). Dans la mise en œuvre de ce plan, confiée à la Commission de l’Union, des rôles ont été définis au niveau de la Commission de l’Union mais aussi au niveau des Communautés économiques régionales et au niveau national des Etats membres. Un élément nouveau et central dans ce plan est l’harmonisation des programmes d’Enseignement Supérieur en Afrique, en vue de renforcer la mobilité académique.
     
    Dans cette nouvelle dynamique mondiale de mise en place d’une société dont le moteur principal est le savoir, il est donc devenu évident que l’Enseignement Supérieur, y compris la Recherche menée dans les Universités et les Instituts, joue un rôle crucial dans le développement des pays. Il doit leur permettre en particulier, de générer le capital humain nécessaire pour atteindre les objectifs définis dans leur plan de développement économique, social et culturel.
     
    De ce point de vue, une importance particulière doit être accordée à la qualité de l’Enseignement Supérieur dispensé dans les établissements nationaux publics comme privés. Il s’agit en particulier, de pouvoir produire « un nouveau type d’Homme », un Homme capable, entre autres : de développer un esprit constructif, créatif, novateur, critique ; d’apprécier les relations entre la pensée scientifique, l’action, la technologie, le développement de la qualité de la vie ; de maintenir et de considérer la discipline et le travail comme les pierres angulaires du développement de la nation et de celui des individus.
     
    Sous cet angle il faut saluer au niveau continental l’ouverture à Yaoundé – Cameroun de l’Institut Panafricain de Gouvernance Universitaire – IPAGU ainsi que l’initiative de l’Union Africaine consistant à mettre sur pied l’Université Panafricaine – UPA.
     
    Le premier « campus » de cette Université panafricaine – un futur réseau continental d’institutions formant des étudiants de troisième cycle et promouvant la recherche – ouvrira ses portes à l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud, et sera le premier des cinq sites qui seront accueillis par des institutions existantes sur le continent. L’UPA a pour objectifs d’améliorer l’excellence en matière de recherche et de former sur le continent des diplômés plus nombreux et plus qualifiés. Le campus en Afrique du Sud se focalisera sur la science spatiale. L’ouverture d’un deuxième campus est prévue en Afrique du Nord, probablement en Algérie et se focalisera sur la recherche dans le domaine de l’eau et de l’énergie. Les trois autres campus se pencheront sur les sciences de la vie et de la terre, les sciences fondamentales (physique et chimie), l’ingénierie, la gouvernance et les sciences sociales. Ces campus seront répartis entre l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest.
     
    Au niveau du Sénégal on ne peut manquer de se féliciter de la mise sur pied de l’Université du Futur Africain ainsi que de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie – EPIES
     
    L’aspect panafricain de ces nouvelles structures d’enseignement supérieur ne doit pas cependant occulter la nécessité qu’elles ont de s’intégrer dès le départ dans des réseaux qui constituent des moyens de renforcement des capacités de même que des cadres appropriés pour organiser la mobilité, la lisibilité et la visibilité universitaire. Comme exemple de réseaux nous pouvons citer la CRUFAOCI (Conférence des Recteurs d’Universités Francophones d’Afrique et d’Océan Indien) pour la définition des politiques d’enseignement et de recherche, le REESAO (Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest) pour la mise en œuvre des orientations, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur – CAMES chargé de l’évaluation des Enseignants et chercheurs, etc.
     
    Au sein de l’Agence Universitaire de la Francophonie – AUF d’autres structures fédèrent les établissements de formation universitaire utilisant la langue française et ayant des disciplines communes : CIDEFA (Agriculture), CITEF (Ingénieurs et techniciens), CIRIUSEF (Facultés des Sciences), CIDMEF (Médecine), etc. Des structures équivalentes existent pour les pays anglophones d’Afrique.
     
    Pour accompagner cette dynamique continentale et mériter la nouvelle confiance des institutions financières internationales, les universitaires devront veiller à mettre en place des dispositifs de résolution préventive et curative des dysfonctionnements administratifs et pédagogiques. Ces dispositifs devront être orientés vers l’action et être basées sur une démarche systémique et une approche qualité.
     
    II- . L’approche qualité dans les espaces universitaires africains
     
    II.1 Contexte
    La principale caractéristique actuelle de l’Enseignement Supérieur en Afrique est, sans conteste, l’existence d’une demande sans précédent, qui continue de s’accroître et de se diversifier.
     
    Malgré cette pression de la demande il nous faut sans cesse nous rappeler que c'est à son contenu, à sa qualité et à la crédibilité de sa certification que devrait être jaugée la valeur d’une formation.
     
    C’est ainsi qu’avec le basculement du système de l’Enseignement supérieur au LMD (Licence – Master – Doctorat), une typologie standard à quatre niveaux a été élaborée dans les pays membres du CAMES :
    • Le premier niveau de diplôme, niveau T, obtenu au bout de deux années d’études après le baccalauréat, englobe les formations dites “Technicien Supérieur” ;
    • Le deuxième niveau L, celui de la Licence, couronne trois années d’études après le baccalauréat est censé devenir le niveau de référence pour les études dans le système LMD ; La licence est comparable au “Bachelor degree” ;
    • Le troisième niveau M, celui du Master, sanctionne cinq années d’études. C’est à ce niveau que sont recrutés la majorité des cadres supérieurs ;
    • Le quatrième niveau D, le Doctorat, sanctionne au minimum huit années d’études après le Bac et constitue le grade le plus élevé de l’Enseignement supérieur. Il alimente le vivier de la Recherche et donc porte l’ambition d’excellence d’une Nation.
    Avec cette introduction progressive du système LMD partout en Afrique, l’Enseignement Supérieur est confronté à d’importants défis tels que l’égalité des chances dans l’accès, la quantité et la qualité des ressources humaines au niveau des établissements, la pertinence des formations par rapport aux besoins de la société et par dessus tout le financement.
     
    Alors que l’offre faisait surtout face aux aspects quantitatifs de la demande, la prise en compte de la qualité apparaît comme un nouveau défi, car ici, comme dans les autres secteurs économiques, il ne suffit plus de produire pour vendre, il faut, de plus en plus produire ce qui se vend, ce à quoi la mondialisation donne une dimension nouvelle. Il s’y ajoute ici, le besoin d’une plus grande mobilité académique concernant tant les étudiants que les enseignants et les chercheurs.
     
    A l’enseignement traditionnel résidentiel et présentiel, est venu s’ajouter l’enseignement transfrontalier avec ses différentes formes dont celle en ligne, où l’on retrouve, naturellement les mêmes exigences de qualité.
     
    Cela doit conduire à mettre en place un système d’Assurance Qualité, là où cela n’existe pas et à le renforcer là où cela existe.
     
    II.2 Système d’Assurance Qualité
     
    Environ un pays africain sur trois dispose d’une agence d’assurance qualité pour son enseignement supérieur (16 pays en 2007). Ce chiffre parait faible, mais il est important de souligner que près de 70% de ces agences ont été créées il y a moins de 15 ans. Les missions assignées à ces agences sont globalement les mêmes :
    • audits institutionnels (cas de l’Afrique du sud et de Maurice)
    • accréditation des institutions (cas de la plupart des agences)
    • accréditation des programmes (Cas de l’Afrique du sud, de Maurice, du Nigéria et du CAMES)
    Toutefois, des particularités apparaissent au plan opérationnel. Dans certains pays, par exemple, l’agence n’a autorité que sur les institutions privées d’enseignement supérieur (cas du Cameroun) alors que dans d’autres, elles ont progressivement étendu leur autorité aux institutions publiques (cas de l’Ethiopie, du Ghana, de Maurice, du Nigéria, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda ou de la Tanzanie). Il existe des pays (Ghana et Tanzanie par exemple) où la simple existence d’une agence formelle d’assurance de la qualité a incité les institutions d’enseignement supérieur à se conformer aux standards requis, notamment dans la perspective d’une éventuelle accréditation.
     
    Cependant, la seule existence de tels systèmes ne garantira pas l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur.
     
    En outre, dans un contexte où les ressources humaines (personnel enseignant en général, et de haut rang en particulier), les infrastructures et les équipements font défaut, l’assurance qualité en tant que telle n’est pas une condition suffisante pour garantir la qualité. Elle est une aide pour recenser les problèmes et les besoins en ressources, mais ne lève pas la contrainte de financement que connaissent de nombreux pays, qui font face à une forte expansion de leur enseignement supérieur.
     
    II.3 Recommandations
     
    La recommandation principale est de mettre en place, dans chaque pays membre du CAMES ou ayant des universités membres de l’AUA, une Commission (agence ou autorité) Nationale d’Assurance Qualité dont les missions seraient identiques à celles des agences déjà en place sur le continent mais qui serait en plus chargée d’examiner les demandes d’ouverture des institutions privées et de leur délivrer l’agrément.
     
    Nous inspirant des recommandations issues des journées de réflexion sur l’enseignement supérieur au Sénégal qui ont été organisées en 2009 par l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal – ANSTS, nous pouvons recommander que chacune des Commissions Nationales d’Assurance Qualité s’attaque aux défis suivants pour remédier aux dysfonctionnements répertoriés :
     
    Infrastructures
    • Réorganiser les programmes de construction d’universités (et dans les universités) pour tenir compte de l’adéquation entre accès massif des bacheliers dans le supérieur et qualité des formations ;
    • Rationaliser et mutualiser les moyens disponibles (infrastructures, équipements, etc.) entre structures d’une même université et entres universités ;
    • Encourager fortement la construction et l’équipement des bibliothèques, ainsi que l’édition universitaire par la valorisation des publications;
    • Créer des cités universitaires internationales dans les villes
    • capitales-universitaires. Ces cités comporteront des infrastructures sportives et culturelles adéquates et contribueront à une meilleure politique de l’hébergement en privilégiant l’excellence ;
    • Impliquer les collectivités locales dans la gestion sociale des étudiants (hébergement, soins médicaux, …) et promouvoir l’immobilier privé par une exonération des taxes pour aboutir à une baisse du coût de la location ;
    TIC, FOAD
    • Mettre en place des réseaux campus informatiques dans les universités, reliés aux réseaux nationaux d’éducation et de recherche ;
    • Former des experts locaux de grande qualité pour la mise en œuvre et la gestion des TIC ;
    • Regrouper les universités en consortium pour diminuer les coûts de connexion à l’internet ;
    • Mettre en place des centres de mutualisation informatique et technologique pour une gestion optimisée des ressources ;
    • Développer la visioconférence et le télé-enseignement dans chaque université ;
    • Concevoir et mettre en œuvre un système d’information unique pour l’enseignement supérieur.
    Curricula
    • Harmoniser les curricula;
    • Etablir un référentiel unique pour l’évaluation ;
    • Avoir des programmes officiels ou agréés par l’Etat ;
    • Mettre sur pied une commission nationale d’homologation des titres et diplômes ;
    • Contractualiser avec les universités publiques ;
    Ressources humaines
    • Proposer un cadre administratif harmonisé pour les structures de type universitaire et un autre cadre pour les structures non universitaires;
    • Recruter un personnel qualifié et en nombre suffisant ;
    Pour assurer la pertinence, la cohérence et la qualité dans les formations et curricula proposées par les universités, un certain nombre de dispositions sont nécessaires :
     
    Pédagogie
    • Diversifier les offres de formation en mettant en place une Commission de Concertation Ministère-Université-Milieux professionnels définissant les nouveaux créneaux d’enseignement à développer dans les Universités en harmonie avec leur milieu d’insertion ;
    • Organiser et appuyer l’Enseignement Supérieur Privé ;
    • S’inspirer de l’expérience des universités multi-sites ;
    • Mettre en place des passerelles entre les universités pour faciliter la mobilité des étudiants ;
    • Harmoniser les conditions d’accès aux écoles doctorales en tenant compte des spécificités ;
    • Susciter des vocations scientifiques au primaire et au secondaire par une bonne politique de communication à l’endroit des élèves ;
    • Mettre en place, à côté des filières classiques d’enseignement et de recherche, de nouvelles filières pré-professionnelles et professionnelles ;
    • Mettre en place des services communs universitaires d’information et d’orientation ;
    • avoir un taux d’encadrement qui se rapproche de celui des pays émergents, soit un enseignant pour 30 étudiants au plus.

    Documentation

    • Elaborer un plan stratégique pour une politique documentaire de l’enseignement supérieur ;
    • Dégager des crédits propres à la documentation dans le cadre des budgets des universités (au moins 5% du budget des universités) ;
    • Mettre en place des mécanismes favorables à une politique cohérente de développement des collections répondant aux besoins évolutifs de l’enseignement et de la recherche (manuels, ouvrages de référence, fonds vivants de périodiques, accès aux bases de données internationales) ;
    • Exploiter de manière efficiente les possibilités offertes par les TIC (équipement informatique performant, augmentation bande passante des universités, interconnexion des bibliothèques, système intégré de gestion des bibliothèques, portail informatique Web 2.0, etc.). Parmi les conditions d’agrément et/ou accréditation des établissements d’enseignement supérieur privé, inclure l’obligation de mettre en place des bibliothèques avec des budgets conséquents d’acquisition et de développement de collections ainsi que le recrutement de personnel qualifié ;
    • Assurer la formation continue des personnels des bibliothèques et développer leur expertise professionnelle pour une gestion efficiente des services documentaires et une bonne maîtrise des TIC ;
    • Mutualiser les ressources humaines, documentaires, technologiques par les institutions et appuyer les réseaux documentaires.

    Amélioration de la qualité

    • Concevoir un système national d’assurance qualité dont les missions et les statuts, l’organigramme et le fonctionnement seraient définis de manière concertée ;
    • Faire de l’évaluation institutionnelle interne une pratique et un outil de gouvernance et de gestion des établissements d’enseignement supérieur ;
    • Aider les établissements à renforcer leurs capacités techniques leur permettant d’assurer leur propre mécanisme d’assurance qualité interne par l’institutionnalisation de l’auto-évaluation ;
    • Faire de l’accréditation, comme le prévoit le CAMES, une condition sine qua non de la reconnaissance et de l’équivalence des diplômes, des titres et grades des établissements privés ;
    • Instaurer un mécanisme permettant avec l’expertise existante, d’évaluer les établissements, les programmes et les filières.
     
    III- Conclusions
     
    Les progrès accomplis en Afrique ces 50 dernières années dans le domaine de l’enseignement supérieur ont été immenses. Les défis qui restent à relever le sont tout autant. Les avancées les plus importantes ont trait à l’accès et à l’employabilité des diplômés. Pourtant, trop de personnes font encore des études sans apprendre
    grand-chose.
     
    La conséquence est qu’en Afrique nombreux sont les diplômés qui ne possèdent pas les compétences de base nécessaires pour survivre dans le monde complexe et compétitif de nos jours, sans parler des compétences nécessaires pour y prospérer. Le défi à relever, c’est donc d’améliorer la qualité de l’enseignement et la pertinence des connaissances acquises. À terme le succès du système se mesurera par le rendement interne (taux de réussite), le rendement externe (taux d’insertion) et le niveau de réalisation d’une culture axés sur l’éducation continue : l’éducation tout au long de la vie.
     
    Prof. Fadel NIANG

    Renforcer le lien nation / forces de défense et de sécurité par la mise en place d’un  dispositif civilo militaire de mobilisation des jeunes pour l’orientation, la formation, la qualification  et  l’emploi.

    Par M. Diallo Babacar, Directeur CEDS et de l’EPIES de Dakar

    Les premières années du siècle qui se sont installées, ont vu s’amplifier, de manière exponentielle et dans des conditions dramatiques, les flux migratoires d’importants contingents humains du Sud vers le Nord.

    Les insoutenables images de fournées humaines sur de frêles embarcations à l’assaut de l’Europe à travers la Méditerranée et l’Atlantique, ou encore celles de corps sans vie sur des rivages ou dans le désert du Sahara, témoignent des grandes équations existentielles que posent les flux migratoires contemporains qui fuient la misère qu’ils vivent en Afrique pour aller à la recherche d’un hypothétique eldorado.
     
    Cette situation est d’autant plus préoccupante que, depuis des décennies, les pays Européens ont proclamé la fin de l’immigration massive, s’appliquant davantage à la contrôler voire la réprimer, surtout quand elle est considérée comme « illégale ».
     
    L’accélération et la massification des migrations vers le Nord, s’expliquent par la conjonction de multiples facteurs dont les plus importants sont : la persistance de la pauvreté, un niveau très élevé du chômage des jeunes, une démographie galopante et des politiques sociales et éducatives inadaptées qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à vaincre les grands fléaux endémiques qui entravent Développement et constituant un danger permanent la sécurité humaine.
     
    C’est dans ce contexte global que s’inscrit cette communication qui propose un mécanisme très en amont pour la prévention de potentielles et virulentes crises sociales attentatoires à la paix et à la sécurité dont le chômage et le désœuvrement des jeunes dans les grandes villes et les grouillantes banlieues sera la cause profonde..
     
    Le chômage et le désœuvrement des jeunes constituent pour les pays africains, la plus grande menace sociale de ce début du 21ème siècle, en ce qu il constitue une bombe a retardement et a destruction massive qui peut exploser a tout moment.
     
    Sans formation, sans qualification et sans emploi, les jeunes, hommes ou femmes sont à la merci de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, pour le recrutement des futures terroristes, des narcotrafiquants et de l’émergence de toutes les formes de violences, de criminalité, de manipulations politiques de toute sorte.  
     
    Qui plus est, dans des pays où tout est à construire, où on a besoin de toutes les ressources humaines, c’est un véritable paradoxe que d’y observer autant de chômage, de désœuvrements.
     
    Ce doit être un impératif catégorique pour les états de la sous région
    • de prendre conscience de l’ampleur et de l’importance du danger qui se profile pour renverser radicalement la tendance en mettant en œuvre des alternatives nouvelles dans le cadre d’une stratégie globale, experte et durable de mobilisation des jeunes pour la formation, la qualification et l’emploi.
    Si une telle opération était mise en œuvre, par son ampleur, par ses multiples effets collatéraux
    • elle impacterait positivement le développement économique et social de toutes les pays de la sous région tout inhibant toutes velléités de révolte, de soulèvement et de violence préjudiciables à la stabilité sociale la paix et a la sécurité.
    PARTIES PRENANTES
     
    Parties prenantes
     
    PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES
     
    PUBLIC ET NOMBRE DE JEUNES MOBILISABLES

    LES CONDITIONS

     
    Les conditions
     
    FINANCEMENT
     
    Pour le financement de ce projet, Il sera fait appel :
    • au budget de l’Etat concerné,
    • à la solidarité nationale,
    • à la coopération bilatérale, multilatérale ,
    • au soutien des organisations internationales,
    • et aux autres formes de coopération telle que la coopération décentralisée.
    En tout état de cause, le traitement politique et social du chômage des jeunes qui constitue une politique hardie de lutte contre la précarité et la prévention de toutes les velléités attentatoires à la sécurité humaine a un coût certes mais n’ont pas de prix.
     
    Importance du projet
     
    C’est un investissement absolument nécessaire dont la finalité ultime, au-delà de la réelle prise en charge de la sécurité humaine et de la protection des populations contre toutes les menaces et tous les risques nouveaux constitue un gage structurel pour la préservation de la paix sociale et un   vecteur orienté pour le développement économique et social de nos pays.
     
    Contribuer a la mise en œuvre d un tel dispositif de mobilisation, d’orientation, de formation et d’ insertion pour l’ emploi des jeunes, c’ est concrètement œuvrer pour la défense de la paix et de la sécurité en Afrique en prévenant notamment le détournement dont notre jeunesse pourrait être victime du fait des agents recruteurs pour alimenter la horde des narcotrafiquants et des apprentis terroristes.
     
    MODE OPERATOIRE
     
    Dans tous les pays de la sous-région la guidance de ce dispositif serait confiée aux forces de défense et de sécurité, qui le mettraient à profit pour renforcer le lien armée –nation en s’impliquant activement , en relation avec les acteurs civils de la formation professionnelle et de l’insertion sociale dans cette nouvelle dynamique qui donnera de nouvelles raisons d’espérer à nos populations.
     
    Nous indiquons ci-dessous le dispositif que nous proposons pour la mobilisation des jeunes pour la formation la qualification et l emploi contre le chômage.
    DISPOSITIF CIVILO-MILITAIRE DE MOBILISATION DES JEUNES
     
    CONCLUSION
     
    Il n’est pas juste d’affirmer qu’en ce qui concerne le chômage des jeunes rien n’a été fait. On peut même dire que beaucoup a été fait, mais de manière « isolée et anarchique ordonnées », en dehors de toute planification stratégique et opérationnelle adossée a une gestion axée sur les résultats et intégrant l’ampleur du phénomène ainsi que la menace permanente qu’il représente pour la paix sociale et la stabilité des Institutions des pays de l’Afrique de l’Ouest.
     
    Il est devenu urgent que les décideurs des pays africains comprennent qu’ils ont le devoir de résoudre les problèmes qui se posent à nos sociétés, entre autres, le chômage des jeunes dont les solutions multidimensionnelles pour le résoudre, existent.
     
    Il importe juste que les Pouvoirs Publics africains comprennent que leur détermination à lutter contre le chômage et le sous emploi des jeunes est en partie considérablement annihilée par l’inadéquation des structures existantes et sutout par le manque de capacité et d’expertise des acteurs qui sont chargés de les animer.
     
    Mettre en place dans nos pays un véritable dispositif de formation et d’insertion pour lutter contre le chômage des jeunes par la formation et la qualification, pour offrir à chacun une qualification ,un emploi salarié ou une activité formelle génératrice de revenus,
     
    tel est le défi qui doit être relevé pour permettre à la grande majorité d’accéder à un minimum de ressources afin d’échapper au désœuvrement, pour se mettre à l’abri de la pauvreté qui constitue le terreau le plus fécond des crises sociales, de l’émergence de toutes les formes de violence, de criminalité et de manipulation politique politicienne.
     
    Nous sommes à la disposition des décideurs, des Pouvoirs Publics, de tous les Partenaires au développement tant sur le plan bilatéral que sur le plan multilatéral pour les aider à s’approprier du dispositif que nous proposons qui d’après notre expérience en la matière constitue un atout stratégique de tout premier plan pour lutter contre les conséquences désastreuses et inhumaines de la précarité sociale et pour prévenir les potentielles conflictualités qui peuvent en découler.
    Romain Bonnet, Directeur des études de l'École Panafricaine d'Intelligence Économique et de Stratégie (EPIES), est interviewé par Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de Guerre Economique (Ecole de Guerre Economique (EGE), de Paris.
     
    Où en est l’IE en Afrique ? L’IE est-elle un concept encore méconnu sur le continent africain ?
     
    Contrairement à ce que l’on peut encore lire ou entendre, l'Intelligence économique n'est pas un concept nouveau en Afrique. Depuis une dizaine d’années, des dizaines de colloques, de nombreuses formations sur l’IE ont été organisés sur le continent rendant compte des efforts et de l’enthousiasme des acteurs africains à s’approprier le concept, à sensibiliser le grand public et à mettre en place des structures opérantes. Dans les domaines de la sensibilisation et même de la formation, le processus est bien avancé. Ce qui est vrai en revanche, c’est que la pratique de l’IE reste globalement embryonnaire et que la mise en place de dispositifs d’IE varie selon les régions et les pays africains.
     
    Peut-on alors dresser un état des lieux  exhaustif de l’IE en Afrique ?  Y a-t- il des régions et des pays leaders ?
     
    On peut de manière schématique dresser un état des lieux de l’IE en Afrique. L’Afrique du Nord est la région phare en matière d’IE. Parmi les pays du Maghreb, le Maroc fait figure de pionnier en la matière. S’inscrivant dans la stratégie nationale d’intelligence économique, le royaume, il ya quelques années, s’est doté d’un Centre de Veille Stratégique (CVS), positionné auprès du Premier Ministre, qui a pour mission d’observer les mouvements de capitaux découlant des investissements directs étrangers (IDE) à travers le monde en rapport avec le Maroc. Mais le secteur privé n’est pas en reste : les grandes entreprises telles que l’ONA (Omnium Nord Africain), l’ONE (Office Nationale d’Electricité) ou encore l’OCP (Office Chérifien de Phosphate), se sont dotées, dès la fin des années 90 de cellules de veille pour protéger leur développement et leurs investissements. D’autres initiatives plus générales ont été menées par des organismes ou des associations comme l’association R&D Maroc qui organise régulièrement des séminaires sur l’innovation, la veille et la compétitivité ou l’Association marocaine d’IE présidée par l’ex-ministre Driss Alaoui Mdaghri qui se mobilise sur le sujet depuis plusieurs années et qui milite pour la création d’une agence nationale de l’IE appuyée par une war room informationnelle. Il existe également des sites bien référencés traitant de veille et d’IE dans le royaume[1].
     
    Suivant l’exemple marocain, la Tunisie et l’Algérie démontrent un réel volontarisme dans le domaine de l’IE comme en témoigne les nombreux symposiums et autres colloques sur le « Knowledge management » ou « l’apport de l’IE dans le management de l’entreprise » organisés chaque année à Alger et Tunis, depuis plus de quatre ans. Toutefois, si l’Etat tunisien planche actuellement sur la nécessité de créer une agence gouvernementale de collecte d’informations au service des entreprises, l’IE s’agrège en Tunisie (mais aussi en Algérie) plutôt autour du secteur privé.
    En Afrique sub-saharienne, l’Afrique du Sud est assurément le pays le plus avancé dans le domaine de l’IE. L’Etat applique une politique d'intelligence économique au service de la transition de l'économie sud-africaine basée sur l’innovation au service d’une économie de la connaissance. 
     
    Ainsi, après avoir défini sa stratégie nationale en recherche développement, le gouvernement sud-africain a décidé la création d’une Agence pour l’innovation technologique dont l’objectif est de stimuler l’innovation technologique tant dans le secteur privé que public en favorisant l’investissement en capital risque et les investissements étrangers. L'Agence assure également un rôle de veille technologique dans le pays et dans le monde entier afin de fournir les informations nécessaires aux décideurs publics et privés. Les grandes entreprises dans le secteur des télécoms ou des mines se sont également dotées de systèmes d’IE performants.
     
    Dans le reste du continent, la pratique de l’IE reste rudimentaire et disparate.
     
    En Afrique centrale, il existe des cabinets privés africains dont la majorité de la clientèle reste des entreprises étrangères. Au Cameroun, l'IFTIC-SUP de Yaoundé est en train de mettre en place en partenariat avec l’Université d’Angers deux Masters en Technologies de l'Innovation qui font une large part à l’intelligence économique. Au Gabon, le groupe d’études de recherche sur la communication (GERC) rattaché à l’institut de recherches en sciences humaines de l’université Omar Bongo milite pour la création d’un pôle d’IE national au sein duquel l’université et la recherche devrait jouer un rôle stratégique.
     
    En Afrique de l’Ouest, le Niger, en mars 2009 [2] et le Bénin au mois d’avril 2010 [3] ont organisé des colloques de sensibilisation sur la compétitivité des entreprises et l’IE territoriale qui ont rencontré de grands succès. Toutefois, dans la région, ce sont la RCI et le Sénégal qui ont le plus de structures en la matière même si cela reste, malgré tout, hétéroclite. En RCI, l’IE est avant tout l’affaire de cabinets privés qui ont pignon sur rue depuis de nombreuses années. L’Etat semble plus en retrait même si des actions de sensibilisation menées par les chambres de commerce et d’industrie sont en cours.
     
    Au Sénégal, la situation est inverse. Les grandes entreprises : Senelec (électricité), Sar (raffinerie), Sde (eaux) et Sonatel (télécoms) n’ont pas de structures dédiées à l’IE. Elles externalisent leurs études, parfois à des cabinets spécialisés locaux et le plus souvent à des cabinets étrangers. Au niveau étatique, il existe un conseiller présidentiel en charge de l’IE, un dispositif d’IE logé au Ministère des finances et une Agence sénégalaise pour la promotion des exportations (Asepex), (créée en 2005) qui dispose d’un pôle d’IE regroupant des compétences en matière d’informations commerciales et de commerce électronique, y compris les outils de marketing et de veille technologique. Toutefois, ce dispositif étatique demeure incomplet et souffre d’un manque de coordination et de moyens.
     
    C’est pourquoi l’Etat sénégalais qui ambitionne de se doter d’une réelle et efficace politique publique d’IE a décidé, en novembre 2008, d’encourager l’initiative du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar[4] portant sur la création d’une Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES) basée à Dakar.
     
    Chargée de dispenser son programme de troisième cycle de formation et de renforcement des capacités axé sur l’IE auprès de hauts fonctionnaires de l’administration centrale et décentralisée ainsi qu’à des décideurs du secteur privé, l’EPIES, en partenariat avec l’Ecole de Guerre Economique de Paris, a un triple objectif :
    • former les décideurs sénégalais afin d’aider les pouvoirs publics sénégalais à mettre en place un dispositif national d’IE ;
    • attirer des cadres du secteur privé afin de propager la pratique de l’IE au sein du monde de l’entreprise ;
    • attirer des décideurs africains de pays limitrophes afin d’essaimer dans un deuxième temps dans toute la sous-région.
    Le programme de la session 2009/2010 qui vient de s’achever fin juin 2010 s’est articulé autour de cours théoriques (knowledge management, communication d’influence et stratégie d’influence, management des systèmes d’information et d’intelligence économique…) et d’exercices pratiques (recherche d’informations sur les innovations dans le domaine de la valorisation des territoires dans les économies émergentes, création d’un blog de communication d’influence[5]) traitant de problématiques liées au développement et à l’innovation au service d’une économie de la connaissance.
     
    Dispensés par des experts et des spécialistes des questions de management stratégique et d’IE de l’EGE de Paris, les cours et les exercices pratiques ont rencontré un vif succès auprès des auditeurs et la deuxième session 2010/2011 se prépare sous les meilleurs auspices. Elle sera axée sur le monde de l'entreprise et des institutions financières en traitant de thèmes et de cas pratiques opérationnels qui s’articuleront des techniques de veille concurrentielle et commerciale mais aussi de protection et de défense du patrimoine informationnel et des connaissances. Dans un marché de plus en plus concurrentiel et mondialisé, les entreprises sénégalaises se rendent compte que l’IE est
    un outil indispensable au service de leur compétitivité. 
     
    Après avoir brossé rapidement l’état des lieux en matière d’IE sur le continent, quelles propositions, quelles recommandations pourrait-on formuler à nos partenaires africains pour favoriser l’essor de l’IE ?
     
    Il est difficile de formuler des propositions globales dans ce domaine car il faut coller aux réalités et aux spécificités locales qui, comme vous le savez, sont multiples sur le continent. Toutefois, de façon empirique, en capitalisant sur les expériences réussies ou en cours de réussite, on pourrait imaginer mener des actions à plusieurs niveaux :
     
    Au niveau étatique, il faudrait :
    • définir et développer une politique publique nationale de l’information et de l’IE ;
    • définir des secteurs stratégiques et prioritaires d’intervention ;
    • organiser un système national d’information et d’Intelligence économique (valoriser la démarche d’IE)

    • favoriser la création d’agence centrale d’IE dont la mission serait de collecter toutes les informations utiles au sein des entreprises publiques,  des directions régionales, des associations, des chambres de commerces, (…), sans oublier, la collecte des informations à l’extérieur du pays auprès des ambassades, des représentants commerciaux à l’étranger, etc ;
    • mobiliser le monde de l’éducation afin de former les élites et les décideurs au management de l’information (mise en place de référentiel de formation, création de sites internet, généralisation et démocratisation de la « webéducation », etc).

    Au niveau régional, on pourrait :

    • décliner une politique régionale d’information et SNIE destinée à favoriser l’IE territoriale ;
    • inventer de nouvelles stratégies d’aménagement du territoire en capitalisant sur valorisation des réseaux locaux de compétence ;
    • développer et favoriser les partenariats publics/privés - optimiser les flux d’information entre le public et le privé.
    Au niveau des entreprises :
    • créer et en favorisant la mise en place des cellules d’IE dédiées aux PME et PMI ;
    • diffuser la pratique de l’IE dans les entreprises ;
    • développer les réseaux relationnels entre professionnels et grand public (développement social networking, etc).
     
    Dans cet article:
    • Romain Bonnet, Directeur des études de l'Ecole Panafricaine d'Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES), basée à Dakar
    • Christian Harbulot, Directeur de l'Ecole de Guerre Economique (EGE), de Paris


    [1] Par exemple, on peut citer Veille Maroc et IE Maroc qui ont pour but de regrouper la communauté s’intéressant au sujet. Portail bilingue, français/arabe, Veille.ma est le premier portail marocain qui traite de la Veille et de l’IE.

    [2] En mars 2009, s’est tenu à Niamey un colloque sur la compétitivité des entreprises réunissant des experts africains et européens.

    [3] Premier rassemblement national sur l’Intelligence Economique au Bénin, cet atelier a rassemblé les institutions publiques, les pme et pmi sur le thème : « Intelligence Economique et Intelligence Territoriale : pour la compétitivité, le développement des entreprises et des institutions au Bénin. »

    [4] Sous le parrainage du président Wade, en partenariat avec la Délégation à la Réforme de l’Etat (DREAT), l’Agence de Régulation des télécommunications et des Postes (ARTP), l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) et la collaboration de l’Ecole de Guerre Economique (EGE) de Paris, le CEDS a organisé, le jeudi 27 novembre 2008, une « Journée d’information et d’appropriation axée sur l’Intelligence Economique ». Ce séminaire a rencontré une forte participation aussi bien des hauts cadres de l’administration publique et privée que des représentants des organismes internationaux. Lors de son discours, l’ex- Secrétaire général de la Présidence, Monsieur Abdoulaye Baldé, a noté que ce séminaire constituait un « point de départ important pour la mise en place des bases solides d’un dispositif d’IE, pour un Sénégal émergent ».

    [5] Www : afrique-innovante.com

    Deuxième source de devises du pays après la pêche, le secteur touristique au Sénégal connaît de grandes difficultés. D’année en année, le nombre de touristes décroît régulièrement et la tendance n’est pas prête de s’inverser[1] car le pays de la « Teranga » doit faire face à la concurrence de nouvelles destinations telles que la Gambie ou les îles du Cap-Vert.
     
    Déjà, lors des « Journées Nationales de Concertation sur le Tourisme » en 2002, de nombreuses contraintes avaient été identifiées :
     
    La faible structuration de l’offre, un transport aérien inadapté, l’inadéquation du profil de l’investissement et des moyens de financement, la lourde fiscalité (TVA et taxes aéroportuaires élevées), les difficultés d’accès au foncier, la faible maîtrise des retombées du tourisme au niveau local, le déficit organisationnel de l’environnement commercial avec notamment le développement de l’informel, la saisonnalité de la demande, la faible diversification du produit, un taux de retour des vacanciers particulièrement faible sans oublier le faible niveau de qualité des prestations de service.
     
    A ces nombreuses contraintes, nous pouvons ajouter :
     
    La problématique de la Formation – Renforcement de Capacités quand on sait que des programmes français sont toujours en vigueur depuis les Indépendances.
     
    Une législation et une réglementation du secteur permissives qui laissent proliférer des écoles et des centres de Formation établis sans un cahier de charges rigoureux tenant compte de curricula scientifique et qui commencent seulement à lutter contre les établissements clandestins et à codifier les métiers de « Guide touristique ».
     
    L’insuffisance des moyens de promotion qui est confrontée à de nouveaux défis quand le « dynamic package » ou « paquet dynamique » permet au client de « court-circuiter » les intermédiaires voyagistes, agences de voyages et autres courtiers permettant aux centrales de réservation et Compagnies aériennes de renégocier les commissions.
     
    Ainsi, à l’heure où il n’y a toujours pas de compagnie aérienne nationale pour combler le vide laissé par Air Sénégal International et Air Afrique[2], où aucune structure financière hôtelière et touristique n’a remplacé la SOFISEDIT (Société Financière pour le Développement de l’Industrie et du Tourisme), comment attirer davantage de touristes au pays de la Teranga ? Comment concurrencer le Maroc, la Tunisie, la Gambie ou le Cap-Vert qui ont connu, malgré la crise financière mondiale, une croissance continue de leur marché ?
     
    Il existe en fait un bon nombre de solutions pour redynamiser ce secteur prioritaire pour l’économie sénégalaise.
     
    Des outils de développement structurel sont en train d’être mis en place suivant la Vision du Chef de l’Etat qui prône « un Tourisme Haut de gamme respectable de nos mœurs profitable à l’économie (…)». Des efforts ont ainsi été réalisés pour attirer le tourisme d’affaire en dotant Dakar d’hôtels de luxe mais aussi pour améliorer le réseau routier et désengorger la capitale. De même, la Grappe Tourisme – Industries Culturelles et Artisanat d’Art (TICAA) de la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA) avait pu retenir des mesures qui sont en train d’être mises en branle telles que le Salon International de Tourisme « TICAA » auquel le Groupe SENECARTOURS va activement prendre part les 28 – 30 Mai 2010 au CICES de Dakar.
     
    Tout en poursuivant ces efforts dans cette voie, peut-être faudrait-il[3] également :
    • Proposer des capacités d’accueil supplémentaires en réduisant les prix de l’hébergement, des prestations touristiques et la TVA ;
    • Développer l’écotourisme et le tourisme rural à la condition de lutter efficacement contre la pollution visuelle (de nombreux déchets plastiques s’accumulent sur les plages et à l’entrée des villes et villages) ;
    • Sensibiliser et intégrer les populations dans la recherche de solutions pour la sauvegarde du patrimoine touristique (généraliser les journées de ramassage de déchets dans les villages et quartiers des villes) ;
    • Enfin, peut-être faudrait-il porter davantage effort sur l’innovation en créant une structure de veille et d’Intelligence Economique au sein de l’Agence nationale de promotion touristique (ANPT) ou du ministère du tourisme.

    Cette structure de veille et d’IE dont la mission serait de renforcer la compétitivité du secteur et l’attractivité des territoires pourrait être chargée :

    • d’informer tous les acteurs du secteur en identifiant les forces et les faiblesses du marché, en axant sur le « business intelligence » et la « competitive intelligence », en trouvant et faisant circuler l’information utile à partir, notamment, des revues de presse, bulletins de veille, études de marché et de benchmarking, bases de données consultables en ligne ;
    • décider en formant les responsables au management de l’information et au management environnemental tout en définissant des axes prioritaires d’intervention ;
    • d’influencer en communiquant sur les actions menées et les résultats (à partir de sites web, lettres d’information, enquêtes, campagnes de publicité, conférences) afin d’élargir le champ des expériences.
    Ainsi, en s’appuyant sur une gestion stratégique de l’information économique, en capitalisant sur ses atouts qui sont réels (pays parmi les plus stables d’Afrique de l’Ouest, climat propice aux vacances toute l’année, francophone à part entière, accueil chaleureux et douceur de vivre), et en s’inspirant des stratégies gagnantes tant locales que régionales, le Sénégal pourrait bien redevenir l’une des destinations les plus prisées par les touristes occidentaux et retrouver sa place qui était la sienne dans les années 80.
     
    Romain BONNET,
    Directeur des Etudes de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES)
    et
    Alioune B. SARR, Directeur Général de SENECARTOURS


    [1] Entre 2008 et 2009, le nombre de touristes est passé de 491 552 à 366 244 (données aéroportuaires).

    [2] Troisième destination du pays, la Casamance, pâtit de l’absence de vols directs réguliers ou de correspondances vers Cap Skirring et Ziguinchor mais également de la reprise du conflit casamançais.

    [3] Bien évidemment, cette liste de propositions n’est pas exhaustive.

  • 4 Comments
  • Filed under: Tourisme
  • En marge d’une cérémonie d’ouverture qu’il a présidée au Méridien Président le 18 Janvier 2010, le Président Abdoulaye WADE a révélé qu’il allait engager le Sénégal dans le processus d’une décentralisation efficiente orientée vers la « Provincialisation », idée qu’il avait émise en 2000 dés son arrivée à la magistrature suprême.

    « Afrique-innovante.com » salue cette nouvelle orientation souhaitée par la Président WADE qui, à notre sens, du point de vue de l’intelligence territoriale, ouvre de belles perspectives en Afrique particulièrement au Sénégal, en matière de « gouvernance globale et locale ».

    En effet, au moment où la quasi-totalité des pays africains s’apprêtent à célébrer le cinquantenaire des « indépendances », force est de constater que les Institutions politiques et administratives qu’ils en ont héritées ont largement atteint leurs limites et doivent être pensées autrement, de manière endogène et sans mimétisme, pour répondre plus conséquemment aux aspirations des populations et aux nécessités d’une nouvelle forme de régulation des rapports entre les citoyens et les pouvoirs  publics.

    C’est ce que Sa Majesté le Roi Mohamed VI a compris, qui a engagé depuis le 3 Janvier 2010 le Maroc dans le processus d'« une régionalisation avancée », c’est dans ce sens aussi qu’il convient de comprendre et de soutenir la démarche du Président WADE.

    Compte tenu de la pertinence de l’initiative, pour éclairer l’opinion en ce qui concerne le concept de « provincialisation », « Afrique-innovante.com » publie ci-dessous le résumé de l'extrait d'une « note d’orientation méthodologique » qu’elle à réussi à se procurer, qui a été conçue au CEDS de DAKAR, qui concerne le sujet et qui a été portée à la connaissance des pouvoirs publics sénégalais.

    Toutefois, d’après nos informations, les lignes qui suivent ne constituent qu’une hypothèse de travail qui a besoin d’être finalisée dans le cadre d’une étude pluridisciplinaire qui sera validée par la réalité du terrain au contact de tous les acteurs concernés par le processus avant d’être modélisée et mise en œuvre.

    « L’effort de développement économique et social mené au Sénégal depuis l’indépendance, s’est essentiellement accompli sous l’entière responsabilité d’un état central omnipotent qui, aujourd’hui, au plan politique et institutionnel, a atteint toutes ses limites objectives.

    De ce fait, on s’est orienté très tôt vers une forme de gouvernance prépondérante, telle que les « indépendances » nous l’ont léguée, qui a laissé peu de place à une association effective et directe des populations à la base.

    Cette option étatiste et élitiste n’a jamais réussi à faire émerger des pouvoirs décentralisés aptes à porter de manière satisfaisante une dynamique de développement local véritable, malgré toutes les tentatives de desserrement amorcées à travers les multiples réformes engagées dans ce sens.

    Cela a influé de toute évidence et de manière inopportune sur l’impact des politiques publiques initiées au niveau macroéconomique et sectoriel, en empêchant surtout leur appropriation par les populations à la base dont l’implication réelle, dans leur conception, leur mise en œuvre et leur suivi/évaluation, est demeurée jusqu’ici relativement très faible. Cette situation est encore plus manifeste depuis l’alternance politique intervenue dans le pays au lendemain du 19 mars 2000.

    En effet, la politique de développement volontariste sans précédent engagée sous la vision prospective du Président Abdoulaye WADE, et dont les manifestations sont palpables à tous les niveaux, n’a malheureusement pas pu bénéficier d’un écho convenable du fait de l’absence de relais capables d’amplifier au niveau décentralisé les efforts fournis par le pouvoir suprême.

    C’est là, incontestablement, toute une réalité qui justifie la mise en œuvre urgente d’une politique alternative adaptée de responsabilisation intégrale des acteurs locaux.

    Cette étape majeure à laquelle aspire légitimement toute politique de décentralisation irréprochable, ne pourrait se concevoir, dans le contexte actuel du Sénégal, qu’à travers une « provincialisation » qui est l’orientation stratégique la plus propice pour asseoir une décentralisation efficiente.

    La provincialisation est un mode de gouvernance locale participative fondée essentiellement sur un aménagement du territoire qui tienne compte de tous les déterminants géographiques, entre autres, les réalités historiques, économiques, politiques et sociologiques, culturelles, cultuelles, écologiques, pour aboutir à l’émergence d’entités politiques et administratives viables disposant de leurs propres institutions, avec des avantages qui peuvent apparaître à plusieurs niveaux :

    • Au plan politique et administratif, elle constitue une formule idéale de  redistribution et de partage des pouvoirs au profit d’une meilleure responsabilisation des acteurs à la base dont le corollaire institutionnel est la formation de véritables gouvernements locaux à la tête desquelles se seraient nommés des Chefs de l’Exécutif Provincial chargés de mettre en œuvre la politique provinciale en s’appuyant sur des ministres provinciaux et des Assemblées d’élus Provinciaux  capables d’assurer et de manière participative une meilleure gestion de proximité des ressources et des affaires publiques provinciales.
       
    • Au plan économique, s’adossant au principe de la double planification, elle pourrait être une occasion favorable à un approfondissement de l’expérience de décentralisation du système de gestion économique, déjà en cours avec la délocalisation des investissements opérée dans le cadre de la régionalisation du budget consolidé d’investissement (BCI), etc.

    La provincialisation permettra de dépasser largement « le bricolage » institutionnel que constitue ces fameux transferts de compétences qui n’ont jamais permis aux Collectivités locales, de produire des richesses et des ressources nouvelles.

    Il faudra simplement savoir faire bon usage de la géopolitique par la prise en considération de tous les déterminants géographiques générateurs de ressources dans une perspective d’emploi politique pour le développement économique et social des Provinces considérées dont importe de définir judicieusement le nombre après la mission d’étude et d’évaluation qui sera menée par une équipe pluridisciplinaire.
    Tout cela porte évidemment des germes d’impacts positifs notoires sur le développement national en termes de stabilité politique et sociale mais surtout de stimulation de la croissance régionale et de création d’emplois locaux qui justifierait la création d’une fonction publique locale.

    ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

    Au plan organisationnel, une provincialisation effective, laissera apparaître, dans sa forme achevée, un montage institutionnel articulé autour d’un gouvernement local, d’une Assemblée provinciale et des structures administratives et techniques « provincialisées », facilitant une cohabitation harmonieuse avec les services déconcentrés de l’Etat.

    QUELQUES RESULTATS ATTENDUS   

    Il n’est pas possible, dans le cadre de cette présentation synoptique, de les exposer tous, néanmoins nous pouvons en citer quelques uns :

    1. 1- Emergence au Sénégal d’une nouvelle forme de gouvernance globale et locale codifiée dans la constitution modifiée, consacrant l’avènement sous le mandat de M. WADE, d’une rupture profonde dans l’architecture politique et institutionnelle du Sénégal ;
    2. 2- Le recentrage de la gouvernance globale ou centrale qui sera dépouillée de toutes les missions qui peuvent être exécutées au plan local et pour lesquelles le Chef de l’Exécutif provincial et  ministres provinciaux ainsi que l’Assemblée provinciale seront compétents selon le principe de subsidiarité ;
    3. 3- Une meilleure gouvernance centrale exclusivement adossée aux domaines régaliens de l’Etat capable de prévenir les conflits et de promouvoir la paix et la sécurité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ;
    4. 4- Une redistribution et un partage du pouvoir dont la conquête ne se focalisera plus  exclusivement sur le seul fauteuil du Président de la République ;
    5. 5- Une cohabitation harmonieuse avec les services déconcentrés de l’Etat ;
    6. 6- Une réforme du mode de scrutin qui permettra d’organiser les élections en un seul tour aussi bien au plan local qu’au plan central avec suppression  intégrale du cumul des mandats ;
    7. 7– La création de pôles de compétitivité et la promotion des systèmes productifs locaux à partir des déterminants géographiques générateurs de ressources ;
    8. 8- La production de ressources nouvelles qui dopera la croissance économique régionale et stimulera la lutte contre le chômage et la précarité par la mobilisation des jeunes autour de projets professionnels porteurs (« green business »), entre autres, en vue de leur formation de leur qualification et de leur insertion professionnelle ;
    9. 9- Une optimisation de la coopération décentralisée et de la coopération transfrontalière qui feront des frontières des ponts et non des barrières entre Etats. »

    …….
    M. DIALLO BABACAR

  • 1 Comment
  • Filed under: Gouvernance
  • Le Sénégal peut-il s’inspirer de l’expérience réussie du Conservatoire botanique Corse pour la valorisation de ses parcs nationaux et aires protégées ? *

    Etat des lieux[1]

    Situé à l’extrémité ouest du continent africain, à la limite de la zone sahélienne au nord et de la zone soudanienne au sud, le Sénégal dispose d’un vaste réseau d’aires protégées [1.613.790 ha soit environ 8 % du territoire national], implantées dans les zones les plus riches en potentialités naturelles [plus de 3500 espèces de plantes et 4330 espèces animales] et aux populations établies depuis longtemps sur
    Les Parcs Nationaux sont des espaces naturels au sein desquels la chasse, la capture des animaux, l’exploitation des végétaux, des produits du sol ou du sous-sol sont interdites afin d’assurer une protection de la nature, l’éducation du public. Il s’agit de zones où la vie animale et végétale ainsi que leurs interrelations sont spectaculaires au point de justifier une exploitation touristique, éducative et récréative.
     
    Les parcs nationaux du Sénégal

    Des Enjeux dynamiques …

    Les espèces végétales et animales des parcs, constituent pour la savane d'Afrique de l'Ouest une biodiversité unique et requièrent une nouvelle politique de protection et de sauvegarde. La gestion des parcs nationaux - en particulier les espaces classés, soustraits à la plupart des activités anthropiques -, est un des défis majeurs que doit relever le Sénégal, notamment en ce qui concerne la gestion durable et inclusive des ressources existantes. 
     
    Les populations de proximité considèrent ces espaces comme leur propriété et à ce titre, réclament l’accès à ces ressources à des fins d’exploitation. L’enjeu est d’aboutir à une gestion intégrant la dimension humaine du développement des zones attenantes aux parcs et réserves tout en assurant la pérennité de ces ressources en voie de disparition ainsi que la valorisation de ce patrimoine dans un cadre touristique à développer.
     
    Contrairement à leur ambition affichée et aux textes, l’administration exerce une souveraineté souvent répressive sans tenir compte des besoins des populations locales exacerbant des conflits d’intérêt. Celles-ci se sentent privées et dépossédées de leur patrimoine naturel. La logique du droit coutumier, sur lequel se basent les villageois en matière de coupe et de feu, se superpose au droit moderne, défendu par les rouages de l’Etat et ses services déconcentrés, à travers la Direction des Eaux et Forêts et la Direction des Parcs Nationaux. Ces Directions essaient de faire valoir plutôt la conservation comme gage de durabilité des ressources naturelles.
     
    Une perspective de valorisation et de rénovation supposerait un regard critique sur les politiques de gestion et les stratégies palliatives initiées par les différentes parties afin de mieux comprendre leur dynamique.

    … Et des Atouts

    Aujourd’hui, la protection et la valorisation des Parcs nationaux sont adossées :
    • à la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles de 1968 [réserves naturelles intégrales : protection absolue ; les parcs nationaux : conservation de toute la faune et de la flore dans l’intérêt général ; 80 réserves spéciales : conservation d’une faune et d’une flore caractéristiques ; certaines activités humaines étant autorisées]
       
    • au Code de l’Environnement issu de la loi-cadre 2001 – 01 du 15.01.2001 qui expose les définitions, principes fondamentaux et instruments de protection de l’environnement ;
       
    • à la Convention Internationale de Diversité Biologique ;
       
    • au Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques ;
    Le Sénégal est créatif et participatif de la genèse du droit international de la valorisation des aires protégées. Pour autant, force est de constater que la gestion de ces aires n’a pas été efficiente. Sur la base de l’expérience réussie du Conservatoire Botanique National Corse, une méthodologie se dégage pour conserver une espèce [http://cbnc.oec.fr/Diffusion_des_connaissances_page_80_1,192.htm] [http://www.oec.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=128 en respectant un certain nombre d’étapes:
    1. Connaître la faune, la flore et leurs habitats et procéder à leurs inventaires
      La constitution d’un fonds documentaire étoffé de qualité est une préoccupation primordiale avec intégration de données issues de la littérature : acquérir des connaissances de l’espèce la plus commune à la plus rare, de l’espèce endémique à celles présentes sur le territoire d’agrément.
       
    2. Hiérarchiser les enjeux grâce à l’élaboration d’une liste rouge régionale
       
    3. Élaborer des plans de conservation
      Un Conservatoire National est le principal acteur qui relie les acteurs de terrains de plusieurs plans de conservation.

      • Dans le cadre d’une Stratégie pour la biodiversité, une Direction de la Nature et des Paysages, relevant d’un ministère de la protection de la nature met en place des Plans de Restauration Nationaux pour un certain nombre d'espèces ; lesquels plans s'appuient sur les structures scientifiques nationales et locales, sous l'égide d'un Comité de Pilotage, et sont validés à plusieurs échelles, par un Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel puis par un Conseil National de la Protection de la Nature. Le conservatoire est acteur ou relais de terrain de plusieurs de ces plans.
      • Au niveau international, le Conservatoire National participe en outre au travail d’évaluation des populations des espèces végétales.
         
    4. Mettre en œuvre ces plans de conservation en privilégiant la concertation
      A partir d’un certain nombre d’Expertises, y compris celles relatives à la restauration d’habitats, - menées notamment avec des professionnels, le Conservatoire National prend des mesures de conservation dans le domaine de la Prévention Incendie et dans le cadre d‘aménagements routiers ou de travaux entrepris par les gestionnaires d'espaces naturels.
       
    5. Informer et sensibiliser le Public
      A partir d’une demande du syndicat des producteurs de Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales de Corse, a été éditée une Charte de Cueillette Régionale des Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales, laquelle charte allie le respect de l’activité de cueillette avec le respect du patrimoine floristique et constitue un document qui sert de base méthodologique aux propriétaires de terrain, tels que les communes et le Conservatoire .

    POUR UNE AUTHENTIQUE VALORISATION DES AIRES PROTEGEES

    Au Sénégal, une dynamique de concertation entre populations et autorités chargées de la gestion des parcs nationaux semble être amorcée depuis une dizaine d’années. Cette dynamique est à ses débuts et la réflexion menée s’oriente davantage vers la prise en compte des idées et aspirations des populations vivant à la périphérie des parcs. C’est ainsi que les parcs du Niokolo Koba (région de Tambacounda) et du Djoudj (région de Saint-Louis) ont initié beaucoup d’actions utiles de valorisation de certains produits en collaboration avec les populations locales qui perçoivent pas à pas l’importance de la plupart de ces sites classés patrimoine mondial de l’humanité. 
     
    Il s’agit bien ici de la sauvegarde du patrimoine mondial, dont le patrimoine Sénégalais est partie intégrante, d’autant que les populations sénégalaises ont une propension à manifester spontanément un élan quand il s’agit de la préservation de ce qui a trait à la dignité de l’être, à ce qui relève du patrimoine commun à l’humanité.
     
    C’est pourquoi, pour répondre aux diverses problématiques exposées, il est urgent d’élaborer un manifeste qui, d’une part, proclamerait la réaffirmation des principes de droit, et d’autre part, stimulerait la promotion de chartes sectorielles, émergeant de la concertation avec les populations concernées. Cela implique bien évidemment la mise en œuvre de nouveaux textes réglementaires.
     
    Outre la protection de la qualité et de la diversité des paysages ainsi que celle des habitats, c’est aussi une formidable opportunité d’innovation que de :
    • Préserver l’harmonie de l’interaction entre les activités humaines et les milieux naturels,
    • Soutenir les modes de vie
    • Promouvoir les activités économiques en harmonie avec la qualité du patrimoine naturel et culturel, les manifestations sociales et culturelles traditionnelles.
    C’est aussi promouvoir un tourisme favorisant la découverte des richesses aussi bien traditionnelles qu’innovantes dans le cadre d’un comportement de créativités responsables dont peuvent faire aisément preuve les populations villageoises. C’est du même coup encourager les activités scientifiques et éducatives des populations résidentes en leur apportant formation et accès à de nouveaux métiers, développement de l’économie locale et régionale et amélioration de l’environnement et de l’espace rural….
     
    * Auteur: Daniel G.Goumalo Seck

    Twitter